‹ Murs et coutumes de l'AlgérieChapitre 5 sur 34 · LE JEÛNE, LE RAMADAN. G · texte numérisé non relu

LE JEÛNE, LE RAMADAN. G

lier le jour suivant; autrement, et ])icn qu'on jeûnât ce jour-là, le jeune ne serait pas compté.

Pendant le temps du jeûne , on ne peut ni embrasser ni étreindre, ni se laisser aller aux mauvaises pensées qui peu^e^t faire perdre à l'homme sa force. Il faut s'abstenir durant tout le jour de relations avec sa femme.

Celui qui jeûne , homme ou femme , ne peut goûter aucuns mets, ni ceux qu'il prépare, ni tout autre.

11 ne peut se servir d'aucun remède pour les dents; car toute chose, aussi minime qu'elle soit, qui entrerait dans l'estomac romprait le jeûne.

Si cependant on s'est mis du koheul aux jeux, et que le lendemain on le sente au gosier, le jeûne n'est pas rompu pour cela '.

La fumée de tabac elle-même, non-seulement celle que l'on aspire en fumant, mais encore celle qu'on respire en compagnie de fumeurs, rompt le jeûne; il n'en est point ainsi de la fumée du bois.

Celui qui, de son plein gré et non par oubh ou par ignorance, a mangé, se trouve dans le cas dit keiifura; et, pour se racheter, il donnera soixante

1. Nous ne nous expliquons point cette plirase. Elle est tout au long dans l'ouvrage de Sidi-Khelil, au chapitre El Siam, commenté par Sidi-Abd-el-Baki. Comment la poudre d'antimoine peut-elle aller des yeux au gosier ? Quoi qu'il en soit , cette réserve caractérise bien le scrupule avec lequel les musulmans observent e/Siom.

jointées de blé aux pauvres, une à chacun, ou jeûnera deux mois de suite, ou affrancliira un esclave.

Toutefois, un homme très-avancé en âge peut se dispenser de jeûner, pourvu qu'il donne chaque jour une jointée de blé aux pauvres.

En cas de maladie grave, on peut remettre le jeûne, et le cas est décidé par un médecin ou par l'autorité d'un homme sincère.

La femme enceinte, en couches, ou qui allaite, peut se dispenser de jeûner; il en est de même de celui qui est fou et de celle qui est folle.

Quand un homme a besoin de faire travailler sa femme, il peut encore l'autoriser à manger.

Si le Ramadan tombe au moment des fortes chaleurs, on peut boire, mais à la condition de donner également du blé aux pauvres et de remplacer plus tard par des jours de jeûne ceux où le jeûne a été violé.

Sauf ces cas réservés, celui qui mange pendant le Ramadan peut être bàtonné, emprisonné, frappé d'une amende, suivant la volonté du kadi.

On rompt le jeûne de la journée en mangeant, aussitôt le coucher du soleil , des choses légères, ou des douceurs , ou des dattes , et en buvant trois gorgées d'eau après avoir fait cette prière :

« Mon Dieu , j'ai jeûné pour vous obéir, et je romps le jeûne en mangeant de vos biens.

« Pardonnez-moi mes fautes passées et futures ! y

Page 1