‹ Murat trois actes, quatorze tableauxChapitre 63 sur 102 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les Mûmes, CASTàGNàC.

MURAT

Et d’où viens-tu î

Je viens de déjeuner.

MURAT

Ah!

CASTAGNAC.

Oui, ça n'a pas été long ; celte gueuse de redoute coupe l'appétit à tout le monde!... faudra qu’on finisse par nous y envoyer.

MURAT

Tu crois donc que la cavalerie pourrait y pénétrer?

CASTAGNAC.

Elle entre partout, la cavalerie, quand même ce J

serait dans les tours de Notre-Dame! J’avais -

envie de lui dire ça au déjeuner.

MURAT

\ quoi aurait servi tout ce que lu aurais pu dire?

CASTAGNAC.

Dam ! le particulier qui m'avait invité a le bras pas mal long.

MURAT

Quelque sous-officier?

CASTAGNAC.

Mieux que ça !

Ton capitaine?

CASTAGNAC.

Va toujours!

MURAT

Un colonel... un général!

CASTAGNAC.

Brrrnr ! comme dit le père (.astagnac!

MURAT

Un maréchal !

CASTAGNAC.

Lui!... c’est lui qui les fait, les maréchaux, et tant qu’il veut!... L’empereur, en propre personne 1

MURAT

Tu es fou 1

CASTAGNAC.

Ni fou, ni... gris!-., j’ai eu la chose de respecter les bouteilles, à cause de la société... Oui, # sacrodious! le véritable empereur!

MURAT

Je ne comprends pas !

CASTAGNAC.

Voilà!... Tu sais bien que l’autre jour je suis arrivé à l'heure et à la minute pour casser la tête à quelques Russes qui te serraient de trop près?

Oui; sans toi je n’allais pas plus loin.

CASTAGNAC.

C’était une bagatelle!... Mais ça ne te change pas le cœur d'ètie roi, et tu es bon comme à la

Ratisdr... Quand l'empereur a passé la revue, tu m’as pris par la main et lu lui as conté l’histoire... Même que tu as dit: « Mon frère, voila un brave, un ami du temps de ma nourrice, qui vient de tue sauver la vie. »

MURAT

Et plus tard je lui ai dit combien tu m’étais dévoué; je lui ai dit que tu n’avais pas voulu de grade, et que tu étais mou ami.

CASTAGNAC.

C’est ça qui lui aura chauffé la tète à mon égard, et qu’il a eu l’idée de passer avec moi un quart d’heure d’agrément, bref de trinquer ensemble... Ce matiu, un aide de camp est venu nie faire la politesse de sa part, comme quoi l'empereur me priait de lui faire l’honneur de déjcuuer avec lui.

murât, riant.

Et tu as accepté ?

CASTAGNAC.

Oui, je ne suis pas fier. Nous avons mangé un morceau sur le pouce; U a bu un coup, j’en ai bu plusieurs, et nous nous sommes quittés comme une paire d’amis... Ah ça, j’y vais un peu du pied droit et du pied gauche, dans les honneurs! je fréquente un empereur et un roi, sacrodious ! Tiens, voilà Léonard!... il profite du moment où les prunes ne tombent pas pour venir te parler... En voilà un qui aurait voulu que tu laisses a Niaples tous les pékins de la maison royale, à commencer par le chef de file des huissiers... Sarrodious ! les coups de canon le font sauter comme une carpe !

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