‹ Mosaïques romaines des musées de LyonChapitre 91 sur 136 · Voir le chapitre IX, § II, n · texte numérisé non relu

Voir le chapitre IX, § II, n

6. Mentionnée par G. Lafaye dans le texte de son Inventaire, n" 174, et réduite au sixième environ dans l'album où cette planche porte le sous-titre erroné : d'après Artaud. Notre fig. 14 en est aussi une réduction.

son de la figure avec ce qui reste aujourd'hui de l'original montre déjà, comme il fallait bien s'y attendre, qu'elle n'a pas la fidélité rigoureuse d'une photographie : le tableau central est traité fort librement et on relève un grand nombre de détails inexacts dans les motifs accessoires de l'ornementation, laquelle était fort riche et compliquée. De plus, au témoignage de Comarmond ^ la conservation de la petite mosaïque était en général meilleure que celle de la grande ; donc celle de la grande laissait beaucoup à désirer. Or, si les dessinateurs ont marqué le vide du seul caisson entièrement détruit, ils ont négligé toutes les menues dégradations, qui devaient être nombreuses. Mais cette comparaison et les données précises de la notice montrent aussi que la lithographie nous offre pour l'ensemble une image suflftsamment fidèle.

La mosaïque, à champ blanc et décor polychrome, rectangulaire hormis qu'elle avait sur un de ses petits côtés un seuil qui en bordait la partie médiane, les deux tiers environ, était entourée et quadrillée par un double chapelet de petits losanges noirs qui la divisait en cinq rangées longitudinales et neuf rangées transversales de compartiments, ou plutôt 44 de ces compartiments avaient ce cadre, un seul, ne l'ayant pas, dépassait ainsi quelque peu l'étendue des autres, celui qui contenait le sujet principal et qui occupait la place du milieu dans la septième rangée transversale à partir du seuil. Les autres cases quadrangulaires contenaient toutes un sujet ornemental différent, avec alternance des sujets dérivant du cercle et du carré. Quelques-uns de ces caissons comportaient des effigies humaines ou animales, la plupart seulement des figures géométriques ou des ornements divers. Des motifs accessoires très variés, masques, vases, fleurs, oiseaux, etc., garnissaient les écoinçons des panneaux à sujets circulaires. Un seul panneau manquait complètement, le premier à gauche de la cinquième ligne transversale. Une rangée de deux sortes alternantes de fleurons décorait le seuil que soulignait un rang de peltes. Les dimensions du pavement, non compris ce seuil qui l'excédait d'environ o m. 58 -^ étaient 10 m. 33 3 et

2. Nous verrons plus loin que ce seuil existe encore dans le vestibule des Antiques.

3. La différence entre la longueur primitive et la longueur actuelle de la mosaïque (lo m. 33 — 9 m. 56 o m. 77) représente une rangée transversale de caissons ( celle qui fut supprimée, nous le verrons, lors de

la deuxième repose) et une double ligne de losanges du quadrillage. — Le Rhône du 9 sept. 1841 et la Revue archéoL, pass. cité, donnent par approximation 10 m. et 6 m.

6 mètres. Il mesurait donc, à très peu de chose près, 62 mètres en surface, auxquels on peut ajouter approximativement deux mètres et un tiers pour le seuil ^

Comarmond 2 croit avoir observé que « les caissons les plus marquants » occupaient la rangée longitudinale du centre. Pour que l'observation soit juste, il faut la corriger ainsi : la plupart des caissons les plus marquants occupaient cette rangée au-dessus du tableau principal. Immédiatement au-dessus, il y avait un sujet circulaire accosté de quatre petits oiseaux; dans le milieu, un satyre accroupi tenait un enfant enchaîné qui s'appuyait sur ses épaules ; une zone de bustes et de sphinx qui les séparaient formaient le pourtour. Puis, en remontant, on voyait d'abord un lion parmi six oiseaux ; ensuite, un Silène portant sur son épaule gauche un bâton avec deux cistes de vendange aux extrémités ; plus haut, six poissons dans un encadrement à rinceaux et rosaces ; plus haut encore, un oiseau dans un cercle de biges et de cariatides avec quatre oiseaux différents aux écoinçons ; enfin, les bustes des sept divinités de la semaine dans une bordure quadrangulaire commune et sept médaillons octogonaux de torsade. A droite et à gauche de ce dernier caisson, il s'en trouvait deux autres assez marquants : à droite, dans une couronne de chêne, deux oiseaux accouplés ; à gauche, un labyrinthe circulaire, le labyrinthe de Crète, avec les têtes de Thésée et d'Ariane au centre. En dehors de la rangée médiane que nous venons de suivre, on remarquait aussi, à gauche des six poissons, un panneau à sujet circulaire dont le motif central était une tête de Méduse. Quant à l'affirmation de Comarmond 3 que tous les caissons les plus marquants « se rattachent à la pensée de l'artiste », que « tous les objets représentés se rapportent plus ou moins au sujet principal » 4, elle est manifestement fausse sous cette forme générale. Quelques-uns des sujets secondaires étaient bien dans ce cas ; mais l'artiste, pour le surplus, ayant donné carrière à sa fantaisie, n'avait pas eu souci de ramener tous les détails de la composition à l'unité.

1. o ,58 X4(puisque le seuil bordai environ les deux tiers de la largeur du pavé)=^-2,32.

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