LIVRE TI. — LES SPECTACLES
furent invitées parce que, & Olympie aussi, les prêtresses de Cérës, seules de toutes les femmes , assistaient à pareille fête. La construction simultanée d'un gymnase, uni à ses thermes, et la distribution d'huile faite au sénat et à l'ordre équestre, lors de Tinauguration de cet établissement*, manifestaient très-clairement le désir de l'empereur que des hommes des hautes classes participassent également à ces concours^. Effectivement, Palfurius Sura, fils d'un consulaire et homme aussi bien doué de sa personne que relâché dans ses mœurs, s'y produisit comme lutteur^. Cependant, il ne parait pas que ce scandale abominable, au point de vue du sentiment romain des convenances, ait poussé à l'imitation. Beaucoup de personnes avaient revêtu le costume grec pendant la fête^. Depuis la seconde célébration des fêtes néroniennes ou Néronées, en l'an 64^, il n'en est plus fait mention. Probablement, elles tombèrent
* Saétone, Dféron, chap. xii. — Dion Cassius, LXI, 21. — Tacite, Annales, XIV, 47.
2 Tacite, Annales, XIV, 20 : Quid superesse, nisi ut corpora quoque nudent (proceres Romani) et cœstus adsumant easque pugnas pro militia et anuis meditentur ?
3 Le scoliaste de Juvénal (IV, 53) dit, d'après Marins Maximus probablement : « Sub Nerone luctatus est » ; et pour Valla : « Luctatus est cum virgine Lacedaemonia in agone », ce qui est encore bien possible.
4 Tacite, Annales, XIV, 21 : « GraBci amictus, quis per eos dies plerique incesserant, tum exoleverant », c'est-à-dire qu'on était déjà tellement habitué à ce costume qu'il ne choquait plus, suivant l'explicaUon de
Nipperdey.
5 Tacite, Annales, XVI, 4, comme Eusèbe {Chron.), rapporte la seconde célébration de ces jeux à l'an 65, en partant de la supposition que le concours devait avoir lieu tous les cinq ans [quinquennale certamen), ce que ni la coutume grecque ni l'analogie des jeux actiaques et du concours capitolin ne permettent d'admettre. La période du renouveUement de ce dernier est aussi appelée lustre par.Slace {Silves, V, 3, 532) entre autres. — Voir aussi Mommsen, /. R. N., 5252. — Pour la persistance ultérieure des Néronées, on ne peut invoquer Gaylus [Recueil, I, tab. 86, 2).
â56 )](£URS ROMAINES.
bientôt en désuétude, au plus tard à la fondation des jeux capitolins. Gordien III les restaura^ dit-on, en Fan 240 ou 242, ou plutôt il les remplaça par une fête de l'institution nouvelle 2.
Le concours capitolin [agon capitolinus), fondé par Doniitien en 86^, ^gagna et conserva beaucoup plus d'importance. On le considérait aussi à Tégal des combats olympiques*. Il se tenait de quatre en quatre ans, vers le commencement de Tété, comme il parait*, ou vers le milieu de juin *, peut-être même sans que l'on eût bien fixé l'époque, mais toujours, nécessairement, dans la belle saison, parce qu'il fallait ménager aux compétiteurs d'outre-mer la possibilité de faire le voyage. C'est pendant les jeux capitolins que Maxime et Balbin furent assassinés, en 238^. On se disputait, à ces jeux aussi, la couronne dans les trois principaux genres, la musique, l'art équestre et la gymnastique. De plus extraordinaires, que Domitien avait joints au programme, furent plus tard abandonnés®. C'est ainsi qu'on laissa tomber le concours pour le prix d'éloquence grecque et latine; tandis que le prix de poésies grecque et latine, unique dans son
1 Aurélius Victor, Cœs., chap. xxvii : Luslri certamine quod Nero Romam invexerat, auctoque firmatoque in Persas profectus est. — L'expédition contre les Perses eut lieu en 241 ; c'est donc probablement en 240 que Gordien fonda son nouveau concours, année qui, d'après les calculs de la chronologie, aurait dû être celle de la 46" célébration des Néronées.
2 Catal. imp. : Agonem Minervœ instituit.
3 Morcelli, Sull* agone CapitoUno, 1^ éd.^ Milan, 1816.
* Franz, C, I. G,, III, p. 729.
* Morcelli, p. 12.
« Clinton, Fasti Romani, p. 252.
7 Hérodjen, VIII, 8, 3.
8 Suétone, Domitien^ chap. iv. — Voir aussi, pour les concours spéciaux, l'annexe n® 5.