Arch. mon., R2 c, 13 juillet et 18 août
dessin annoté du mosaïste Claudius Mora ^, ce qui fut sauvé d'une des mosaïques exhumées place des Célestins, au mois de juillet 1876. M. Focillon a fait depuis transférer ces dalles dans les sous-sol de la Faculté des lettres, quai Claude-Bernard. Il y avait enfin, dans la même cave du Palais Saint-Pierre, plusieurs fragments de mosaïque arrachés à la pioche avec le bloc volumineux du béton de support. L'identification de ceux-ci ne saurait être que conjecturale. Ils n'appartiennent pas tous à la même pièce. Les uns proviennent, je pense, d'une mosaïque découverte place des Célestins tout de suite avant la précédente et que Martin-Daussigny fit également enlever en partie ^ ; les autres, d'une ou plusieurs mosaïques vues en 1884 dans la tranchée des égouts de la rue Jarente, entre les rues d'Auvergne et Vaubecour 3 : Claudius Mora se souvenait d'en avoir fait arracher et transporter au Palais Saint-Pierre des morceaux considérables. Comme les divers fragments retrouvés dans cette cave ne figurent pas et ne semblent pas destinés à figurer jamais dans les salles du Musée, je me borne à les signaler ici, me réservant d'en parler avec plus de détail dans une autre partie de ces études 4.
1. Je n'ai plus à ma disposition, malheureusement, ce dessin que le regretté maître mosaïste m'avait communiqué.
2. Rapport du 13 juillet 1876. Cf. Inv. des mos. de la Gaule, n° 7 ^.5.
3. Témoignage oral de Claudius Mora ; cf. Salut public du 5 avril 1884.
4. Celle qui aura pour titre Recherches sur les mosaïques romaines de Lyon. — De la mosaïque en relief appelée par .'Artaud (1835, p. 84 ; album, pi. 37) l'Espérance, je ne parlerai ni ici ni ailleurs ; car elle n'est pas romaine. Voir Engelmann, Ueber Mosaïkrehefs, dans Rheinisches Muséum, n. f., ag (1874), p. 561 et suiv.; cf. Gauckler, p. 2.089, avec la note 2.
mosaïques du verbe incarné
1 . A Fourvière, rue du Juge-de-Paix, 24, dans le clos du Verbe-Incarné, ainsi appelé aujourd'hui à cause d'une congrégation religieuse qui le possède depuis 1833, mais connu auparavant sous le nom de clos Montaland, la Faculté des lettres de Lyon a pratiqué, dei9iiài9i4, des recherches archéologiques sur l'emplacement d'une vaste et riche demeure qui bordait jadis la voie d'Aquitaine. Elles ont procuré, entre autres découvertes, celle de neuf mosaïques romaines ^ Deux seulement doivent être étudiées ici, parce que l'une figure déjà, l'autre est destinée à figurer prochainement dans les musées de la ville.
2. La première fut exhumée au mois de juin 191 1, dans la cour d'entrée, parmi beaucoup de vestiges moins intéressants. Elle gisait à deux mètres environ du niveau actuel. Intacte 2, elle avait formé un carré dont le côté mesurait 3 m. 85. Un autre carré, mesurant 0 m. 75 de côté, en occupe le centre, tableau polychrome à fond noir qui représente Bacchus adolescent, couronné de lierre ou de pampre, le torse et les jambes nus, le milieu du corps couvert par la nébride ou peau de faon, le thyrse dans la main droite, le bras gauche abandonné sur l'encolure de la panthère qui porte le dieu. Celle-ci, ramassée et prête à bondir, tient entre ses pattes de devant le sistre ou tambourin. Aux quatre angles, quatre tableaux carrés dont le côté ne mesurait que 0 m.56, polychromes aussi, mais à fond blanc comme tout le surplus du champ, présentaient quatre bustes plus grands que nature et
1. Voir les comptes rendus détaillés de ces fouilles, par M. Germain de Montauzan, dans Annales de V Université de Lyon, nouv. série, II, fasc. 25, 28 et 30.