DE L'ODE D'HORACE
Eheul Posthume, Posthume, Fugaces, etc.
Posthume , cher Posthume , hélas !
Nos beaux jours s'écoulent rapides ; La vertu ne retarde pas L'âge qui vient avec ses rides , Et l'inévitable trépas.
Trois cents taureaux par jour offerts en sacrifice Ne sauraient désarmer la fatale justice
De l'inexorable Pluton , Qui retient les géants Tityus, Géryon,
Punis de l'éternel supplice ,
Dans le fleuve infernal que doivent tour-à-tour Tôt ou tard traverser les hommes, Là même où , tous tant que[nous sommes ,
Princes ou laboureurs , nous irons sans retour.
MISCELLANÈES. 267
Vainement fuirons-nous la cruelle Bellohc., L'Adriatique et ses flots en courroux ; Vainement éviterons-nous Le vent nuisible de l'automne ;
Il faudra visiter enfin Le noir Cocyte à l'eau dormante , De Danaùs la famille sanglante , Sysiphe et sa peine sans fin.
Ami , tu quitteras la terre , ta patrie, Ta riante maison , ton épouse chérie ; Des arbres que ta main cultive avecfimour Le cyprès seul suivra le possesseur d'un jour.
Moins économe , dans sa joie ,
Ton héritier fera sa proie
De ton cécube parfumé ,
Sous cent clés long-temps enfermé ;
Il remplira sa coupe avide ;
Le pavé sera tout humide
De ce vin , nectar précieux ,
Gardé pour les fêtes des dieux.