ORPHÉE CHARMANT LES ANIMAUX
BIBLIOGRAPHIE. — Voir Celle du chapitre I et les notes.
I. Le témoignage le plus précis que je connaisse relativement à la découverte de cette mosaïque est celui de Cochard, dans le manuscrit de sa notice sur St-Romain-en-Galles ^ Il y rapporte qu'au mois d'octobre 1 822 un habitant de la commune, le nommé Montant, dit Paret, rencontra dans le sous-sol de sa vigne, qui faisait partie de la Chantrerie, une fort belle mosaïque à environ deux pieds de profondeur. Il en donne les mesures et la description. Dans la même notice imprimée 2 la date de la découverte manque. C'est pourquoi elle manque aussi dans Savigné 3 plagiaire
1. Bibliothèque municipale de Lyon, carton 2.381, liasse 3 ; p. 13 (addition marginale. Une première rédaction avait été lue en 1818 à la Société d'Agriculture de Lyon; voir les Comptes rendus de cette société, année 1818, p. 155 et 163, et la Revue du Lyonnais, 1836, III, p. 469.
2. P. 13. Je connais cette notice imprimée par deux exemplaires d'un tirage à part sans lieu ni date compris dans deux recueils factices (Biblioth. mun. de Lyon, n° 353270 et n° 450683). L'imprimeur est celui de VAlmanach historique et statistique de la ville de Lyon, c'est-à-dire Rusand ; la justification et les caractères sont ceux de VAlmanach. Cochard a publié dans VAlmanach, de 1813 à 1825, ses autres notices sur les communes du canton de Sainte-Colombe. Celle-ci n'aurait pu être insérée que dans VAlmanach de 1823, parce qu'elle est visée dans celui de 1824 (P- XXXIII et suiv.) et à cause de son contenu qui en situe la publication entre octobre 1822, date de la découverte, et mai 1823, date de l'acquisition par la ville. Or, je ne l'ai trouvée dans aucun des exemplaires que j'ai pu consulter. Destinée peut-être à y figurer, elle en aura sans doute été exclue pour une raison quelconque après composition et publiée à part. J. B. Dumas n'en donne la date ni dans son Éloge historique de N. F. Cochard, p. 22 (lu dans la séance publique du 23 juin 1834 à l'Académie de Lyon), ni dans son Histoire de l'Académie de Lyon, Lyon, 1839, II, p. 64 ; et il a tout l'air de l'ignorer. Collombet. Étude sur les historiens du Lyonnais, 2*^ série, Lyon, 1844, P- 254 et suiv., affirme faussement qu'elle parut avec les notices sur Saint-Cyr et Loire dans VAlmanach de 1824. — J'exprime ici ma reconnaissance à M. Marius Audin, grâce à l'érudition et au zèle obligeant de qui j'ai pu conduire cette recherche bibliographique.
3. Histoire de Sainte-Colombe -Jès-VienncVienne, 1903 ; p. 187. Si Savigné avait lu un peu plus attentivement la brochure de Cochard, dont il n'indique même pas le titre, il n'aurait pas dit qu'elle parut » vers 1815 ». A la page 11 est mentionnée une découverte de 1822.
de Cochard. Quant au lieu de la découverte, on croirait, à lire Savigné, qu'elle fut faite sur Ste- Colombe, comme on le croirait pour plusieurs autres, cet écrivain ayant fondu, sans avis préalable, l'histoire de St-Romain avec celle de la commune limitrophe. D'ailleurs, le langage courant désigne inexactement par le nom de Ste-Colombe tout l'espace que couvrait le faubourg antique de Vienne. Comarmond S pour la date, indique simplement 1822 et, pour le lieu, exactement, à une faute d'impression près, « St-Romain-en-Gal, dans la propriété de M. Montant >\ Artaud n'a pas commis l'inexactitude vulgaire dans son inventaire de 1833 -, mais il l'a commise dans son livre de 18353: «...territoire de Ste-Colombe, chez un agriculteur nommé Montant ». De la part d'un contemporain, qui fut, nous allons le voir, mêlé à toute l'affaire de l'acquisition, la date qu'on y lit, 1830, serait une erreur bizarre, s'il en était tout à fait responsable ; mais son manuscrit 4 laisse en blanc la place des deux derniers chiffres. Quelque typographe ne les a-t-il pas ajoutés d'office sur une épreuve que l'auteur n'a pas vue ou n'a pas assez attentivement corrigée ?
2. « M. le comte de Tournon, préfet du Rhône, sentant la nécessité de conserver un monument aussi précieux par son antiquité, la délicatesse du travail et le choix du sujet, avait donné l'ordre d'en faire l'acquisition, afin de le placer au musée de Lyon, à côté de ceux qui y sont déjà déposés. Il faut espérer que son successeur s'empressera de remplir une intention aussi louable et que les arts n'auront pas à gémir d'un abandon qui en entraînerait la ruine prochaine > 5. Une lettre du nouveau préfet, le comte de Brosses, au baron Rambaud, maire de Lyon, en date du 24 janvier 1823 6, confirme cette assertion de Cochard et montre que son espoir n'était pas vain. En décembre 1822, y est-il dit, le maire de St-Romain en Gai ayant informé le préfet du Rhône qu'un habitant de sa commune,
1. Description..., p. 690. — Le Catalogue sommaire des Musées de Lyon, 1887, p. 135, n" 17-^1899, p. 207, n" 18, dit d'après Comarmond : " ... trouvée en 1822, à Saint-Romain-en-Gal (Rhône) '.