‹ Mosaïques romaines des musées de LyonChapitre 83 sur 136 · VI. MOSAÏQUE CUCHERAT (LES POISSONS · texte numérisé non relu

VI. MOSAÏQUE CUCHERAT (LES POISSONS

Bibliographie. — A celles des chapitres précédents ajouter : Archives municipales, série M^ Palais des Arts (travaux, dossiers de Tarchitecture, 1850- 1870) -=^ Arch. mun., M^g ; et, pour le surplus, voir les notes.

I. Selon le témoignage de Comarmond ^, alors conservateur des musées archéologiques, ce pavement fut découvert « à Lyon, en 1843, dans la rue Jarente, n^ 4, près de la rue Vaubecour, en creusant la cave de la maison de M. Cucherat, avocat, qui a eu la générosité d'en faire hommage à la ville... Cette mosaïque se trouvait à quelques centimètres au-dessous d'une cave de la maison en construction, dont les fondations ne l'avaient heureusement pas coupée ; elle occupait les deux tiers, en superficie, de cette cave et était enfouie à environ cinq mètres de la surface du sol «. Elle « fut transportée au musée peu de temps après sa découverte et placée dans la grande salle des plâtres moulés sur l'antique ». Comarmond ajoute 2 : « Quelques parties de cette mosaïque avaient été dégradées avant sa découverte ; elles ont été restaurées avec soin et l'œil ne peut démêler la partie moderne d'avec la partie ancienne )>. Le dossier des archives municipales est ici exceptionnellement pauvre. D'un mémoire du maître maçon Quinty 3, il résulte que l'ablation eut lieu en juin-juillet 1844. Ce mémoire, qui concerne, non l'ablation elle-même, mais la remise en état de la cave.

1. Description..., p. 691. La découverte est annoncée dans le Revue du Lyonnais, 1843, l, p. 499. Le pavement gisait, d'après l'auteur de la note, à « environ 3 mètres de profondeur ". « Il serait à désirer, ajoute-t-il, que cette mosaïque... soit achetée par la ville et conservée pour notre musée... ».

s'élevait à 304 fr. 80. L'architecte de la ville, Dardel, le réduisit à 93 fr. 70, alléguant que la majeure part des travaux représentait des améliorations faites par le propriétaire à son local. Or, « la ville n'a accepté la mosaïque de M. Cucherat qu'à titre gratuit et aux seules conditions de réparer les dommages causés par son enlèvement ». Cucherat protesta ^ contre « une erreur dont il ne pouvait être dupe » et menaça de recourir à la justice. Mais le maire l'informa 2 qu'après nouvel examen du mémoire la ville consentait à lui payer une somme de 260 fr. 52, et son acceptation 3 mit fin à l'incident. Comarmond ne donne pas la date de la repose. Elle aurait eu lieu au commencement de 1845, d'après une annotation marginale à la lettre du 5 août 1856 4 par laquelle le préfet annonce à l'architecte que le conseil municipal a ouvert au budget un crédit de 600 francs pour entourer d'une barrière « la mosaïque Cucherat dans la grande salle des plâtres ». C'est la date la plus probable, quoique deux autres pièces indiquent 1 847, le devis de Mora, du 28 décembre 1874 5^ pour le déplacement dont nous allons parler, et la lettre de l'architecte ^ transmettant le lendemain ce devis au préfet.

Quoi qu'il en soit, ce fut la première mosaïque posée dans cette galerie installée en 1839 au premier étage de l'aile orientale 7. Nous avons vu que la mosaïque des Jeux du cirque et celle des Exercices de la palestre vinrent l'y rejoindre en 1870 ; mais qu'une des trois seulement, la mosaïque des Jeux du cirque, se trouve encore aujourd'hui dans cette partie du palais Saint- Pierre s, devenue la galerie des peintres contemporains après avoir été le musée Bernard 9. Lorsque la première transformation s'accomplit, il fallut diviser le local en plusieurs compartiments et certaines des cloisons eussent coupé les deux autres mosaïques. L'inconvénient paraissait négligeable à M. Bernard, qui proposait tout simplement de les couvrir. Mais le directeur, Martin-Daussigny, fit observer que ce sacrifice n'irait point sans pro-

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