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plu-^ intérpssanlos drcoront l'église do la Sainte-Mère de Dieu de Géorgie
Antokolsky. Martyre chrétienne.
dans le quartier du Kilaï-Gorod. 11 ne se contente pas d'être peintre ; il nous a laissé des eaux-fortes qui ne sont pas sans valeur. Sa maison devient un rendez-vous d'artistes, une sorte d'académie avant la lettre.
io8 MOSCOU
I/un des habitués de son atelier, Joseph Vladimirov, écrit contre les traditionnalistes un traité où il combat la routine et défend l'esprit nouveau qui commence à pénétrer même dans le domaine de la peinture. Il explique les secrets de l'art occidental qui sait représenter les personnages de l'Kcriture, non pas seulement dans l'attitude hiératique fixée par la tradition, mais comme des personnages vivants. « Quand nous voyons chez les étrangers les figures du Christ et de sa mère, nos yeux se remplissent de joie et d'amour. »
Mais ces tendances novatrices prennent aux yeux du clergé un caractère hérétique. Le patriarche Nicon, qui fut à tant d'autres points de vue un réformateur, faisait rechercher les images en style franc, leur faisait crever les veux et prescrivait de les promener par la \ille ainsi déshonorées. En 1654, en présence du tsar et du patriarche d'Antioche. il voua solennellement à l'anathème ciuiconque détiendrait chez lui des images franquis.
Le successeur de Nicon interdit d'imprimer des images sur du papier et dacheler des images allemandes, nécessairement hérétiques.
Les théologiens russes déclaraient qu'il était abominable de peindre comme on le faisait en Occident la nudité de la Vierge ou de l'enfant Jésus.
Pierre le Grand, qui introduisit si Ijrutalement tant d'innovations, n'osa pas réagir contre le traditionnalisme du clergé. Il se contenta de créer à Moscou, sous le patronage du métropolitain h'.tienne lavorsky, une sorte d'académie de peinture religieuse. Il interdit rigoureusement les images sculptées, sauf sur les croix en métal.
Et pourtant il se piquait d'être quelque peu artiste. Pendant son séjour en Hollande, il n'avait pas seulement étudié la pratique du marin et de l'ingénieur. Il avait appris à tourner le bois et l'ivoire, et à travailler ces matières. De cette même main qui faisait voler les tètes des Stricltsy, il nous a laissé un médaillon représentant Louis X\', un autrr qui représente saint André, et une statue de l'aiiôtre l'ierre.
Il organisa auprès de la typographie impériale de .Saint-Pétersbourg l'enseignement du dessin. Cet enseignement fut d'abord donné par un ancien peintre d'images; peu à peu, grâce aux influences étrangères, il s'émancipa de la tradition. D'autre part, Pierre envo\'ait à l'étranger des spécialistes étudier les arts européens : deux architectes Oustinov et Korobev, et le peintre x\ndré Matvieev en Hollande; les deux frères Nikitine et Zakharov. et le graveur Korovine en Italie et en France. 1 )e
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r.A PEINT TRI- RUSSR
nombreux Allemands, Italiens, Français étaient appelés en Russie et décoraient de leurs œuvres la nouvelle capitale. Mais ils ne se souciaient guère de former des élèves qui auraient pu dexenir pour eux des concurrents redoutables, et ils songeaient ])lutnt à « faire du métier « qu'à exécuter de \'éritables œuvres dart.
.V diverses reprises, Pierre le Cirand songea à fonder une ^Vcadémie des Beaux-Arts; mais le projet n'aboutit pas. On se contenta de créer
Sourikov. Exécution des Strielts)'.
auprès de l'Académie des Sciences une section artistique, où l'enseignement fut confié à des étrangers, le peintre Gsell, le sculpteur Olsner, l'architecte Marzelius ; parmi les premiers élèves de Gsell on peut citer les peintres André Grekov et Ivan Bogdanov. Une école de gravure, dirigée par l'illiger, ^Vortmann et Stenglini. produisit surtout des artistes plus ou moins habiles à illustrer des publications techniques.
En 1733, le baron Keyserling, président de l'Académie des Sciences, proposa la fondation d'une Académie spéciale des Beaux-Arts, mais cette proposition n'aboutit pas.
En 1748 nous trouvons à Pétersbourg, comme professeurs, un décorateur A'aleriani, un peintre Gradizzi, un sculpteur Duncker. Ils se réunissent à des intervalles plus ou moins rapprochés et prennent dans les procès-verbaux de leurs réunions le titre de membres de l'Académie des
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Beaux-Arts. Ils n'}^ ont officiellement aucun droit. Xous connaissons les noms de quelques-uns de leurs élèves.
C'est à l'école de Valeriani que s'est formé le portraitiste I-evitsky, dont nous parlerons tout à l'heure, et .Alakhaev, qui publia, en 1753, des vues panoramiques de .Saint-Pétersbourg.
SoHS le règne de l'impératrice l'Elisabeth Petrovna se produisit une violente réaction contre les influences allemandes si puissantes en Russie depuis Pierre le Grand.
Désormais ce sont surtout des artistes français qui vont construire et orner les temples ou les palais. Mais nous ne voulons pas étudier ici l'histoire des artistes étrangers en Russie ; il s'agit seulement de montrer comment les artistes russes se sont formés à l'école de ces maîtres.
Nous avons déjà signalé les peintres envoyés à l'étranger par Pierre le Grand. André Matviee\- ne fut pas indigne des maîtres chez lesquels il avait étudié; son tableau allégorique La Peint lire, qui fait partie de la collection Strog(jnov, est une ceuvre académique, élégante et froide, qui ne trahit nullement la nationalité de son auteur, mais qui aurait singulièrement étonné les boïars du XVI'' siècle s'il leur avait été donné de pénétrer dans l'atelier de l'artiste. Nikitine avait étudié à Rome ; ce fut surtout un peintre de ])ortraits ; on admire particulièrement celui de Pierre le Grand sur son lit de mort. L'empereur était très fier de cet artiste. Il écrivait à sa femme :
« Prie le roi de Prusse de se faire peindre par Xikitine, afin que le monde sache cjue nous avons, nous aussi, des maîtres distingués. « Parmi les peintres antérieurs à la fondation de l'Académie des Beaux-Arts, on peut encore citer Antropov, qui fut un des maîtres de Levitsky. La galerie Tretiakov possède un portrait de lui.
Levitsk}- , 1735-1S22 fut le grand portraitiste russe du xviii'' siècle. •Son œuvre a été étudiée récemment dans deux articles de M. Denis Roche, publiés par la Galette des Beaux- Arts (juin et octobre 1903). Il avait commencé son éducation avec Antropov, il l'acheva sous la direction de deu.x étrangers, Lagrenée et Valeriani. Les représentants des grandes familles russes lui donnaient souvent la préférence sur les artistes français, italiens, allemands. Scandinaves, anglais c[ui pullulaient alors à Saint-Pétersbourg. .Son grand portrait allégorique de Catherine II a inspiré au poète Derja\ine quelques vers célèbres de la Vision de Mourra.