DON ANDRES DE ANDRADE
(Nortlîbrook Gallcry.)
Murillo tomba en pleine maturité, avant que la vieillesse lui ait fait sentir ses atteintes, à l'instant du complet épanouissement de son génie. Sa vie simple, tranquille, exempte de besoins et de soucis, fut celle d'un sage. Il n'a pas manqué un seul jour à sa destinée, et c'est l'essentiel. Rien dans son existence n'a été livré à l'imprévu, au basard. Il a peint dans le milieu où il était nécessaire qu'il peignît. Il ne se laissa pas éblouir par l'ambition dévorante, il ne fut pas tenté par les avantages trompeurs que lui aurait procurés le séjour à la Cour. Du monde, il ne vit et ne voulut rien voir. Son univers se réduisit aux églises et aux couvents dont il décora les murailles avec les créations de son pinceau. Prêtre sans soutane, religieux sans froc, il fut un apôtre évangélisant avec ses compositions d'un mysticisme chaud, d'une dévotion enflammée. Il posséda ce qui lit défaut à Rubens, selon Fromentin : les très purs instincts et les très nobles. La tâche de la journée finie, il se délassait au milieu des siens, avec ses enfants, dans le commerce d'amis choisis, fidèleset pieux : Don Gonzalezde Léon, l'archidiacre de Carmona Don Juan Federigui, le prébendier de la métropole Don Justino Neve y Yévenes, les licenciés Alonzs.Herrera et JuanLopez Tavalan, son confrère de \dillermandad de la Car idad Dow Miguel de Manara, qui expiait dans de terribles austérités les erreurs de la première partie de sa vie.
Dôna Béatriz Cabrera de Sotomayor ; il fît son lestanient devant Juan Antonio Guorrero, notaire assermenté de Séville et le licencié Francisco Gonzalez de Porras célébra à la messe de funérailles. »
Finissons en citant cette phrase si juste d'Éduardo de Amicis disant qu'on admire Velazquez. mais qu'on adore Murillo : « Il était beau, il était bon, il était pieux, l'envie ne savait où le mordre, et autour de sa couronne de gloire, il portait une auréole d'amour. »