Pass. cité
9. 1835, p. 85 ; cf. sa lettre du 22 janvier 1822 : « ...labyrinthe avec figures relatives au combat de l'amour... ».
chasse, etc. », signale spécialement « un des tableaux où l'on voit Éros et Antéros dans l'action de combattre, comme s'ils étaient au milieu du gymnase ». La description du Catalogue sommaire n'est qu'un extrait de celle-là, sans mention particulière du tableau principal : « Dessin formant labyrinthe ; dans chaque carré qu'entourent des entrelacs, des génies s'exercent à la lutte, au pugilat ou à la chasse » ^ Celle de V Inventaire des mosaïques ne dérive ni de l'une ni de l'autre et n'est pas meilleure : <( Lutte d'Hros et d' Antéros. Scènes de chasse. Labyrinthe (?) formé de triangles noirs et blancs séparés par des torsades. Bordure formée par une torsade polychrome ».
Le champ 2 est blanc, le décor polychrome. Dans le double labyrinthe d'une suite de triangles noirs ou têtes de diamants et d'une torsade, l'une et l'autre bordées de filets noirs, s'encadrent, posés en damier sur trois lignes longitudinales et cinq lignes transversales, huit petits tableaux carrés, déhmités par un filet noir et par une torsade identique pour tous, mais différente de celle du labyrinthe. Les deux panneaux de la base contiennent des rosaces différentes ; les six autres, des figures humaines ou animales ; les deux panneaux que traverse le grand axe, et ceux-là seulement, des génies ; le panneau supérieur, deux génies qui luttent, Éros et Antéros, si l'on veut ; le panneau inférieur, un génie, dans l'attitude du lutteur vaincu qui demande grâce, le genou gauche à terre, la main gauche derrière le dos, la main droite en l'air ; les deux panneaux que traverse le petit axe, celui de droite, un jeune chasseur, le pedum dans la main gauche, le bras droit allongé horizontalement, accompagné d'un chien et courant vers la gauche ; celui de gauche, la bête qu'il poursuit, un lièvre, avec l'arbre que le lièvre va dépasser dans sa fuite ; enfin, les deux tableaux du sommet, deux figures presque symétriques, chacun un enfant, lutteurs isolés qui se font face. Toute cette décoration est entourée d'abord par une hgne de triangles noirs identiques à ceux du labyrinthe, bordée également de filets noirs ; puis par une Hgne de dents de scie noires ; ensuite par une tresse entre deux filets noirs ; enfin par une étroite bande noire.
1. Comp. Bazin, Vienne et Lyon gallo-romains, p. 382 : « Elle représente, avec les attitudes les plus variées, dans les détours d'un labyrinthe, des petits génies s'exerçant à la lutte, au pugilat, à la chasse ».
2. Voir la fig. 12, qui est une réduction en noir de la planche XXX d'Artaud.
2. Quel titre faut-il donner à la mosaïque Seguin? L'appeler « mosaïque du labyrinthe » ^ dire qu'elle représente un labyrinthe 2, c'était choisir pour la désigner un élément accessoire et banal. Artaud l'intitule dans sa notice « mosaïque des exercices de la palestre » et le Catalogue sommaire 3 reproduit cette appellation qui est doublement impropre, d'abord en ce qu'elle ne convient pas à deux des tableaux, la chasse n'étant pas un exercice de la palestre, puis en ce qu'elle n'indique pas le caractère fantaisiste des exercices : une palestre où luttent des génies est-elle une palestre réelle ? Le titre adopté par M. Héron de Villefosse 4, « les Lutteurs «, a le premier de ces défauts : tous nos personnages ne sont pas des lutteurs ; en outre, il est par trop vague. Celui qu'on rencontre plusieurs fois dans le dossier des archives municipales, « mosaïque des Jeux d'enfants », n'a pas non plus toute la précision désirable : les jeux sont-ils quelconques ou bien la nudité de tous les personnages est-elle spécifique? Les joueurs sont-ils tous de la même sorte, du même monde ? Peut-être faudrait-il dire « exercices gymnastiques de génies et d'enfants » 5. Non seulement ce titre serait une définition à peu près complète du sujet, mais il en indiquerait le manque d'unité rigoureuse, le rapprochement bizarre des deux mondes, humain et divin.
Je dis rapprochement et non pas mélange, le divin occupant la place d'honneur, toute la région centrale de la composition. A ce point de vue, on peut comparer notre mosaïque avec celle d'Oudna ^, dont le grand tableau pittoresque nous montre aux quatre angles des hommes péchant à la ligne, assis sur les rochers du rivage, et, au centre, sur la mer, des barques montées par des Amours rameurs et pêcheurs. Ici encore il y a juxtaposition et non mélange des deux mondes ; mais ce n'est point un cadre qui les sépare : à chacun son élément, au divin la mer, qui est aussi la place d'honneur, à l'humain la terre. Tout le sujet ne forme donc qu'un tableau, tandis qu'il en forme plusieurs dans la nôtre.