SCÈNE IX
Les Précédbns, NUNZ1ANTE, Soldats sur l'escalier extérieur; puis BAR RA RA.
murât, d \unziante, qui entre.
Merci, général ; vous m’avez tenu parole ; embrassez-moi, et retirez-vous ensuil#, si vous le voulez. (Le Général se jette dans ses bras en pleurant.) Du courage ; vous voyez bien que je suis tranquille!... Ma femme, mes enfans!... Mon Dieu, je vais mourir en chrétien!... Allons !...
11 regarde Castagnac et Antoinette, et sort : on le voit
descendre l’escalier. Nu miaule s'éloigne avec désespoir.
castagnac, à Antoinette, qui veut sortir .
Restez l...
AHTOINETTK, égarée.
Où allez-vous ?...
castagnac.
A travers les balles l... Je serai bien malheureux si je n’eu attrape pas unel... (Au moment
MAGASIN THEATRAL
où il va sortir , il aperçoit Barbara, qui entre par une porte latérale et va vers le fond. Les soldats ont quitté l'escalier.) Ah !... tu vas le voir mourir?...
BARBARA
Oui!..*
CASTAGNAC.
On t'a payé, tu es content; rien ne te manque?...
BARBARA
Rien !...
castagnac, lui arrachant un poignard de la ceinture, et le frappant .
Tu en as menti !...
Barbara, tombant.
* Àhl...
Castagnac s'élance au dehors.
Antoinette , tombant à genoux.
Mon Dieu! mon Dieu!...
Moment de silence.
murât , au dehors.
Feu !...
Coups de fusil. Moment do silence. Nunziante rentre par
une porte latérale, pâle, défait, accable. Des soldats, portant le corps do Murat enveloppé d’un manteau, montent l’escalier, puis traversent le fond du théâtre. D’autres portent Castagnac, qui indique du geste Antoinette, toujours agenouillée.
nunilante , allant à Castagnac.
Lui aussi!...
castagnac.
Je me suis jeté à travers les balles; je n'ai pu en attraper qu'une, mais elle est bonne!... Elle me suffit!...
nunziante, attendri.
Noble martyr de la fidélité!...
CASTAGNAC.
C'est moi qui ai puni le traître!... (A Antoineite.) Vous irez seule trouver la reine; moi, je vais rejoindre Mural... mon amil... 11 aura toujours son soldat auprès de lui!...
Il meurt, tandis que Nuiuiante, les officiers et les soldats se penchent vers lui avec attendrissement. Antoinette est à genoux, plongée dans un morne désespoir. *
>%wvv»»www>wvwwwvmwwvvwwvwwmwwwvvwwwwwvvwwww>wvw»vvwwwwwvwvw^w\ww>>
Douûrmc tableau.
Le théâtre change et représente une voûte jetée sur un fleuve qui borde les Champs-Êlysées. L’aspect de la scène est sombre et religieux. D’un côté du fleuve sont des maréchaux de l’empire, et d’autres guerriers célèbres ; de l'autre, un nocher dans sa barque. Bientôt Murat parait, appuyé sur Castagnac, et se présente au nocher, qui le reçoit avec respect. La barque se détache, traverse le fleuve, et les maréchaux viennent à la rencontre de Murat, qu’ils accueillent avec un respect douloureux et des sentimens d’affection.
Œrrisirme tableau.
La barque traverse de nouveau le fleuve, et, cette fois, elle porte Napoléon.
Cdutttomnnr tableau.
Les Cbamps-Élysées. — Les guerriers célèbres des temps anciens et modernes paraissent sur le théâtre, les uns se promenant le long des allées, le* autres réunis en groupes. Quelques-uns sont assis sur un tertre élevé. Parmi ces personnages illustres, on remarque Annibal, César, Alexandre le Grand, et différens capitaines grecs et romains, ainsi que Charlemagne, Frédéric le Grand, Turenne, Coudé, Washington. De 9 maréchaux de France, sous Napoléon, sont groupés avec des généraux fameux de tous les temps. Tout à coup une musique religieuse se fait entendre, et tous ces guerriers expriment un sentiment d'attente et de curiosité. Napoléon apparaît parmi eux cl se trouve entouré, avec des marques de respect et d’admiration. 11 regarde autour de lui : scs maréchaux se prosternent et lui rendent hommage. Un seul se tient à l’écart, triste et rêveur: c’est Murat. Napoléon fait quelques pas vers lui , le regarde avec amitié, et lui tend la main ; puis tous deux se jettent dans les bras l’un de l’autre. Tous les personnages expriment l’attendrissement; la musique fait entendre une solennelle mélodie, et une
imerie de V e DonpEY-Durarf, rua S^st* bcuU, 46, au Marais.
d’ lnvsnt: