Artaud, 1835, p
5. Comp. Cochard, Description historique de Lyon, 1817, p. 46 : « Ce morceau précieux disparaîtra bientôt, si l'administration ne se hâte de le soustraire aux ravages du temps '. Il ne parle pas de la démolition du temple ; il dit seulement qu' " on néglige de le réparer ->.
le mérite de celui qui en conjura, selon lui, les effets irréparables, « M. le baron Rambaud », il y a sans doute une bonne part de vérité dans son assertion. L'on n'avait pu prolonger impunément, cinq années durant, le séjour en cette excavation d'une mosaïque déjà soumise depuis sept ans à la même épreuve, avec une protection insuffisante, non seulement contre les températures extrêmes, mais aussi contre la curiosité indiscrète de visiteurs dont beaucoup, pour la mieux voir, ne se privèrent pas de la piétiner.
2. Comment expliquer ce long et si fâcheux retard ? Dans son livre de 1835, Artaud ne l'explique pas ; dans sa note de 1821, il met en cause «les circonstances politiques », excuse qui serait spécieuse si elle s'appliquait seulement aux années i8i4eti8i5.La véritable raison nous est donnée par l'arrêté préfectoral du i^r août 18 17 : des « personnes de l'art » reconnurent « que l'enlèvement ne pouvait se faire sans détériorer entièrement » la mosaïque. M. de Bondy avait affirmé à la légère que « pour 6.000 francs on pourrait acquérir et transporter les belles mosaïques du jardin Macors », et M. de Vauxonne avait risqué l'affirmation devant le conseil municipal que, pour un prix qui n'excéderait pas 6.000 francs, la mosaïque des Jeux du cirque serait acquise et transportée intacte aux frais et risques des vendeurs. La grande majorité du conseil avait très sagement prévu « les difficultés du déplacement ». Les tentatives que l'on fit sans doute après l'acquisition démontrèrent que sa résistance n'était pas le moins du monde déraisonnable; les «personnes de l'art » reconnurent la justesse de sa prévision. Faut-il donc penser qu'Artaud, dont M. de Bondy n'avait fait, selon toute vraisemblance, que reproduire l'avis optimiste, était dupe d'une illusion ? Non ; car il ne connaissait encore qu'un procédé pour l'enlèvement des mosaïques, celui de Schneyder, applicable seulement « lorsque le ciment... est sain » ; et il avait tout lieu de croire que le ciment de la mosaïque Macors n'était pas sain, même en 18 13. Rappelons-nous, en effet, qu'il avait constaté que le temple garantissait mal le monument, depuis 1806, contre « les intempéries des saisons ». Mais il s'était pris d'un bel amour pour sa mosaïque ; il en désirait passionnément l'acquisition ; les obstacles qui se rencontreraient ensuite, il affectait de les ignorer et il s'efforçait de les dissimuler à autrui.
Voicij du reste, exposé par lui, le procédé de Schneyder ^ : « Il commençait par miner le terrain sur lequel reposait la mosaïque ; il étayait le pavé au fur et à mesure ; il avait un grand cadre en bois de sapin, de la grandeur de la mosaïque, qu'il serrait à volonté ; il passait en dessous deux traverses en forme de croix qu'il faisait adhérer au cadre par de grosses chevilles ; il coulait sur la mosaïque une couche de plâtre fort mince pour contenir les cubes ; il en mettait une autre très épaisse en dessous du pavé après l'avoir bien balayé ; il le relevait à moitié pour le faire porter de champ et pour le placer sur le sol qui devait le recevoir ; il mouillait le plâtre de dessus ; puis, avec un ciseau, il le faisait disparaître entièrement ». Artaud ajoute, reprenant et précisant sa réserve initiale, que ce « procédé un peu hasardeux ne peut réussir que quand le ciment des mosaïques n'a pas été altéré par l'humidité ».
I. Voici maintenant, exposé par le même Artaud 2, « le procédé de M. Belloni », celui dont Belloni fit lui-même l'application aux mosaïques Macors et Cassaire, et que les marbriers lyonnais appliquèrent ensuite à beaucoup d'autres, en premier lieu à la mosaïque Michoud : « Déterminez les panneaux ou bandes que vous voulez diviser. Tâchez que ce soit dans les endroits où il y a le plus de lacunes et qui sont les plus faciles à restaurer. Enlevez avec un petit ciseau un rang de cubes autour de la pièce que vous voulez détacher ; mettez-les à part pour les replacer ensuite. Faites tailler des feuilles d'ardoise épaisses ou des tablettes de marbre minces en raison de la surface du panneau que vous voulez enlever, c'est-à-dire dans les mêmes formes ou contours. Préparez le ciment ci-joint... : cire jaune, térébenthine, sable fin ou plutôt ocre jaune ; faites fondre le tout ensemble; chauffez la mosaïque et le marbre ou l'ardoise qui doit couvrir les panneaux désignés et contenir les cubes ; sciez ensuite avec une sciotte de marbrier tout autour ; faites un fossé en dehors ; minez, creusez par dessous le panneau, détachez-le du sol, dégagez le ciment avec un ciseau jusqu'à ce