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LES ENFANTS A L \ GRAPPE

(Musée de Munich.)

MURILLO. ilo

louables et les plus généreuses sont faites de tous côtés pour venir au secours de la peinture, de la sculpture et de l'architecture, où Ton crée à Madrid l'Académie San Fernando, à Séville F Académie des Beaux-Arts, à Valence l'Académie San Carlos, à Saragosse l'Académie San Luis, que la décadence s'accentue. L'art, comme l'amour, n'a point de règle et souffle où il lui plaît.

La réputation de Murillo avait depuis longtemps franchi les frontières del'Andalousie et était arrivée jusqu'à Madrid. Ses chefs-d'œuvre de la cathédrale, de l'église de Sta Maria la Blanca, de l'hôpital de la Charité, du couvent des Capucins de Séville, célébrés à F envi, avaient donné au pauvre Charles II, qui de l'héritage ancestral n'avait conservé que l'amour de l'art, le désir d'appeler auprès de lui le plus grand peintre de son royaume.

Vers 1670, il lui fit offrir la place de peintre du roi avec tous les avantages attachés à cette dignité si enviée. L'artiste n'avait pas oublié les transes que vingt ans auparavant il avait ressenties à Madrid pour son compatriote et protecteur Velazquez lors de la disgrâce du comte duc d'Olivares. Il décimales avances du monarque, quelque flatteuses et avantageuses qu'elles fussent. Il ne se trouvait plus assez jeune pour affronter la Cour perfide en embûches; il ne put se décider à abandonner sa ville natale où il avait pour ainsi dire toujours vécu, où tout le monde le connaissait, l'aimait, l'estimait, où le chapitre, le clergé des paroisses, les supérieurs des communautés religieuses, les amateurs se disputaient les moindres productions de son pinceau.

Lorsque Murillo eut achevé la décoration du couvent des Capucins de Séville, il partit pour Cadix afin de s'acquitter de rengagement pris depuis longtemps déjà, mais sans cesse différé, de peindre pour le monastère du même ordre un grand tableau représentant le Mariage mystique de sain te Catherine et quatre autres toiles de moindre importance. H lui était attribué pour le tout 900 piastres léguées au couvent, en vue de cette décoration, par Juan Violato, riche Génois fixé dans cette ville.

Une chute qu'il lit du haut de l'échafaudage où il était monté pour peindre le groupe principal du Mariage mystique de sainte Catherine, le mit dans l'impossibilité de poursuivre son travail, plus tard terminé par son élève Meneses Ossorio.

Fort souffrant, il reprit le chemin de Séville . Les fatigues et les incommodités du voyage aggravèrent- elles son état? Peut-être. Toujours est-il qu'il arriva chez lui fort affaibli et très déprimé. Depuis lors, jusqu'à ses derniers jours, il ne fit plus que languir. Dans les premiers temps de son retour, il allait encore à petits pas. à travers les rues, à la cathédrale, aux églises, aux chapelles, aux couvents, à l'hôpital de la Charité, revoir les productions de son pinceau et prier humblement aux pieds des autels vénérés; mais ces promenades s'espacèrent pour cesser bientôt. Il fut vite réduit à ne plus quitter la chambre et à prendre le lit. 11 s'éteignit le 3 avril 1682 (1 ).

(1) Le jour môme de sa mort, Murillo avait fait appeler le notaire Antonio Guerrcro pour lui dicter son testament. Dans cet acte,

Cliché Hanfstaeogl.

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