‹ Mort de SocrateChapitre 78 sur 94 · LES PAVOTS · texte numérisé non relu

LES PAVOTS

Lorsque vient le soir de la vie, Le printemps attriste le cœur :

De sa corbeille épanouie Il s'exhale un parfum moqueur.

De toutes ces fleurs qu'il étale, Dont l'amour ouvre le pétale, Dont les prés éblouissent l'œil, Hélas î il suffit que l'on cueille De quoi parfumer d'une feuille L'oreiller du lit d'un cercueil.

Cueillez-moi ne pavot sauvage Qui croît à l'ombre de ces blés :

On dit qu'il en coule un breuvage Qui ferme les yeux accablés.

J'ai trop veillé ; mon âme est lasse De ces rêves qu'un rêve chasse.

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