‹ Mœurs et monuments des peuples préhistoriquesChapitre 43 sur 107 · RER · texte numérisé non relu

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Fig. 33. — Bâton de:commandement trouvé à Lafaye.

dont nous n’oserions affirmer ja grande antiquité, M. Piette, dans une de ses nombreuses fouilles, a découvert une flûte toute primitive formée de deux os d’oiseaux; en les réunissant et en soufflant, on obtient des modulalions comparables à celles du pipeau des Océaniens dont Cook raconte la musique monotone.

Quelque temps après, M. Piette remarquait des os semblables dans la collection de la Rochebertier.

Nous ne connaissons jusqu'à présent aucune autre découverte du même genre.

Les instruments si curieux connus sous le nom de bétons de commandement apporteraient, sil en élait besoin, une preuve de plus que les hommes de l’âge de pierre vivaient en société et possédaient déjà une organisation et des chefs reconnus. Les bâtons de commandement sont de grandes pièces de bois de renne ou de cerf, travaillées avec art et présentant un type uniforme. Leur surface est ornée de sculptures, de gravures figurant des animaux, des plantes, des scènes de chasse. [ls sont plus épais que larges et le soin pris souvent de diminuer cette

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à une de leurs extrémités, de grands trous ronds dont le nombre

avant lasolidité (fig. 31, 32, 33, 34, 35). Presque tous sont percés

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Fig. 34. — Bâton en bois de renne avec un cheval gravé, trouvé à Thayngen.

varie. Quelques-uns ont été ajoutés après coup ; doit-on y voir le signe d’une hiérarchie où l’on franchissait des degrés succes-

sifs et où un exploit nouveau méritait une distinction nouvelle?

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Fig. 35. — Bàton de commandement trouvé à Montgaudier.

ILest difficile de le prouver, mais ces bâtons ne pouvaient servir

ni d'arme, nid’outil, et le soin pris deles charger d'ornements, le

long travail indispensable pour cette ornementation, montrent le prix que leur possesseur y attachait. L’impossibilité de toute autre hypothèse est la meilleure preuve que nous puissions donner de leur destination.

Parmi les merveilleux objets recueillis par le docteur Schliemann à Hissarlik, se trouvent deux fragments de bois de cerf percés de trous qui offrent une curieuse ressemblance avec ceux que nous décrivons. Nous pouvons aussi prendre comme point de comparaison le pogomagan, l'insigne des chefs Indiens de la rivière Mackensie, les Kemous tartares, les bätons parlants

Fig. 36. — Manche de poignard sculpté (Laugerie-Basse).

où les Australiens notent par signes les événements dont ils veulent garder la mémoire, les instruments analogues provenant de la Perse, de l’Assam, des Célèbes, de la Nouvelle-Zélande. Mais qu’est-il besoin d'aller chercher des exemples aussi loin? Le souvenir de ces anciens insignes ne s'est-il pas conservé jusqu’à nous et n'est-ce pas là l’origine du sceptre de nos rois ?

Ces bâtons ont été trouvés dans les grottes des Pyrénées, du Périgord, de la Charente, dans la caverne de Goyet en Belgique, à La station du Veyrier, en Savoie. A Thayngen, on en a recueilli jusqu’à vingt-trois percés d’un seul trou et quatre percés de deux trous. Nous ne pouvons omettre parmi ces témoins des âges écoulés un des plus intéressants, découvert l’année dernière à Montgaudier (Charente) (fig. 35). Il porte sur une de ses faces deux phoques, sur l’autre deux anguilles; les premiers surtout sont gravés avec une perfection de formes, une sûreté d> main, une

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finesse de dessin absolument surprenantes, quand on songe que l’artiste (on ne peut lui refuser ce nom) n'avait à sa disposition que quelques misérables silex, que quelques os grossièrement appointés.

Fig. 87. — Grand ours des cavernes, — Galet provenant de la grotte de Massat. (Collection Garrigou.)

Avec cette pièce, on recueillait des morceaux d'ivoire chargés d'ornements géométriques gravés au trait, des poinçons, des aiguilles en os, des couteaux, des grattoirs en silex et, ce qui est plus curieux encore, les débris du grand lion, de la grande hyène, du Rhinoceros tichorhinus, tous contemporains de la faune quaternaire la plus ancienne.

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Fig. 38. — Mammouth ou éléphant de la Léna.

Ce n’est pas seulement sur des bâtons de commandement que les hommes de l’âge de pierre exerçaient leur talent. IT a été découvert des sujets nombreux et variés gravés sur des plaques d'ivoire ou sur des pierres, sculptés sur les dents de l'ours ou

sur le bois des cervidés. Nous reproduisons un renne formant le manche d’un poignard (fig. 36), un ours avec son front bombé

Fig. 39. — Phoque gravé sur une dent d'ours trouvée à Sordes.

si caractéristique, gravé sur un fragment de schiste (fig. 37), un mammouth, sur une plaque d'ivoire, reconnaissable à sa longue crinière, à sa trompe, à ses défenses recourbées (fig. 38). Evi-

Fig. 40. — Fragment d'os avec dessins réguliers. — Kragment de côte portant une gravure d'ovibos, trouvé dans la grotte de Marsoulas. demment l'artiste qui rendait ces animaux avec une si exacte

fidélité vivait au milieu d'eux‘.

1. La première découverte de ce genre a été faite par M.Joly-Leterme, dans la

grotte du Chaffaud (Vienne): c’est un os de renne sur lequel se voient deux cervidés (A. Bertrand, Ac. des Inscriptions, 29 avril, 6 mai 1887).

La grotte de Lortet a donné un bois de cervidé sur lequel on distingue des poissons et des rennes, celle de Sordes un phoque

Fig. 41. — Tête de cheval (grotte de Thayngen).

buriné sur une dent d'ours (fig. 39), celle de Marsoulas un frag-

ment de côte portant un animal que l’on prétend un ovibos

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