Dict. des a nt.gi.it rem., art. Athleta, l, p
2. Schœne, Griechùche Reliefs, pi. XIV, n° 70. Le lutteur de gauche a une attitude de pancratiaste, celui de droite une attitude de pugiliste. — Dans le relief cité comme exemple par Clarac, Musée de sculpture, pi. 187, n° 223, la scène palestrique (Hermès juge, discobole, lutteurs, pancratiastes, pugilistes) est jouée par des enfants, non par des génies.
3. Reliefs : du Louvre, Clarac, pi. 187, n^ 223 ; de Métaponte, Gazette archéologique, 1883, p. 68 ; — miroir à reliefs trouvé en Russie méridionale. Comptes-rendus de St-Petersbourg, 1869 ; pi. I, 29 ; Dict. des antiq. gr. et rom., Lucta, p. 1432, fig. 4618 ; — terres cuites, Pottier et Reinach, La nécropole de Myrina, I, p. 337 et suiv. ; pi. XVII, 4 ; catalogue n'^ 82, 83 ; 84 ; — etc.
personnage ^ ? Étymologiquement, suivant la valeur que l'on donne au préfixe, Antéros signifie soit le réciproque de l'amour, l'amour qui répond à l'amour, l'amour partagé ; soit l'adversaire de l'amour, c'est-à-dire ou bien la résistance à l'amour, ou bien un amour qui s'oppose à un autre, les deux pouvant être de même espèce, comme lorsque deux amants, l'éraste et l'antéraste, se disputent la posesssion d'une amante, mais aussi l'un, Éros, pouvant être l'amour naturel de l'homme pour la femme, l'autre, Antéros, l'amour contre nature de l'homme pour l'homme. La première signification, garantie par les textes, ne se révèle dans aucun monument. Ceux qui représentent d'une façon certaine cette allégorie mythologique se rapportent à la seconde et, selon toute probabilité, à sa dernière variante, à la passion vicieuse si commune dans le monde grec et si impudemment avouée. C'est dans les gymnases, parmi la jeunesse masculine, que le culte d' Antéros semble avoir pris naissance et avoir prospéré. La tradition écrite et peut-être la tradition monumentale ^ attestent un troisième sens, Antéros vengeur de l'amant dédaigné, moins conforme à l'étymologie, mais qu'on y peut rattacher avec quelque effort : le vengeur se dresserait contre Éros pour châtier son dédain, sa cruauté. Amour étant tenu responsable du mauvais accueil fait à l'amoureux.
Les monuments qui représentent d'une façon certaine Antéros sont fort rares, si l'on applique la règle qu'on doit le reconnaître là seulement où il se distingue d'Éros par un caractère spécifique, la forme de ses ailes, contournées et recoquillées, comme celles des sphynx, des harpyes, des griffons, etc. Qu'une convention artistique lui ait d'abord assigné cet attribut, cela n'est point douteux. Tel nous le voyons sur un relief d'Ischia 3 où il
1. Voir Boettiger, Éros und Antéros, dans ses Kleine Schriften, I, p. 159 et suiv. ; Welcker, Griechische Gœtterlehre, II, 727 ; III, 195 et suiv. ; Furtwaengler, dans Roscher, Lexikon d. gr. mythol., I, col. 1343 et 1 367 et suiv. ; Wernicke, dans Pauly-Wissowa, Real. EncycL, I, col. 2354 et suiv.
2. Si l'on admet qu'Antéros châtie Éros pour ce motif, et non pour quelque autre, sur la gemme citée par Hinck, dans Annali delV Instituto, 1866, p. 92, note 2 ; sur les autres gemmes citées par Hinck, p. 85, note 4, p. 91, note 7, p. 92, note i, les deux génies dont l'un châtie l'autre ayant des ailes pareilles, on ne saurait dire au juste si l'un est Antéros ou si l'un et l'autre sont des Éros. Même observation pour la fresque pompéienne (ibid., pi. EF' ; Helbig, Campanische Wandgemslde, n" 827) où un Éros assiste moqueur au châtiment d'un autre.
3. Museo borbonico, XIV, pi. 34 ; Mueller-Wieseler, Denkmxler, II, pi. 52, n» 664 ; Braun, Antike Marmorreliefs, 2, 5 6 ; Baumeister, Denkmœler, fig. 542. Cf. Montîaucon, Antiquité expliquée, I, i"^ partie p. 194, pi. après la planche 122.
dispute une palme à Éros, réplique du même type que le monument contemplé par Pausanias ^ dans le gymnase d'Élis ; tel sur un relief du palais Colonna 2, où il court avec Éros la course du flambeau ; tel sur une gemme 3 où il attache Ëros au tronc d'un arbre, soit après l'avoir vaincu à la lutte soit pour le punir de quelque méfait. Mais, sur tous les autres monuments 4, et ils sont assez nombreux, qui nous montrent deux Éros aux prises, leurs ailes sont pareilles. Ou bien donc la distinction conventionnelle fut négligée avec le temps, ce qui est fort vraisemblable, ou bien ces figures sont, non pas Éros et Antéros, mais deux Éros, mis en conflit, non par quelque antipathie de nature, mais par le simple caprice d'un artiste. Le tableau principal de notre mosaïque étant l'un de ces monuments, le nom que chacun donnera aux lutteurs dépendra du choix qu'il aura fait entre les deux hypothèses.
A supposer qu'ils soient Éros et Antéros, le sol romain de Vienne a-t-il rendu un autre exemplaire de la même lutte, comme le pense M. Héron de Villefosse ? 5 Ce serait le groupe, détruit dans l'incendie de la bibliothèque, mais connu par un moulage, des deux enfants qui se disputent une colombe, oiseau de Vénus, présent usuel de l'éraste à l'éromène, de l'amant à l'aimé. La conjecture est spécieuse, mais improbable. Selon toute vraisemblance, non seulement l'un de ces deux rivaux, qui n'ont pas d'ailes, notons le bien, ne figure pas Antéros, mais tous deux figurent des enfants quelconques ^.