‹ Moyens de nettoyer & de conserver les objets anciens trouvés en terre, d'après un récent ouvrage allemandChapitre 4 sur 11 · III. — CUIRS ET TISSUS · texte numérisé non relu

III. — CUIRS ET TISSUS

On en trouve assez rarement dans les tombeaux, mais plus souvent dans les marais. Ils proviennent alors de constructions sur pilotis. Pour les dessécher, on les plongera dans la solution d’alcool. On les préservera par l’imbibition de résine (Rec. 2 . Si l’objet est dur et cassant, on devra le plonger dans un mélange de benzine et d’huile de pavot (Rec. 3 , puis

l’imbiber de résine. Le meilleur moyen sera ensuite de le disposer entre deux plaques de verre, dont on collera les extrémités pour le préserver de l’air.

iv. — CUIVRE ET BRONZE.

Il est difficile de distinguer le cuivre du bronze sans une analyse chimique. Le cuivre est en général un peu moins oxydé, et sa patine est plus claire. La patine du bronze est tantôt brune, brunâtre ou noire, quand il a séjourné dans les marais ou les rivières marécageuses ; tantôt verdâtre, verte ou vert foncé, quand on le trouve dans les eaux courantes, les lacs clairs ou dans les sables secs et très purs. La couche de patine est tantôt très épaisse et tantôt très mince, laissant apercevoir le brillant du métal.

La patine cristalline qu’on trouve dans les pays où il y a du chlore ou du charbon, et dans le voisinage de la mer a le grand inconvénient de souvent tomber e'n poussière au contact de l’air.

La patine qu’on appelle bron\e blanc (i) est assez rare ; elle contient de l’antimoine ou de l’arsenic ; son aspect est d’un blanc gris en' général, et blanc dans les cassures fraîches.

Quand les objets sont couverts de patine, il est en général préférable de les laisser tels quels. Cependant, on peut avoir intérêt à enlever cette patine, quand elle n’est pas très-dure, ou quand elle est de nature cristalline. Cette opération est toujours très délicate. Il vaut mieux ne pas se servir de moyens mécaniques, a moins d’être très adroit, et dans ce cas on

(i) En allemand Weissbroitfe, littéralement bronze blanc.

emploie un tout petit marteau. 11 est arrivé qu'on a fait chauffer à rouge les objets de bronze ; on doit s’abstenir de ce traitement qui détériore tout. Ün peut encore imbiber les objets d’acide chlorhydrique, mais ce moyen est aussi très dangereux, car l’acide agissant d’une façon trop énergique peut détériorer ou détruire l’objet. Si on emploie ce moyen, on doit avoir à portée de la main un bain d’ammoniaque, de façon à pouvoir, en y plongeant l’objet, détruire instantanément l'effet de l’acide.

D’une manière générale, les bronzes doivent être traités avec le plus grand soin, car ils sont souvent friables ou cassants. On observera s’il n’existe pas de traces de bois, de crins ou de tissus adhérents au bronze ; de même s’il n’y a pas d’incrustation d’or, d’argent, d’ivoire, de corail, d’émail, d’ambre. On nettoie les objets de bronze en les lavant avec précaution à l’eau tiède. Si le métal est résistant, et si ce lavage ne suffit pas, il faudra laisser tremper l’objet dans l’eau de savon, ou dans une lessive très étendue de potasse pure ; puis, rincer à l’eau tiède ou brosser avec une brosse ou un pinceau très doux.

Conservation. — Les objets d’un beau vert et qui paraissent suffisamment résistants ne demandent aucun autre traitement. Ceux qui sont peu colorés, et qui sont friables, doivent être trempés dans une solution de résine ( Rec . 2) ; il en est de même pour les objets recouverts de patine blanche. S’ils sont ternes de couleur, mais résistants, on les trempera dans le mélange de benzine et d’huile de pavot. Ensuite, on les brossera avec une brosse douce, puis avec une autre plus dure.

Les objets à texture cristalline doivent être plongés dans une lessive très légère de soude pure, légèrement tiède, lavés et brossés à l’eau tiède, puis après dessication, imbibés de solution de résine. Les places où il se produirait plus tard des efflorescences seraient retouchées avec une solution de colle de poisson ou de laque (Rec. S).

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