‹ Mort de SocrateChapitre 71 sur 94 · L'AUTOMNE · texte numérisé non relu

L'AUTOMNE

L'air est si parfumé ! la lumière est si pure î Aux regards d'un mourant le soleil est si beau !

Je voudrais maintenant vider jusqu* à la lie Ce calice mêlé de nectar et de fiel :

Au fond de cette coupe où je buvais la vie, Peut-être restait-il une goutte de miel I

Peut-être l'avenir me gardait-il encore Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu ! Peut-être, dans la foule, une âme que j'ignore Aurait compris mon âme, et m'aurait répondu!...

La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ; A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux :

Moi, je meurs; et mon âme, au moment qu'elle expire, S'exhale comme un son triste et mélodieux.

COMMENTAIRE

Cette pièce ne comporte aucun commentaire. Il n'y a pas une âme contemplative et sensible qui n'ait, à certains moments de ses premières amertumes, détourné la lèvre de la coupe de la vie, et embrassé la mort souriante sous ce ravissant aspect d'une automne expirante dans la sérénité des derniers jours d'octobre ; et puis qui, prête à mourir, n'ait repris à l'existence par le regret, et voulu confondre au moins un dernier murmure d'adieu avec les XIX |a

derniers soupirs du veut du soir daus les pampres, ou avec la lueur du dernier rayon de Tannée sur les sommets rosés de neige des montagnes.

Ces vers sont cette lutte entre Tiustinct de tristesse qui fait accepter la mort, et Tiustinct de bonheur qui fait regretter la vie. Ils furent écrits en 18 19, après les premiers désenchantements de la première adolescence. Mais lis font déjà allusion à rattachement sérieux que le poète avait conçu pour une jeune Anglaise qui fut depuis la compagne de sa vie.

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