‹ Mœurs et portraits du tempsChapitre 47 sur 111 · L*ÉPIC1ERE · texte numérisé non relu

L*ÉPIC1ERE

Tout est bon , voisin ; ce que vous avez est bon ,

ce qu'il a est bon ;'il n*y a rien de mauvais. On s'est arrangé de manière à ce que tout fut bon et que tout le monde s'enrichit. Allez , nous avons affaire à de bien braves gens.

LA co UTU RiÈRE , Tompant le silence.

Alors l'Herserange est bon également.

L ' É p I CI È R E , d*un air surpris et charmé.

J'iens I vous aussi ? Nous voici au complet I Vous, petite sournoise? Vous avez de l'Herserange?

LA couïiTRièHE, Tougissànf, Oui , Madame , j'ai vendu mes Nord.

l'epicière.

Elle a vendu ses Nordll! Tu l'entends, Plumet! Ça a vingt ans et ça vend des Nord! N'y a-t-il pas de quoi te faire rougir jusqu'au blanc des yeux? Une enfant qui t'en remontre , qui fait la leçon à une barbe grise comme toi! Tu veux donc moisir §ur place, t'incruster comme une hnitre ! Tu veux rester tout à fait étranger à ton siècle, malheureux ! Quand j'y songe, j'ai presque envie de plaider en séparation.

178 L'BNTHOtJSUSME

1 ' li p i c I E R , avec dignité,

Toat vous est possible , madame Plumet , excepté de me corrompre. Plaidez.

l'épigiere.

Allons, voilà qu'il prend la chose de travers. Mais , vraiment , Plumet, je ne te reconnais plus : il faut que les événements t'aient gâté le caractère. Qu'est-ce que j'en fais après tout? Je songe à toi, ni plus ni moins. Je veux farracher à la mélasse et au ballet de chiendent , t'assurer un sort , te changer en propriétaire ♦ te mettre à la tête d'une jolie habitation, d'un potager, d'un verger, d'une bassecour, te ménager une ré traite comme à un dentiste ou un parfumeur. Et tu t'insurges ! Et tu protestes !

l'épicier, d^un ion ferme.

Oui, je proteste.

Page 1