SCÈNE IV
Les IfienEs, MURAT, MOURAD-BEY.
murât, s’avançant, tandis que Mourad reste au fond et donne des ordres
Comment, Castagnac !...
Pardon et excuse, général; mais, vois-tu, ça ne m’allait pas de te voir aller tout seul... et vu qu’il est écrit dans Mathieu Laénsberg que nous ne devons jamais nous quitter, me voilà, présent!
MURAT
liais tu n’avais pas demandé la permission...
CASTAGNAC.
Le brigadier m’a laissé filer... D’ailleurs, il parait que j’ai bien fait.-. Tous ces Turcs et ces bayadércs sont flattés de ma visite.
MURAT
Alors je n’ai rien à dire.
CASTAGNAC.
Sacrodious! je veux aller en retraite à la Rastivc avec une douzaine de ces divinités!... quel tremblement ! ( Mouvement dans la tente. Mourad fait asseoir Murat sur de riches coussins. Castagnac reste à la table où il était assis. Les Mameloucks se rangent , et les Aimées commencent leurs danses. Ballet. Un coup de canon se fait entendre d'un côté, un autre lui répond dans une direction opposée. Murat et Mourad se lèvent. Castagnac : ) Qu’est-ce qu’il y aî Ona appelé?... vous repasserez plus tard! Sacrodious ! ça va faire des malheureuses I...
MURAT
Mourad, le canon que nous Yeoons d’entendre nous annonce que la trêve est expirée... Il faut nous séparer!
MOURAD
Adieu donc, et qu’ Allah te conduise et te donne des jours heureux ! Le génie des batailles 'a descendre sur ce rivage; maintenant je ne voudrais plus te rencontrer pour lutter avec toi !
MURAT
Adieu... merci de la généreuse hospitalité!... Mameloucks, recevez le salut d’un soldat... Mourad, ta main !... Ce n’est plus qn combat singu-
lier qu’il faut entre nous, le vainqueur serait à plaindre ; nous voulons une autre lutte, n’est-ce pas?... A celui qui portera le plus avant dans la mêlée la noble bannière de sa patrie !
lia se prennent U main et sortent de la tente à travers les Mameloucks et les Aimées.
castagnac, au moment où l’on s'éloigne.
On s’en va, on part, on détale!... Sacrodious! sans odalisque, sans bayadère!...
Mourad a reconduit Murat qu’on voit s’éloigner.
MOURAD
Il faut se préparer au combat !... qu’on enlève la tente!... Ben-lsmaél, conduis les femmes du côté des pyramides!... Allons! si les Arabes qui viennent a nous peuvent nous joindre, nous forcerons les Français à se retrancher vers Aboukir, et celte plaine sera libre, et les bords du fleuve seront à nous !
La tente est enlevée ; des Mameloucks traversent la scène portant des ordre». Les Femmes de Mourad-Uey sont placées au milieu d’une escorte et s’éloiguent ver» les pyramides.
un mamelouck, à Mourad.
Seigneur, El-Modhy, celui que les Arabes appellent l’Ange exterminateur, vient des pyra mides, rapide comme la foudre, et sème l' épouvante devant lui !
• MOURAD
El-Modhy 1... Mortel ou démon, il va faire des Arabes des lions indomptables !... C’est le génie de la destruction et du carnage!... Le voilà! le ▼oilà !...
El-Modhy traverse le fond du théâtre ; son costume est étrange, et son cheval galope avec fureur. Des Arabes le suivent ; ils disparaissent le long du fleuve. Bruit de tambours et de trompettes, cris de guerre Le combat s’engage entre les Français , les Mamelouks et les Arabes. Les Arabes et les Mameloucks tendent & »e réunir, mai» les Français s’efforcent d’empêcher cette jonction. La cavalerie de Mourad fond sur l’infanterie française, qui no &e laisse pas entamer. Lutte opiniâtre. De temps à autre, El-Modhy paraît sur la scène, et son aspect excite les Arabes.
MURAT
Nous n’en finirons qu'en précipitant dans le fleuve ce troupeau d’Arabes !
Il se jette avec sa cavalerie sur les Arabes, qui résistent un instant, mais qui se livrent bientôt à une terreur panique. Il sont poussés au bord du fleuve, et la plupart s’y précipitent ; on les voit essayer do le traverser, mais ils disparaissent dans les eaux.
MOURAD
Les misérables! [il va au milieu des Arabes , et se trouve enveloppé par des cavaliers français.) Prisonnier! prisonnier!... non, la mort!... murât, accourant.
Mourad, lu ne perdras ni la liberté ni la vie a cette place où tu m'as reçu avec amitié!... Pars!.. Soldats, qu’on lui livre passage!... Nous avons la victoire pour rançon de Mourad !
MAGASIN THEATRAL
■odud, à Murat.
Merci ! j’accepte, car c’est ainsi que je t’aurais traité t... Adieu !...
11 rejoint les Mameloocks , {ait encore quelques efforts et ■
se dispose à la retraite. Les Arabes son en désordre et dispersés. El-Modhv, resté des derniers, s'élance dam le fleure 1 travers fa mitraille , et disparaît comme une vision fantastique. Tableau.