‹ Mœurs et portraits du tempsChapitre 40 sur 111 · UN SXÀMEN DE CONSCIENCE · texte numérisé non relu

UN SXÀMEN DE CONSCIENCE

reprend le. dessus. Des que j'aperçois , n'importe où, un piège tendu à la crédulité publique « une surprise exercée sur l'opinion , je suis tenté d'accourir. Il me semble que le devoir de ceux qui voient clair est de dessiller les yeux de ceux qu'on égare, et de proclamer la vérité hautement, même au prix de leur repos.

Et d'abord parlons des lettres : personne ne les tient plus en estime que moi. Je sais combien la carrière est ingrate, et de quels écueiis elle est semée ; je sais à quels persévérants efforts sont condamnés ceux qui la suivent, et tout ce qu'il faut d'énergie pour s'y frayer un chemin. Le cœur y saigne plus d'une fois , et les plus fiers comme les plus humbles y ont leur part d'émotions. Une lutte ardente jusqu'à rheur&du succès, et après le succès ces retoura obligés qui sont Ja condition de toutes les œuvres humaines : telle est la chance ; et comment ne pas s'intéresser à ceux qui l'affiroutent sérieusement? Mais à côté de ces athlètes courageux, il est des champions plus adroits qui savent faire violence à la fortune et la maîtriser au moyen d'ingénieuses combinaisons. Ceux-ci se décerneront des

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éloges de lesrs propres ipains; ceux-là aoront une légiop d'amis chargés de cet office, et enrôlés sous le drapeau de Tadmiration mutuelle; d'antres formeront des élèves, et les emploieront à dégrossir leurs travaux; d'autres enfin mettront Timagina* tion en entreprise, et défraieront cinq ou six publications à la fois. Quand les choses en sont là, comment ne pas.s^émouveir? Comment «e taire 9 II ne s'agit plus alors des lettres dans l'honorable acception du mot, il s'agit d-une véritable industrie, et d'une industrie de mauvais aloi;

Même distincti<^ pour les art^, même distinction pour la presse. Gertè»^ le moment serait mal chum pour dénigrer celle-ci; Me a assez d'adversaires sur les bras ; loin de moi la pensée d'en grossir le nombre. Je l'ai raillée quand elle était debout, quand elle avait la voix haute, quand elle régnait : aujourd'hui cette raillerie même aurait besoin d'adoucissement. Et cependant n'y a-t-il pas dans la presse bien des réserves à faire ? Peut-on tout comprendre dans le même estime, tout mettre sur le même rang? À côté d'écrivains consciencieux n'y en a-t-il pas qui le sont ihoins? N'existe-t-il pas

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une Umite où le jotirnal incline à la spéculation et oà il s'inspire â'intërets cfai ne sont pas fous dignes de son appui ? Ceât un douté que j'ëuiets, une question que je pose. Oh m*a parfois accusé d'être hostile A la presse : le ciel me préserve d'ajouter un prétexte de pldft à cette accusatioit.

Mais où je suis à f aiâë , où je trouve en iiioi une déflance profonde, active, invétérée, que je n'ai jamais cachée et ne cacherai jamais, c'est à propos de ce que l'on nomme les gens d'affaires. Et qu'on Sache tl'abord dans ((ael sens je prends ce nddt. Il ne s'agit point ici de ces hommes estimables à tant d'égards^ qui contrîbuetlt ft f accroissement de la fortune du pa^s/ négociants; armateurs, Inànufacturiers^ commerçants en gros et en détail, banquiers , piflciers ministériels , agriculteurs , et de tant d'autres encore , voués 'h des affaires sérietises, profitables, qui répondent à des besoins réels et suivent un dételoppemènt régulier sans recourir aux agitations de la Bourse ni aux stratagèmes du crédit. Les gens d'affaires pour moi , c'est une race à part^ toute moderne, tonte ré* cente > qui se rattache à Law et à l'abbé Teri^y ,

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