‹ Mœurs et portraits du tempsChapitre 29 sur 111 · FONCIER · texte numérisé non relu

FONCIER

{Ces deux personnages entrent dans F enceinte de la Bourse par les deux grilles opposées et se dirigent vers Vescalier avec une certaine viva^ cité. Ils paraissent préoccupés Vun et F autre. )

LE CREDIT MOBILIER, à part.

Pins que jamais je persiste dans mon sentiment : j*aî besoin d'une affaire t Où trouver une affaire?

LE CRÉDIT FONCIER, à part.

y y ai bien réfléchi et c'est mon dernier mot : ii faut que je me renforce ! il faut que je me ren^ forcé !

( fis gravissent les marches en décrivant un angh qui doit les mettre nécessairement en contact. Au sommet du perron , ih te rencontrent, ) LE CRÉDIT MOBILIER, Tarré^inf.

Tiens , c'est vous? Vous ici !

LE CRÉDIT FONCIER, V imitant.

€omme vous voyez I Et vous donc ?

LE CRÉDIT mobilier:

{A part,) fortune, voilà ma combinaison!

[Haut. ) Enchanté de vous voir.

LE CRÉDIT FONCIER

( A part.) Dieu de hasard , voici mon homme!

[Haut ) Enchanté aussi,

LE CI^ÉDIT MOBILIER

( A part. ) Rompons les chiens d'abord ; il ferait le renchéri. [Haut.) Quel rude temps! Brrrrrl

LE CRÉDIT FONCIER

(A part.) Ne nous livrons pas; il serait intraitable.. ( Haut. ) Très-rude ! Brrrrr !

LE CRÉDIT j^oRiLER, gaiement.

Eh! eh! il me semble que je vous ai vu ailleurs qu'ici et sous un autre équipement. C'était le temps des beaux discours , et comme vous parUez alors de la Pologne ! Belle cause ! c'est dommage qu'elle ait fait le plongeon !

LE CRÉDIT FONCIER

( Sombre jxisqu^aux larmes. ) Ne m'en parlez pas ; elle a mon cœur jxmr tombeau. ( D'un ton enjoué.) Mais, vous, non plus, vous n'avez pas toujours porté ce costume? Je vous ai connu sous

TROISI&ME TABLEAU.. 113

rhabit bleu-barbeau des saint-simoniens ! Charmant négligé I En contiez-vous alors des drôleries ! Doctrine aimable , ma foi ! C'est dommage qu'elle ait coulé si promptement I

LE CRÉDIT MOBILIER

A ^ui le dites-YOusI Nous vivons dans un temps où rien ne dure i L'essentiel est de s&isir les choses à leur heure et de les lâcher à propos ! Vous n'êtes point étranger à cet art.

LE CRÉDIT FONCIER

{Haut.) C'est me flatter : un maître comme vous! (A part.) Décidément il n'est pas à ce qu'il me dit ; son esprit bat la campagne.

LE CRÉDIT JiOBILIER.

{À part.) Il me tâte, c'est évident ! Où veut*il en venir? Comme son œil plonge par-dessus ses lunettes !

[Vn moment de silence où ils s'observent avec opiniâtreté. Enfin j qttand ils se sont bien mesurés et reconnus de force égale y ils s'abandoîinent à un de ces rires que les augures devaient échanger en se rencontrant.) .

LE CRÉDIT MOBILIER

AIbns, voyons, accouchez, Polonais.

Ili LES DKTJX CRÉDITS.

LE CR^blT FONCIER.

Et VOUS donc, saînt^simonien?

LE CRÉDIT MOBILIER

Peste ! rien ne sert d'y mettre de la finesse avec vous!

LE CRÉDIT FONCIER

Pas plus qu'avec vous ; c'est du temps perdu.

LE CRÉDIT MOBILIER

Mieux vaut aller rondement, n'est-ce pas?

LE CRÉDIT FONCIER

Comme vous dites , rondement : marchez.

LE CRÉDIT MOBILIER

Eh bien ! en deux mots, j'ai besoin d'une affaire , d'une grande affaire.

LB CRÉDIT FONCIER

Je l'ai. Et moi, j'ai besoin d'un homme fort, très*fort, d'un homme en crédit.

LE CRÉPIT MOBILIER

Je suis cet homme et disposé à vous servir.

Quelle est votre affaire?

LE CRÉDIT FONCIER

Cent millions d'Obligations).

TROIglÈME TABLKAU lift

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