‹ Mosaïques romaines des musées de LyonChapitre 44 sur 136 · Fig · texte numérisé non relu

Fig

II, 2 ; 3 et 4 ; IH? 2 et 3 ; trois sont mutilés à gauche : III, 4 ; I V, i et 2, dont la tresse verticale seule aurait souffert d'après Artaud. La pointe de la brèche entame ici jusqu'à la tresse supérieure du tableau central. En outre, cinq caissons de la région inférieure sont détériorés : II, 8 et 10 ; III, 7 et 10 ; IV, 10. L'angle inférieur gauche est écorné jusqu'au double filet du panneau correspondant. Dans le grand côté droit de la bordure, à la hauteur de IV, 3, il y a un vide exigu. Enfin, dans le tableau central, deux lacunes ont emporté, l'une l'épaule et le bras gauche de Silène, laissant subsister seulement en bas une partie de la main, en haut le sommet de la palme ; l'autre la base de l'hermès, toute la jambe droite de l'Amour, sa jambe gauche jusqu'au-dessus du genou et la partie antérieure de la jambe gauche de Pan jusqu'au même endroit. Ce sont, en dehors de la principale, les brèches que Belloni se souvenait d'avoir vues dans diverses parties du pavé, spécialement dans le milieu du tableau. Le nombre des rosaces à double exemplaire n'est plus ici que de huit : I, 6=111, 8 ; I, 7=111, 7 ; I, 10= IV, i ; II, 7= m, 4 ; II, 9=111, 10 ; II, io=IV, 6 ; III, 9=IV, 10 ; IV, 4=IV, 9. Les caissons II, 8 et IV, 8 n'ont pas échangé leur place.

3. Nous voici donc en état de distinguer dans notre mosaïque restaurée les éléments primitifs et la restauration. Belloni a refait presque tout le côté supérieur de la bordure d'après le côté inférieur, et les deux angles gauches d'après le seul angle intact, l'inférieur droit ; il a comblé le vide du grand côté droit. Dans la région au-dessus du tableau, il a complété quatre caissons et il en a refait entièrement ou presque entièrement huit, sans compter les morceaux manquants de la tresse du quadrillage. Dans la région au-dessous, il a complété cinq caissons. Enfin il a réparé les deux lacunes du tableau. De tous les caissons à compléter, hormis un seul, la reconstitution ne risquait pas d'être arbitraire, plus de la moitié de la rosace étant connue ; or, un quartier eût suffi, les rosaces étant toutes à huit pièces de deux sortes qui alternent. Pour celui qui ne remplissait pas cette condition, l'incertitude concernait le cœur seulement de la rosace. Il s'agit de II, 4. Belloni l'a reconstitué en tenant compte des éléments conservés, au lieu qu'Artaud l'avait refait à peu près de fantaisie. Il a négligé de même toutes les suggestions d'Artaud pour la réfection des panneaux entièrement ou presque entièrement détruits. Elles s'appliquaient à six panneaux. Du caisson I, 2,

subsistait, d'après le dessin anonyme, à l'angle inférieur gauche, une amorce de rosace que nous voyons développée verticalement dans la planche d'Artaud ; la rosace que Belloni a construite presque de toutes pièces sur l'amorce n'emprunte rien à cette addition. Pour le caisson I, i, Artaud avait amorcé arbitrairement une réplique de IV, 5 ; Belloni y a mis une réplique de IV, 7. Pour le caisson II, 3, Artaud avait amorcé, non moins arbitrairement, toujours si l'on s'en réfère au dessin anonyme, une réplique de IV, 7; Belloni y a mis une réplique de I, io=IV, i, sans tenir compte d'ailleurs, s'il les a vus, des vestiges insignifiants que présente le dessin anonyme. Avec une répHque del, 8, il a comblé la lacune de II, 2 ; avec une réplique de III, 9= IV, 10, la lacune de III, 3 ; avec une rosace inventée de toutes pièces, la lacune de III, 2, sans tenir compte des vestiges insignifiants, mais différents, indiqués par le dessin et par la planche. Restaient à combler les lacunes de II, i et III, i, les seules qui soient totales dans la planche ; Belloni a mis dans la première une réphque de IV, 2, dans la seconde une réplique de IV, 4= IV, 9. En somme, des huit caissons à refaire, six l'ont été au moyen d'une répétition, un au moyen d'une invention presque totale, un au moyen d'une invention totale. En répétant une rosace et assignant au nouvel exemplaire une place quelconque, le mosaïste moderne n'a pas méconnu l'esprit de la composition primitive ; mais, selon toute vraisemblance, il l'a méconnu en répétant une rosace déjà répétée, en créant des cas de triples exemplaires. Ce détail à part, la restauration n'a diminué ni la valeur artistique du monument, les praticiens de Belloni s'étant montrés les égaux de leurs confrères gallo-romains, ni son intérêt documentaire, telles étant les lacunes du tableau central qu'elles furent forcément réparées sans arbitraire appréciable K

I. Pour le sujet de ce tableau central, Spon 2 ne propose ou n'enregistre pas moins de trois explications, non sans avoir prévenu le lecteur qu'elles

I. Notre figure 7 montre le tableau central et ses abords tels qu'ils sont aujourd'hui. Ce tableau n'avait jamais été photographié, à notre connaissance. La photographie toute récente dont notre figure est une reproduction réduite n'a pu malheureusement atteindre, et tant s'en faut, la limite de la mosaïque, vu les conditions du local où elle est fixée.

3. Recherches curieuses, p. 49 et suiv. ; Miscellanea, p. 41 et suiv.

sont toutes conjecturales : « Quelques personnes ont travaillé à expliquer cet emblème ; mais ces sortes de peintures énigmatiques sont ordinairement comme des nés de cire que l'on peut tourner du côté que l'on veut. En attendant quelque explication plus plausible... ». Rappelons d'abord les noms qu'il attribue aux figures : Herma — « Terme ou Herme » — ; Genius — on croirait que c'est « un Cupidon, s'il avait quelqu'une des marques de cette divinité ; je le crois plutôt un génie » — ; Satyrus — « un satyre ou le dieu Pan » — ; Silvanus. Voici maintenant sa première interprétation : « Il semble que l'action de ce génie est d'amener ou d'inviter le satyre qui est près de lui à venir adorer le dieu Mercure ou Hermès... Tout doit céder à l'éloquence dont Mercure était le symbole ; elle entraîne les hommes à elle malgré eux-mêmes ». Quant à Silvain, « qui était un dieu des champs et du bestail », sans doute exhorte-t-il le satyre à suivre l'invitation du génie. Mais Spon continue : « On pourrait aussi penser que les anciens Romains qui ont fait ce tableau voulaient marquer par là le respect qu'on devait avoir pour les termes et les limites dont Mercure et Silvain étaient les protecteurs, puisque les satyres eux-mêmes étaient contraints d'avoir pour eux de la vénération et qu'ils leur venaient rendre hommage les mains liées ». Spon ne cache pas sa préférence pour la seconde interprétation. Cependant la meilleure était la troisième, qu'il mentionne dubitativement : « Faut-il penser avec certains que le tableau signifie la toute puissance de l'Amour ? Mais alors quel est le rôle de Mercure ? ».

Menestrier ^ rejette ces trois explications : « C'est un emblème que M. Spon n'a pu démêler. Il représente le combat de l'amour lascif et de l'amour honnête. Le lascif est représenté par un satyre... L'Hermathène... représente la partie supérieure de l'âme ou la raison et l'étude des bonnes lettres, comme le Silvain figure le travail corporel, deux moyens de réprimer l'amour lascif..., n'y ayant rien qui porte plus aux passions scandaleuses que l'oisiveté ». — Colonia 2 n'a pas d'opinion personnelle ; il juxtapose simplement la première explication de Spon et celle de Menestrier : « Il y en a qui l'expliquent de la force de l'éloquence à qui tout doit céder et qui est

1 . Histoire civile ou consulaire de la ville de Lyon, 1 696. p. 38.

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