SCENE VIII
MURAT, BARBARA. LE GÉNÉRAL NUNZIANTE, ANTOINETTE, LÉONARD, Courtisans, Officiers GÉNÉRAUX, LA CoiiR , puÙ (iCS G EX S DU PEUPLE.
UN HUISSIER, à haute voix.
L« roi I
Tout le monde s’incline profondément devant Murat, qui salue avec une dignité affable.
MURAI*.
MURAT
Laissez entrer le peuple I... il m’a si bien accueilli dans les. rues de Naples, qu’il est juste ne j<* le reçoive dans mon palais... Messieurs, c'est uu jour de fête pour tous!., l/eniiemi nous insultait de ses regards du haut de ses rochers de Caprée... nous l’en avons chassé, et maintenant celle mer appartient toute entière au pavillon napolitain!
Le peuple est entré.
LR GÉNÉRAL NCXZIANTK.
Sire, c’est un événement qui illustrera votre règne.
MURAT
Et surtout le général Lamarquet... (Ju.z Officiers, aux Courtisant et au Peuple.) Messieurs, cette conquête n'est qu’un prélude à d’autres victoires; il faut que ce royaume tienne sa place en Europe!... Je suis un soldat couronné, mais j’ai à cœur de remplir tous mes devoirs de souverain. Vous aviez une année mal vêtue, mal commandée... nous l'avons portée à soixante -dii mille hommes de belles troupes; uia garde royale est composée de l’élite de votre jeunesse, et j'ai mêlé à ses rangs des guerriers sortis des légions françaises, des vétérans d'Arcole, des F^ramides et de Marengo l... Ils vous apportent des souvenirs de ploire et des exemples qu'il faut imiter! Pendant que l'armée de terre grandit ainsi , des vaisseaux et des frégates sortent incessamment des chantiers de Castellamare.... Napolitains , aujourd’hui vous êtes un grand peuple, et Napoléon a souri à cette J résurrection de votre puissance! ( Acclamations .) | Bientôt les traces de vos discordes seront effacées ; :
j’ai réuni des familles que divisaient des haines ; séculaires, et arraché aux prisons de tristes victimes de l’arbitraire et du despotisme ! Je suis sorti 1 du peuple, et le peuple me trouvera toujours compatissant a son infortune!
U.VK JEUNE FILLE.
Sire! sire!
MURAT
Laissez approcher cette jeune fille... [La jeune | fille vient à lui.) Que voulez-vous, mon enfant ?
LA JEUNE FILLE
Sire...
Parlez... Demandez-vous justice?
LA JEUNE FILLE
C’est votre pitié que j'implore...
MURAT
Ne tremblez donc pas ainsi.
LA JEUNE Fil IE.
Sire, mon père est en prison, condamné... condamné à mort!
MURAT
Qu’a-t-il fait?
LA JEUNE FILLE
Mon père s'appelle Ruffo...
MURAT
Un des chefs des révoltés de la Calabre !
LA JEUNE FILLE
Oui, sire...
MÜRVT.
Malheureuse enfant ! voire père est un de ceux qui ont provoqué une loi terrible, inexorable!... Ma clémence est enchaînée!
UN huissier, annonçant .
La reine !
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