Adrien Blanchet, Inventaire des mosaïques, II, n
Saint-Pierre et dans l'église Saint-Martin-d'Ainay, mais dont le tableau central est perdu, au moins en partie, la scène, si l'on s'en rapporte à la planche LII d'Artaud, rappelait celle de la mosaïque Michoud par le nombre des personnages, leur position relative. Pan à gauche, l'Amour à droite, et l'immobiHsation du bras droit de Pan — encore verrons-nous plus loin 2 que ces deux derniers points ne sont pas bien certains — ; celle de la mosaïque Cassaire, par le geste du bras libre de Pan dirigé vers l'épaule de l'Amour et par la bandelette liant son autre bras, laquelle forme ceinture autour de sa taille. Les deux poses de l'Amour, dans les mosaïques Michoud et Cassaire, sont presque symétriques ; elles seraient presque identiques, dans les mosaïques de Sainte-Colombe et de la Déserte, si le dessin d'Artaud faisait foi pour la seconde ; mais la silhouette par laquelle il a complété ce personnage fragmentaire n'est que vraisemblable 3.
4. Je ne crois pas que personne ait encore assigné une époque à la mosaïque du Gourguillon. Elle est sans doute moins ancienne que la mosaïque Macors. Si l'on veut bien se reporter aux indices chronologiques mentionnés à propos de celle-ci, peut-être jugera-t-on que l'autre fut composée au milieu ou vers la fin du deuxième siècle, lorsque les mosaïstes de la période antoninienne, qui avaient d'abord restreint l'encadrement au profit du tableau, eurent laissé celui-là se développer derechef au préjudice de celui-ci. Elle est antérieure à l'âge des Sévères, au troisième siècle, si l'on estime justes ces observations de Gauckler 4 : « Au temps des Antonins, les mosaïstes d'Italie, de Provence, de Bétique et d'Afrique s'en tiennent presque toujours au type quadrangulaire » (pour le tableau et les panneaux qui l'encadrent) « et subordonnent encore l'encadrement au tableau en donnant au carré central un côté double ou triple ou quadruple de celui des carrés qui l'entourent ». La mosaïque d'Orphée nous fournira bientôt l'exemple d'un type qui fut en grande vogue au siècle suivant, le type octogonal.
2. Au chapitre sur les mosaïques composites du vestibule des Antiques ; on y verra également pourquoi je ne mentionne pas ici le Pan de la collection personnelle d'Artaud, « tableau en mosaïque représentant le dieu Pan dans l'action de combattre ".
3. L'un des six tableaux latéraux d'une mosaïque de Lambése (Inventaire des mosaïques..., III, n° 191) représentait une lutte de l'Amour et de Pan. Mais il en reste peu de chose ; voir Héron de Villefosse, dans Bull, archéol. du Comité..., 1905, p. CLXXXV, et 1906, p. CCIX, pi. LXXXVI. Pan était à droite, comme dans la mosaïque Cassaire.
4. Article Musivum, dans Diction, des Antiq. gr. et rom., p. 21 1 1.
mosaïque michoud
(Lutte de l'Amour et de Pan)
Bibliographie. — Ajouter à la bibliographie du chapitre I : Archives municipales de Lyon, série M^, Palais des Arts : travaux divers, faculté des lettres, musées et autres = M^d. Pour le surplus, voir les notes.
I . Sur la découverte de cette mosaïque nous avons deux témoignages, celui de Cochard et celui d'Artaud, le premier plus précis quant au lieu, le second quant à la date. Elle fut trouvée, nous apprend la Statistique de Sainte-Colombe, par Cochard, publiée en 1 813 ^ « il y a quelques années, dans une terre sur Saint- Jean » — quartier de la dite commune — « appartenant à M. Michoud père, à un mètre du sol » ; et, d'après la notice d'Artaud 2 « en 1803, à Sainte- Colombe-lès- Vienne, à quatre pieds de profondeur, dans une vigne située près du Rhône, appartenant à Mlle Michoud ». Michoud père et Mlle Michoud sont évidemment les deux propriétaires successifs du terrain ; mais Artaud se trompe, nous allons le voir, lorsqu'il affirme que Mlle Michoud voulut bien céder la mosaïque au musée de Lyon : ni le terrain ni la mosaïque ne lui appartenaient plus au moment de l'achat. Savigné, dans son Histoire de Sainte-Colombe 3, et Georges Lafaye, dans l'Inventaire des mosaïques de la Gaule 4, ont emprunté leurs indications sur la découverte à la notice d'Artaud. Si Comarmond avait pris la peine de la lire, au heu de s'en tenir à un catalogue 5 où Artaud ne donne ni l'année.
1. Dans VAlmanach de la ville de Lyon pour l'année 1813, p. LXXIII. Cf. Guide du voyageur et de l'amateur à Lyon, 1826, p. 119.