LE JEUNE POUILLEUX
(Musée du Louvre.)
Isidore de la basilique sévillanne qui empruntent leurs traits aux licencies Alonso de Herrera et Juan Lopez Tavaran. Bien d'autres sont dans le même cas et très certainement l'apôtre saint Jacques et les trois saints François de Paule si individuels du musée du Prado ne sont que des portraits.
Dans ses portraits, dans ses tableaux religieux aussi bien que dans ses compositions profanes. Murillo a donne une large part au paysage dont, à une époque où il comptait si peu. il a été loin de méconnaître l'importance. Il avait commencé par demander ceux qui servent de fond à certaines de ses toiles à un Basque, Ignacio Iriarte, qui les faisait « trop bien. » disait-il. « pour ne pas peindre d'inspiration divine ». Plus tard, son collaborateur et lui se brouillèrent, le premier ayant refusé, à propos d'une œuvre commune, d'exécuter les fonds avant que le second n'ait brossé les figures. Murillo. sans plus attendre, se mit à essayer d'interpréter lui-même la nature extérieure. Il y réussit au delà de ses espérances.
Les paysages de Murillo sont fins, délicats, décoratifs au suprême degré : mais, comme tous ceux de son temps — les paysages de Velazquez mis à part, — trop conventionnels et trop factices ils manquent de sincérité, de naïveté. Toujours brillamment peints, ce ne sont néanmoins que des productions synthétiques dans lesquelles l'imagination domine et dont l'arrangement est la loi suprême, n'ayant d'autre but que de servir de cadre, d'accompagnement à la scène à laquelle ils servent de milieu ou de complément :
d'en élargir la combinaison pittoresque, de la fixer pour ainsi dire d'une façon stable. C'est quelque chose, ce n'est pas suffisant. Murillo sentait instinctivement, sans peutêtre s'en rendre bien compte, le besoin d'accompagner ses figures de fonds plus caractérisés, d'une énergie plus expressive, il s'est arrêté trop tôt. Il n'a pas osé briser les moules factices, mettre au rancart les conventions et les théories à la mode ; il a cru jusqu'à un certain point aux fantaisies pseudo-antiques de la plupart de ses contemporains. La voie lui avait cependant été tracée par Velazquez et même par d'autres, témoin Estéban Collantes qui poussa la pratique du paysage jusqu'à en faire le motif principal, pour ne pas dire unique, de ses productions.
On trouve cependant deux paysages de Murillo au musée du Prado, tous deux des plus curieux; l'un représente de pauvres terres vallonnées que traverse un ruisseau, et au fond un rocher vertical appuyé à une montagne ; l'autre, les bords d'une rivière plantés d'arbres et meublés de fabriques; un second cours d'eau occupe les derniers plans, traversé par une barque montée par un passeur qu'un gentilhomme attend sur la rive opposée. On peut encore, avec une quasi-certitude, attribuer au peintre Sévillan, deux autres interprétations pittoresques de la nature : la première, à l'Ermitage à Saint -Pétersbourg, représente un château en ruines auprès d'un bouquet d'arbres étoffé de petits chasseurs; la seconde, qui fait partie d'une collection anglaise, est une vue de montagnes.
Néanmoins, malgré ces études assez proches de la réalité,
Cliché Hanfstaengl.