‹ Mortalité et Morbidité infantiles en milieu tuberculeux: Action du B.C.GChapitre 14 sur 48 · I. — ETUDES EXPERIMENTALES · texte numérisé non relu

I. — ETUDES EXPERIMENTALES

Ce sont sans doute les seules qui soient indiscutables. Mais l’on sait comment, bien souvent, les observations cliniques ne correspondent pas exactement aux constatations de pathologie expérimentale. Toutefois, nous voulons résumer ici, à dessein, le principe de la vaccination antituberculeuse.

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M. MaRFAN avait remarqué que les sujets ayant présenté, dans l’enfance, des lésions ganglionnaires superficielles de tuberculose guéries par la suite, ne devenaient qu’exceptionnellement des tuberculeux pulmonaires. À partir de ces données CALMETTE et A. GUÉ- RIN imaginèrent les expériences primordiales qui suivent : une vache tuberculeuse, réagissant positivement à l'épreuve tuberculinique et une seconde non tuberculeuse, reçoivent, l’une et l’autre, dans la veine jugulaire la même quantité de culture tuberculeuse bovine virulente qui tue l’animal en 60 jours. La deuxième vache meurt effectivement, en un peu moins de 60 jours, de granulie pulmonaire massive. La première se porte bien, elle ne subit même aucune aggravation de sa tuberculose initiale.

Le B.C.G. administré par voie sous-cutanée ou intraveineuse, confère à de jeunes bovidés, en 30 jours, une réaction tuberculinique positive, sans que pour cela, ils présentent aucun signe de tuberculose. La question se nose alors de savoir si les animaux ainsi rendus allergiques se comportent vis-àvis des infections virulentes comme s’ils étaient réellement tuherculeux. Il suffit, pour v répondre, de reprendre l'expérience déjà citée. Deux lots d'animaux, le premier vacciné au B.C.G. depuis au moins un mois, le deuxième non vacciné et non tuberculeux, recoivent la même injection jugulaire de la même quantité de culture virulente. Tous les animaux du deuxième lot meurent en 50 à 60 jours de granulie pulmonaire. Ceux du premier lot restent en bonne santé. Abattus dans des délais variables, ils sont tous indemnes de lésions tuherculeuses et leurs ganglions en apparence sains conservent, à l’état occulte, méme après une année, les bacilles virulents inoculés qui tuberculisent encore le cobaye. Ces deux séries d'expériences se passent de commentaires ; elles ont

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été pratiquées également et avec les mêmes résultats en Autriche, en Italie, en U.R.SS.

Les petits animaux de laboratoire, cobayes et lapins, très sensibles au bacille de Koch, acquièrent une résistance manifeste par la vaccination, résistance que nous verrons, dans ie chapitre suivant, être temporaire.

Il. — RECHERCHES DE LABORATOIRE

On sait que le B.C.G. doit, d’après ses partisans, provoquer dans lorganisme une infection tuberculeuse atténuée susceptible de conférer une immunité ou au moins une prémunition. Nous ne pouvons discuter ici s’il existe une immunité contre la tuberculose comme il v en a une à l’égard de la vaccine ou de la rougeole et, à supposer qu’elle existe, s’il est possible de la créer. Nous essaierons, dans le chapitre suivant, de voir si lon peut déterminer la durée de Paction du B.C.G., quelles que soient les modalités de cette action, mais nous ne pouvons entreprendre Fétude d’un problème aussi vaste que celu: de limimunité.

Il s’agit, tout au plus, de savoir s’il y a bien, après vaccination par le B.C.G. infection tuberculeuse et si l’organisme témoigne de cette imprégnation par des réactions humorales.

On a proposé différents tests, les uns spécifiques, cesont :

-— Ja déviation du complément de Besredka ou la réaction à l’antigène méthylique de Nègre et Boquet ;

___ a séro-réaction de Wassermann et les dérivées;

— ]a séro-floculation de Vernes ;

D’autres non spécifiques, ce sont :

__ la vitesse de sédimentation des érythrocytes (accélérée souvent chez les vaccinés) ;

— l'épreuve de Hollæœnder à l’eau phéniquée ;

— l'épreuve de Matefy au sulfate d'aluminium.

Parmi tous ces tests, deux nous paraissent surtout intéressants. C’est d’abord la réaction à l’antigène méthylique de Nègre et Boquet ou à l’antigène de Besredka. Le principe en est le suivant : le sérum des tuberculeux est capable de dévier 2 ou 3 doses de complément, tandis que celui des individus sains (ou syphilitiques) n’en dévie qu’une seule, en présence de l’antigène tuberculeux. Mais l'interprétation de la réaction est délicate. En effet, à la limite, elle est positive chez les syphilitiques; d’autre part, ses résultats sont surtout nets dans les tuberculoses cavi- : taires; or personne, même parmi les adversaires du B. C. G., n’a jamais accusé ce vaccin de déterminer des manifestations tuberculeuses de cet ordre.

La séro-floculation de Vernes repose sur le fait suivant : le sérum des tuberculeux est susceptible de floculer en présence d’une solution de résorcine ou de périthinol, tandis que le sérum des individus sains reste clair. La densité du floculat est mesurée au photomètre. Le chiffre 30 est la limite pratique de partage au-dessus de laquelle le sujet est tuberculeux. Ici encore, les résultats obtenus chez des enfants vaccinés par le B. C. G. sont trop voisins du chiffre-limite 30.

Citons encore les variations de la formule leucocytaire étudiées par PITTAGULA et GARCIA. Au cours de la première ou de la deuxième semaine suivant la vaccination, apparaît une monocytose, précoce par conséquent, et assez forte (15,5 %); elle est accompagnée ou suivie d’une lymphocytose prolongée avec diminution correspondante des polynucléaires neutrophiles; le maximum est atteint de la troisième

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à la cinquième semaine. C’est là, disent les auteurs, une réaction de défense, réaction plus rapide que celle provoquée par l'infection tuberculeuse primitive, mais analogue. Cette étude n’est pas dénuée d'intérêt étant donné cette analogie.

Mais, au total; le laboratoire nous est d’un faible secours pour apprécier l'efficacité du vaccin de Caimette-Guérin.

II, — TESTS TUBERCULINIQUES

Ces procédés ont l’avantage d’être d’une application facile. Ils n’apprécient certes pas si le sujet est immunisé, mais bien s’il est en état d’allergie. On sait que l’évolution de l’immunité et de l’allergie ne sont pas parallèles. Il existe des cas d’allergie sans immunité : par exemple, une tuberculose grave à forme de primo-infection peut éclater chez un individu à cuti-réaction fortement positive. Par contre, il y a des cas d’immunité sans allergie : les faits d’immunité naturelle contre la tuberculose humaine sont trop rares pour être relevés, mais des expériences nombreuses concernent des animaux immunisés dont le test tuberculinique de positif devient progressivement négatif sans qu’il y ait eu le moindre fléchissement de leur immunité. Nous rapprocherons plus loin de ce dernier cas ceux d’enfants à peu près certainement immunisés par le B. C. G. mais dont la cuti-réaction est négative.

Toujours est-il que les tests tuberculiniques sont des témoins commodes de l’imprégnation et de la permanence vaccinale. Ces tests nous paraissent assez importants pour que nous insistions sur certaines particularités de leur technique, notamment sur celle de la cuti-réaction pourtant si communément prati-

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