LES FLEURS
O terre, vil monceau de boue Où germent d'épineuses fleurs, Rendons grâce à Dieu, qui secoue Sur ton sein ces fraîches couleurs!
Sans ces urnes où goutte à goutte Le ciel rend la force à nos pas.
Tout serait désert, et la route Au ciel ne s'achèverait pas.
Nous dirions : « A quoi bon poursuivre Ce sentier qui mène au cercueil ?
Puisqu'on se lasse en vain à vivre.
Mieux vaut s'arrêter sur le seuil. »
Mais, pour nous cacher les distances, Sur le chemin de nos douleurs Tu sèmes le sol d'espérances, Comme on borde un linceul de fleurs!