HERMANN
On a crié aux armes 1
FRANTZ
L’homme au grand panache!...
On entend les cris : Aux armetl qui se répètent dans les ligues. — • Coups de feu ; mouvement dan*» le camp. — Les soldats qui sont en scène s’éveillent et se lèvent: quelques-uns prennent l«»urs fusils, d autres expriment i une frayeur superstitieuse. — Le Général et le Colonel sortent précipitamment de la tente.
Soldats, visez juste!... un grade et deux cent j florins à celui qui abattra le chef de cette , troupe !
Mouvement tumultueux rapproche; bruit de chevaux et d'armes.
SCÈNK III.
! Les Mènes, MIRAT. Cavaliers, LÉONARD.
ANTOINETTE
; Muret puait couvert d'un manteau qui lui laisse la beno du mouvement; «* coiffure est surmontée «un I grand panache blanc ; i\ trappe avec son sabre » drmi et à gauche, et se (ait passage A travers les solda' autrichiens. — Ses entier, le suivent en gtou- • serré. ()n tire sur eux ale tout côte. — Murat et troupe gagnent le chemin de la colline. — Murat * retourne tout-à-coup et revient *ur ses fit.
UN CAVALIBR.
Où .il 5 07 von:?
MURAT, H
MURAT
Je veux oe drapeau !
Il court à un drapeau, l'enlève aux soldats qui le défendent, et regagne le cltemiti de la colline. — Il disparaît avec sa troupe au milieu des coups de feu. — Le Général et le Colonel sont sur la colline. — Antoinette, pendant le tumulte, s'est trouvée sur le passage de Murat, et l’a reconnu. — Elle est venue à l'avantscène, où elle est auprès de Léonard qui exprime une vive frayeur. — Le camp rentre pet» à peu dans le repos.
ANTOINETTE, à part.
C’est lui!... c'est lui 1... (Haut, à Léonard.) Vous l’avez reconnu? ..
Léonard, avec précipitation.
Si je l'ai reconnu !... je n’avais pas besoin de le voir pour oela... Puisque ce n’était pas le diable en personne, ça ne pouvait être que Murat 1
ANTOINETTE
Je sais où il va 1
LÉONARD
Parbleu! vous savez tout ce qu’il fait!... Ahl ça, ma très-imprudente compatriote, tâchons un peu de ne pas faire de folies... Vous avez voulu vous faire soldat; c’est votre idée, vous étiez i libre; accordé!... Moi, on m'a nommé soldat j malgré rues réclamations, on m’a emballé pour l'Italie, et Murat allait me dégager du scnrice ; militaire pour me faire entrer dans les vivres, lorsque les Autrichiens m’ont fait prisonnier de guerre, moi, ancien clerc de procureur!.. .Vous étiez ma voisine dans cette circonstance orageuse, et vous avez été appréhendée au corps en même temps que moi.
ANTOINETTE
Oui... heureusement cette bonne Marianne a été sauvée par son frère...
Oh! pour celle là, elle est cantinière, elle doit ! s’attendre à quelques petits inconvéniens... Bref, j puisque nous pouvons causer un instant, je vous recommande la prudence... Ces gens-la ne se gê- j nent pas pour vous gratifier d’une balle dans la tête... Tâchons de ne pas les indisposer mal à propos... Cl là-dessus, bonne nuit, et que le ciel j me transporte en songe dans mon élude de procureur!
Il s’éloigne.
Antoinette, qui Va écouté avec distraction.
Oui, c’est à Plaisance qu’il courait à travers les dangers 1... U faut qu’il l'aime bien, cette femme qu’il va chercher dans la ville assiégée, en pas gant au milieu de toute une année!... Oui. il l'aime bien!... et moi?... .Mais ai-jc le droit d’a- , voir même de l’espérance!... Je ne voulais d’abord que me dévouer à lui silencieusement et sans penser à l’avenir... Eblouie par l’éclat qui l’environne, reconnaissante du secours qu'il m’avait porté à Paris, j’ai quitté pour le suivre, la France, où j’étais seule et abandonnée ! Eh bien 1 je continuerai ma tâche obscure et mon entre-
prise toujours ignorée, peut-être. . Qu'importe., je l'aime !
Elle vt auprès de Léonard et s'assied à terre. — Des soldats réunis en groupes épar*, causent à voix bas e, d’autres s’endorment. Le Gênerai , le Colonel et des Aides de camp descendent la oolline et remontent la scène.
le colonel, au Général.
Si cet homme renouvelle encore cette inconcevable tentative, nos soldats s’abandonneront à une terreur panique...
Mais qui donc nous apprendra quel est cet homme ou plutôt ce démon?
Barbara , qui s'est avancé tant être aperçu dm Général.
Je vous le dirai, général.