‹ Mr votre fille comedie melee de chants, en un actChapitre 30 sur 34 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

DOUCINET , puis ;BERTHE.

DOUCINET, seul.

Allons! me voilà avec un duel sur les bras... première entrevue !... C’est ridicule !... esi-ce que je tue les petites filles, moi?... si elle était d’un autre sexe, j’irais au rendez-vous avec une poignée de bouleau... mais une demoiselle!... ça ne serait pas convenable !... (Se croisant les bras.) On a bien raison de dire qu’il faut s’étudier avant de s’épouser !... C’est-à-dire que si nous étions mariés, il faudrait coucher avec des fleurets sous notre oreiller... et à la moindre observation , ma femme me répondrait : «Monsieur, votre heure!.,. Porte Maillot ! marchons... » — Par ces motifs, je sais ce qui me reste à faire... je vais tout bonnement reprendre le chemin de fer.

BF.RTIIE, * paraissant cl h demi-voix.

Monsieur Doucinet !

DOUCINET.

La petite cousine.

BBRTHE, s'approchant curieusement.

Eh bien?... ça marcbe-t-il?...

DOUCINET.

Ça va marcher... Mademoiselle, à quelle heure part le chemin de fer?

BERTHB.

Comment! vous partez?

DOUCINET.

Oui, lâchement!... je fuis une afliure d’honneur.

Doucinet, Bertho.

H. VOTRE FILLE

BEItTHE.

Uu duel! avec qui ?

douciNet.

Avec une ingénue... votre cousine !

BEnniE.

Comment ? : .. .

DOÜCIKET.

J’ai reçu un cartel !...

BEHTIIE.

Et vous ne l'épousez plus ? \

DOCCI.NET. ,

J’en nourris l’espoir.... Un mousquetaire!.... J^veuï bien passer l'anneau nuptial à une femme... mais au vicfimte d’Artagnan... jamais.

BEHTUE.

Encore un mariage manqué!... Mon Dieu! que je suis malheureuse I...

DOCCINBT.

Vous ?...

BEIttlIE.

Vous voyez bien que ça va me retarder...

DOUCISET, ^ part.

C’est Juste! l’armoîre à glace !

BEnTUE.

Il faut avouer. Monsieur, que vous ôtes bien peu complaisant !...

DOOa.NET.

Croyez que j’en suis désolé... pour vous... pour votre armoire.

BERTHE

Au moins , lâchez de trouver un autre prétendu à ma cousine...

. DOOCIHET.

Je chercherai... dans la gendarmerie départementale.... mais ce sera difficile... Ah ! si c’était pour vous !

BERTHE

Pour moi ?...

boDClNET.

Oui; vous êtes gentille, vous! (a lui-même.) C’est vrai, qu’elle est gentille 1 (A Bcrthe.) Et puis, vous avez une robe... la seule du canton!...* Ah! ça fait plaisir... de causer avec une robe I

* Berlhe, Doucinet

SCÈNt XVI.

Si

BEHTHEj^i» part.

Comme il me regarde !

DOrCINET.

Depuis une heure, j’ai l’air de Rôbinson, en lête à lêle avec Vendredi!... c’est monotone!... tandis qu’avec vous!... au moins, on trouve des choses aimables à dire quand on vous parle... vous ôtes une temmej vous !.. vous avez des mains. .. des pieds... des épaules !...

EERTRE, confusb.

Monsieur Doucinet...

DODCINET.

Et des petites oreilles !... (Tout à coup.) Sont-elles percées?

BERTUE.

Sans doute...

DODCIBET, fouittent Tivement à sa poche.

Attendez!... j’ai votre affaire!... (Lui renlettant les boudes d’oreilles.) Tenez I pour vous!... et l’éventail aussi !...

' BERTBE.

Ah ! des diamants I mais pourquoi?...

DODCINET.

Pourquoi?... parce que vous ôtes ravissante... adorable... et si je ne me retenais pas...

BERTHE

Eh bien?

DODCINET.

Au fait! pourquoi me retiendrais-je? pourquoi ne vous épouserais-je pas?,.. Savez-vous nager?...

BERTHE

Non.

DODCINET, vivUmcnt.

Mademoiselle, j’ai l’honneur de vous demander votre main !

BBRTRB, vivemént.

Oh ! non ! Monsieur ! par exemple, non ! '

Je vous déplais !

BERTHE

Ce n’est pas cela !... mais je ne veux pas prendre les prétendus de ma cousine... ça ne se fait pas.

DODCINET, h part.

Elle est naïve ! (Haut.) Mais puisque je n’y prétends plus, à votre cousine ! puisque nous allons nous couper la gorge avec votre cousine !

M. VOTRE FiLLE.

BERTBE.

C’eslégal... et à moins qu’ello ne consente elle-môme.

DOUCIXET.

Je vais le lui demander! vousélesunangc.Cli rcmiirasse. - Bradamante paraît en costume de Temmc. — Toilette do bal. — Bcrüie pousse un cri et se sauve.)

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