MURAT, ANTOINETTE
murât, écrivant et disant les paroles de sa lettre.
«Chère Caroline, l’heure fatale est arrivée; je » vais mourir du dernier des supplices; dans une » heure tu n'auras plus d'époux, et nos eufans
MURAT
» n’auront plus do père : souvenez-vous de moi,
» et n'oubliez jamais ma mémoire. Adieu, mon » Achille ; adieu, ma l.ætîiia ; adieu, mon Lucien ;
» adieu, ma Louise. Adieu, je vous bénis. Rap- » pelez-vous que la plus grande douleur que j’é- » prouve dans mon supplice est celle de mourir • loin de mes enfans, loin de ma Femme. Recevez i » ma bénédiction paternelle, mes tendres larmes » et mes derniers baisers. Adieu, adieu; n'oubliez » pas votre malheureux père. Piezo, lé 15 octo- » bre 1815. Jovciiim Murat, a (Un moment de silence.) Et qui leur portera cette lettre?
Moi !...
MURAT
Merci, mon enfant ; je vous ai toujours trouvée ! à mes côtés quand il Fallait se dévouer... Vous me ; donnez un regret à ce moment suprême ; je n’ai | rien fait pour vous!...
ANTOINETTE
Je n’ai rien voulu, sire, rien, que vous suivre à travers votre carrière si éclatante et... si malheureuse!
MURAT
Eh bienl quand je ne serai plus. sou v enez-vous de ce que vous disait la reine, autrefois, à Naples... Allez auprès d'elle!...
-ANTOINETTE
J’irai lui porter votre lettre.
MUÜAT.
Et vous ne quitterez pas la reine.
ANTOINETTE
Alors, sire, ma destinée sera accomplie ; je ne serai à personne... qu'à Dieu!...
MURAT
Vous ne voulez pas revoir notre pays?...
ANTOINETTE
Je suis seule au monde, et je n’ai plus de pa- 1 trie !...
Ainsi donc vous allez vivre sans amis, sans j affections ?...
ANTOINETTE
Il en est une qui a rempli toute mon existence, et que j’emporterai au tombeau!... Sire, je puis parler maintenant. Depuis le jour où je vous vis pour la première fois jusqu’à ce moment fatal où nous sommes, j'ai vécu pour vous, pour vous seul... (Se reprenant.) Oh! pardon! je veux seulement vous dire que vous aviez là. presde vous, une sœur inconnue, heureuse de votre gloire, fière de votre splendeur , et aujourd'hui cruellement frappée par votre infortune!...
MURAT
Ah 1 pauvre enfant, venez donc dans mes bras... comme une sœur !...
ANTOINETTE
Sire...
MURAT
Il n’y a plus de roi !... il n’y a que Joachim Murat qui vous dit merci, car vous adoucisse/ l a- , mertume de son ômc!... (.4 Castagnac, qui est
entré.) Viens donc, mon vieil ami, viens!... j’ai du bonheur a me trouver entre vous deux!...
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