‹ Mort de SocrateChapitre 68 sur 94 · LE CHRÉTIEN MOURANT · texte numérisé non relu

LE CHRÉTIEN MOURANT

Qu'entends-je ? autour de moi l'airain sacré résonne! Quelle foule pieuse en pleurant m'environne?

Pour qui ce chant funèbre et ce pâle flambeau? O mort ! est-ce ta voix qui frapj>e mon oreille Pour la dernière fois? Hé quoi! je me réveille Sur le bord du tombeau I

O toi, d'un feu divin précieuse étincelle, De ce corps périssable habitante immortelle, Dissipe ces terreurs : la mort vient t'affranchir! Prends ton vol, ô mon âme, et dépouille tes chaînes! Déposer le fardeau des misères humaines, Est-ce donc là mourir?

Oui, le temps a cessé de mesurer mes heures.

Messagers rayonnants des célestes demeures.

Dans quels palais nouveaux allez-vous me ravir? Déjà, déjà je nage en des flots de lumière; L'espace devant moi s'agrandit, et la terre Sous mes pieds semble fuir!

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