SCENE m
Lis M frais, LE PÈRE CASTAGNAC.
LE PÈRE CASTAGNAC.
Ce vagabond d'apprenti a laissé la boutique dans un état comme si le diable y avait passé 1
MARIANNE
Comment, mon père! voilà toute la toilette que vous avez faite?
LE pfrll CASTAGNAC.
Es Me que je n’ai pas changé de chemise ?
MARIANNE
Enfin , à votre idée !
LE PÈRE CASTAGNAC.
Boni fa ira comme ça. Pardieu, Murat ne pensera guère à venir me chercher; en tout cas il sait bien que je suis toujours terrarier... il n'y a pas si long temps qu'il était là devant la porte à faire des folies avec ton frère I
LEONARD
Oui, mais aujourd'hui il est prince de l'empire 1
LS pfrtE CASTAGNAC.
Vous croyez î
MARIANNE
Voilà comme vous êtes, mon père, nous devons bien le savoir, ce me semble 1
Ehl nom d'un diable! je ne dis pas qu’il soit simple soldat comme ton frère 1... il a un grade, c’est sûr ! mais on ne fera pas croire à un vieux loup comme moi , qu'on a fait ce qu'on appelle un prince avec quelqu'un de la Bastidel
LEONARD
II faut pourtant bien qu’on les tire de quelque part les princes 1
LE PÈRE CASTAGNAC.
Allons, boD ! je le veux bien. Un prince qui a fait les cent dix-neuf coups, là, dans ma boutique, et qui m'a crevé plus de vingt fois le soufflet de ma forge ! Brrrrr I
Marianne, avec impatience.
Eh bien I il a crevé aussi les armées ennemies 1 Est-ce terrible çaî toute l’Europe sait que Murat est prince; il n’y a que mon père qui ne veut pas en convenir.
le PÈRE CASTAGNAC, criant.
Il est prince! il est roi 1...
MARIANNE
1 le sera peut-être bien roi.
LE PÈRE CASTAGNAC.
Brrrrr !... Allons donc! si je dis qu’il n'est pas prince, c’est que nous avons aboli les princes et
les seigneurs sur la place de la Bastide en 92,
. et qu’on n’en fait plus depuis la révolution' YoiUt
LÉONARD
Père Castagnac, Napoléon en a fait quelquesuns, sans compter qu’il en fera encore.
LE PÈRE CASTAGNAC.
Bttttt!
Cris, acclamations.
LÉONARD
Les voici I... le vais prendre ma place parmi les autorités.
Des Paysans accourent et cherchent à se placer de manière à bien voir le cortège. Cris , acclamations plu rapprochés. *
MARIANNE
Je n’ai pas la patience de les attendre I LE PÈRE CASTAGNAC.
Reste id, Marianne: je ne veux pas que tu me laisses tout seul... Triple marteau! dire que je vais voir mon fils!...
MARIANNE
Eh bien 1 mon père , on dirait que vous elle» pleurer?
LS PÈRE CASTAGNAC, e'eltuyanl Isi yeux.
Non, su contraire.
Mooremcnt général. La scène se garnit de Paysans et d'Babitans de la Bastide. Le Maire et ses adjoints se placent sou l’are do triomphe. On voit arriver l’eseorte de Marat, le Préfet, des Fonctionnaires, puis Murat, Castagnac, tout le cortège.
cris prolongée.
Vive Murat I vive Murall