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Inventaire des mosaïques de la Gaule, I, n

4. Travaux..., pass, cité. Dans la Revue du Lyonnais, pass. cité : « Elle est de quatrième ou cinquième ordre >.

sente aucun dessin. En dedans de celle-ci, un ornement en volute est encadré entre deux filets. L'intérieur est occupé par des caissons à rosaces ». Le journaliste annonce d'abord que la mosaïque avait « environ 3 mètres de largeur sur 4 de longueur ». Mais il corrige son erreur : « Mesurée dans la partie mise à nu par les fouilles exécutées, elle a six à sept mètres de côté. Mais, comme la partie la plus rapprochée de la côte Saint-Barthélémy, qui passe au-dessus, est encore enfouie sous les terres..., comme il est permis de croire qu'elle formait un carré parfait, on peut estimer... que sa superficie totale était de 40 à 45 mètres carrés ». Quant à la conservation de la mosaïque, elle était « presque parfaite, sauf une légère dépression au milieu », ou plus exactement : <( La partie centrale présente une dépression sensible et quelques autres offrent des traces de détérioration faciles à réparer -.

La mosaïque des Chazeaux est un carré de 6 m. 35 de côté, à champ blanc et décor discrètement polychrome. Le décor se compose de neuf panneaux quadrangulaires ornés d'une rosace, alignés sur trois rangs dans les méandres d'un double filet noir, qui renferment aussi, entre les panneaux et sur tout le pourtour de l'ensemble, des carrés moindres du même filet noir. Un autre double filet noir encadre chaque panneau. Une seule rosace est unique, celle du centre ; les autres se répètent deux à deux. Un grand rinceau à tige grêle et feuilles oblongues borde ce décor ; il est déUmité au dedans et au dehors par un filet noir. Un dernier filet noir termine le champ.

L'une des mosaïques découvertes à Fourvière, dans le clos du Calvaire, vers la fin de 19 12, par M. Germain de Montauzan ^ et moi, offre une ressemblance assez grande avec la mosaïque des Chazeaux ; elle est en quelque sorte une variante réduite du même type : au lieu de neuf caissons à rosaces, les méandres du double filet noir n'en contiennent ici que cinq, et ils ne contiennent pas de petits carrés au pourtour de l'ensemble ni dans les intervalles des caissons. L'insignifiance du décor est la même ; le travail est sensiblement plus fin.

I. Voir Germain de Montauzan, les Fouilles deFourvière en 1913 et 1914 ; Lyon-Paris, 1915 (Annales de V Université de Lyon, nouv. séria, II, fasc. 30), p. 8 et suiv.

mosaïques composites et fragments

Bibliographie. — A celle du chapitre I ajouter : Archives municipales, série R^, Musées (administration, personnel, aménagements, dons, acquisitions, divers) = Arch. mun. R^e et, pour le surplus, voir les notes.

I. On voit aujourd'hui, dans le vestibule de la galerie des Antiques, au Palais des Arts, une table à dessus de mosaïque représenté par la planche XXVII (en bas) d'Artaud et sur lequel sa notice ^ nous renseigne ainsi : « Cette table en mosaïque a été faite avec des morceaux provenant d'un pavé antique trouvé à Vienne, qu'on brisa en voulant le déplacer. Profitant de l'expérience qu'avaient acquise les sieurs Bernard et Jamet, marbriers de Lyon, sous la direction de M. Belloni, je leur fis exécuter ce dessus de table que je possède dans mon cabinet d'antiquités ». Son catalogue 2 le mentionne, « une belle table en mosaïque antique », et en donne les dimensions, longueur 4 pieds 8 pouces, largeur 3 pieds et demi. En voici l'exacte desciiption. Dans un carré de filet noir est inscrite une étoile à huit pointes du même filet, au milieu de laquelle un médaillon circulaire pareillement dessiné contient un vase à deux anses. Un papillon opposé à un autre papillon, un scarabée à un serpent, deux fleurs cruciformes à deux autres fleurs

2. Catalogue des antiquités du Cabinet de M. Artaud, ancien directeur du Musée de Lyon, p. 8 (Archives de la Conservation des Musées ; manuscrit).

cruciformes, ornent les branches de l'étoile et font cercle autour du médaillon central. Les petits carrés dont l'étoile achève le dessin aux quatre angles du grand sont garnis, en diagonale, par deux rosaces différentes et par deux dauphins, l'un avec un coquillage, l'autre posé sur un trident. Les quatre triangles dont elle achève le dessin aux axes sont garnis respectivement par une feuille cordiforme, une fleur en bouton, deux demi-rosaces différentes. Un cadre de torsade entoure tout ce décor. Au delà, mais sur deux côtés seulement, s'ajoute une bande rectangulaire ornée d'un rinceau en sa partie médiane et dont les deux extrémités sont un damier carré de plaques de marbre. Le champ est blanc, la décoration polychrome.

Personne, jusqu'ici, n'a soupçonné le mensonge d'Artaud sur la provenance de sa table. Co'marmond ^ note seulement qu'il tait l'endroit précis et l'époque de la découverte. « Ce n'est, conjecture-t-il, qu'une portion d'un pavé en mosaïque dont on a sans doute restauré l'un des caissons les moins dégradés ». Certains détails de la décoration lui paraissent indiquer « qu'il existait sur cette mosaïque un sujet principal placé dans le centre, où figuraient Neptune et Vénus ». M. Georges Lafaye compte cette pièce au nombre des mosaïques de Vienne, et même la compte deux fois 2. H suffisait cependant, pour apercevoir la supercherie, de confronter soit l'objet, soit la planche XXVII, qui le représente, avec la planche XXVIII, datée de 182 1 : Mosaïque de Lyon trouvée à la Déserte en MDCCCXX.

2. Le II juillet 1820 3, Louis Flacheron, architecte de la mairie, lit

1. Description..., p. 693. Il traduit ainsi les mesures données par Artaud : i m. 437 x 1,087.

2. Inventaire des mosaïques de la Gaule, n° 163 : « Étoile à six rais » (erreur) « dans un panneau carré entouré d'une torsade. Vase au centre de l'étoile. Dauphins et rosaces dans les angles. Fragments réunis par Artaud dans sa collection particulière >' (avec renvoi à la notice et à la planche d'Artaud) ; — n" 179 : < i m.43 X 1,08. Vases, papillons, reptiles. Fragment. Musée de Lyon '• (avec renvoi à la notice de Comarmond).

3. Artaud, reproduisant (1835, p. 109-112) le mémoire de Flacheron, le date du 11 juillet 1830, faute d'impression certaine, puisque le manuscrit même d'Artaud (Bibliothèque de l'Académie de Lyon, M 106, p. 79) donne la date vraie. Entre cette donnée fautive et celle de la planche, lorsque je ne connaissais encore ni le manuscrit de Flacheron (voir note suivante) ni celui d'Artaud, j'ai malencontreusement choisi la première (Journal des Savants, 1916, p. 274, note 4). Égaré par la même coquille et par le tait qu'Artaud insère le mémoire de Flacheron, non dans sa notice de la pi. XXVIII, mais dans celle de la planche LU, qui représente les trois mosaïques superposées découvertes en 1823, au voisinage immédiat de la mosaïque Flacheron, M. Adrien Blanchet, Inv. des mos. de la Gaule, a décrit celle-ci deux fois, d'abord sous le n° 733 : « La Déserte, en 1820. Cercles à fond noir avec étoile blanche à six pointes ; carrés à fond blanc avec rosaces, bouquets ou vases polychromes entre bandes blanches et noires ; — puis sous le n° 735 : « Ibid. : 15 juin 1830, en construisant un bâtiment municipal, à l'extrémité de la place, sur un des côtés du nouveau perron du Jardin des Plantes... Losanges, rosaces et dauphins. Torsade formant une bordure ; deuxième bordure constituée par une plate-bande de marbre blanc ». Et, cette seconde fois, il l'a prise, nous le verrons plus loin, pour l'une des mosaïques superposées de 1823.

devant l'Académie de Lyon une note ^ relative à deux pavés mis au jour « en creusant les fondations du bâtiment que l'administration municipale fait élever à l'entrée de la place de Sathonay, sur un des côtés du nouveau perron du Jardin des Plantes )>. Le 15 juin d'abord 2, « une mosaïque, remarquable par la beauté du travail et par le choix des marbres, a été découverte. Cette mosaïque était d'une grande étendue; car, bien que la surface découverte eût environ cinq mètres dans un sens et quatre dans l'autre, on n'a pas trouvé le tableau historique qui devait orner le centre de cet ouvrage, dont la richesse ne permet pas de conjecturer qu'il ne fût embelli d'un tableau, comme les autres mosaïques. Dans cette hypothèse, on n'aurait pas encore découvert le quart de la surface. Des compartiments d'étoiles, de losanges, de rosaces, de dauphins et de tridents, se répètent symétriquement et sont renfermés par une bordure d'entrelacs bien conservée dans les deux parties qui se rattachent à l'angle sud-est, les seules apparentes à présent. La bordure elle-même est environnée d'une large plate-bande formée de réseaux de marbre blanc. D'un côté la bordure s'engage dans le mur d'un escaher et de l'autre sous la terrasse du Jardin des Plantes... «. Le pavement ainsi décrit par Flacheron est celui que représente la planche XXVIII d'Artaud. L'indication du lieu de la découverte a besoin d'être précisée. De quel côté du perron en question veut parler Flacheron ? Du côté droit ou oriental, puisque, d'après la notice d'Artaud 3, la mosaïque était située « derrière la maison Giraudon > , c'est-à-dire, nous y reviendrons plus loin, derrière le n" 3 de la place Sathonay. Pour que le pavement fût derrière la maison Giraudon et que sa bordure s'engageât d'une part sous la terrasse du Jardin des Plantes, nous devons le localiser à l'angle des rues Savy et Poivre.

1. Bibl. de r Acad. de Lyon, manuscrits sur Lyon, M 139. toi. 183-184.

2. La mosaïque gisait à i m. 76 du sol moderne. Flacheron put constater ensuite à o m. 27 au-dessous la présence d'un second pavement ' composé d'un cailloutage brisé, bien assemblé, bien poli, dont toutes le? parties sont unies entre elles par un excellent mortier... .

3. 1835, p. 108. — Fortis, Voyage pittor. et hist. à Lyon, Paris, 1822, II, p. 212 : ' En 1820, M. Flacheron a découvert une belle mosaïque... dans l'endroit où est le perron du Jardin des Plantes .

La description de Flacheron n'en donne pas une idée complète ni très exacte ^ La planche d'Artaud nous montre un grand fragment, à peu près rectangulaire, avec un seul angle intact, d'une mosaïque polychrome à champ blanc. La bordure est une torsade entre deux filets noirs. Des rangées contiguës de carrés posés en losanges alternant avec des cercles auxquels ils sont tangents par un de leurs sommets, et des rangées intermédiaires de carrés plus petits tangents par leurs quatre sommets à deux des grands carrés et à deux des cercles, garnissent tout le champ, hormis que, le long du filet noir qui le limite avant la bordure, au lieu de losanges, il y a des demi-losanges, au lieu de cercles, des demi-cercles. Toutes ces figures géométriques sont dessinées par un filet noir. Tous les petits carrés contiennent un carré noir ; tous les cercles un cercle noir, orné d'une fleur blanche à six pétales ; tous les grands carrés un carré orné d'un motif en couleurs. La plupart de ces motifs sont des rosaces ou des bouquets ; quatre sont des vases ; deux sont des dauphins, l'un avec un coquillage, l'autre croisé par un trident ; un seul est une nageoire stylisée. Dans l'un des deux sens, on ne distingue entre les motifs aucune symétrie et l'on n'a aucun indice du nombre des rangées, qui se réduisent maintenant à huit, la demi-rangée contiguë à la bordure non comprise. Dans l'autre sens, chaque rangée compte deux motifs qui alternent, hormis la quatrième, celle des dauphins, et la sixième ; d'où la conjecture probable que l'axe passait par la cinquième. Comme il y en a neuf, la seule demi-rangée du bas manquerait dans ce sens. Nous ne voyons aucune raison sérieuse de croire, avec Flacheron, que le pavement avait une très grande étendue et qu'il comportait, en son milieu ou ailleurs, un tableau pittoresque. Artaud ^ lui compare très justement la mosaïque des Capucins de Vienne 3, représentée par sa planche XXIII, mais va peut-être trop loin en affirmant « qu'elles ont été faites toutes les deux par les mêmes ouvriers ». La « disposition ) est semblable ; elle n'est pas « exactement semblable «. Les motifs polychromes sont plus variés dans

1. Les deux descriptions de M. Blanchet, la deuxième surtout, sont insuffisante? ; de inlme celle d'Artaud, 1835, p. 85.

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