‹ Mort de SocrateChapitre 89 sur 94 · I. Iliade, lîv. Vin, v. i · texte numérisé non relu

I. Iliade, lîv. Vin, v. i

fleuves qu'ils rencontrent et qu'ils remplissent comme avec une pompe. Lorsque les eaux abandonnent ces lieux et s'élancent vers les nôtres, elles les remplissent de la même manière; de là elles se rendent, à travers des conduits souterrains, vers les difiFérents lieux de la terre, selon que le passage leur est frayé, et forment les mers, les lacs, les fleuves et les fontaines; puis s'enfouçaut de nouveau sous la terre, et parcourant des espaces, tantôt plus nombreux et plus longs, tantôt moindres et plus courts, elles se jettent dans le Tartare, les unes beaucoup plus bas, d'autres seulement un peu plus bas, mais toutes plus bas qu'elles n'en sont sorties. Les unes ressorteut et retombent dans l'abîme précisément du côté opposé à leur issue; quelques autres, du même côté : il en est aussi qui ont un cours tout à fait circulaire, et se replient une ou plusieurs fois autour de la terre comme des serpents, descendent le phis bas qu'elles peuvent, et se jettent de nouveau dans le Tartare. Elles peuvent descendre de part et d'autre jusqu'au milieu, mais pas au delà ; car alors elles remonteraient : elles forment plusieurs courants fort grands; mais il j en a quatre principaux, dont le plus grand, et qui coule le plus extérieurement tout autour, est celui qu'on appelle Océan. Celui qui lui fait face, et coule en sens contraire, est l'Achéron, qui, traversant des lieux déserts, et s'enfonçant sous la terre, se jette dans le marais Acbérusiade, où se rendent les âmes de la plupart des morts qui, après y avoir demeuré le temps ordonné, les unes plus, les autres moins, sont renvoyées dans ce monde poiu* y animer de nouveaux êtres. Entre ces deux fleuves coule un troisième, qui, non loin de sa source, tombe dans un lieu vaste, rempli de feu, et y forme un lac plus grand que notre mer, où l'eau bouillonne mêlée avec la boue. II sort de là trouble et fangeux, et, continuant son cours en spirale, il se rend à l'extrémité du marais Acbérusiade, sans se mêler avec ses eaux; et, après avoir fait

26i NOTES

plusieurs tours sous terre, il se jette vers le plus bas du Tartare : c'est ce fleuve qu'où appelle le Puriphlëgëthou, dont les ruisseaux enflammés saillent sur la terre, partout où ils trouvent une issue. Du côte opposé, le quatrième fleuve tombe d'abord dans un lieu affreux et sauvage, à ce que l'on dit, et d'une couleur bleuâtre. Ou appelle ce lieu Stygien, et Styx le lac que forme le fleuve eu tombant. Après avoir pris dans les eaux de ce lac des vertus horribles, il se plonge dans la terre, où il fait plusieurs tours ; et se dirigeant vis-à-vis du Puriphlégétbon, il le rencontre dans le lac de l'Achéron, par l'extrémité opposée. Il ne mêle ses eaux avec les eaux d'aucun autre fleuve ; mais, après avoir fait le tour de la terre, il se jette aussi dans le Tartare, par l'endroit opposé au Puriphlégétbon. Le nom de ce fleuve est le Cocjte, comme l'appellent les poètes. »

Page 1