LIVRE VI. — LES SPECTACLES
maux : toutes les quatre bâties après rachèvement de l'amphithéâtre Flavien, autour duquel elles paraissent avoir figuré un hémicycle, sur le mont Célius. Elles comprenaient des bâtiments spacieux, parmi lesquels on cite l'arsenal, la forge des armuriers et la chambre mortuaire {armamentarium , samiarium, . spoliarium)^ et avaient un nombreux personnel d'administration, notamment de maîtres d'escrime, de médecins, de comptables et d'inspecteurs des bâtiments ou des établissements auxiliaires. Le directeur général était un procureur pris dans l'ordre équestre. On avançait à ce poste soit des officiers en retraite , notamment des tribuns de légions*, soit des fonctionnaires de Tordre administratif^, jusqu'à des hommes ayant déjà précédemment figuré à la tête de l'administration fiscale de toute une province'. C'était un marchepied pour les hauts emplois de finance, en particulier pour celui d'administrateur de l'impôt sur les successions. Même la place de procureur adjoint d'une école impériale était encore un emploi considérable^. Hors de Rome aussi il y avait des écoles impériales de gladiature , dont trois nous sont connes : celles de Capoue^, de Frénésie^ et d'Alexandrie. Cette dernière existait déjà sous Auguste'^. Elles avaient chacune son administration distincte, comme d'autres encore peut-être.
Mais, en général, le nombre des gladiateurs impériaux
1 Henzen, 6520, 6158.
2 Gruter, 411, 1. ^ Henzen, 6947.
* Ibid., 6524.
'"' Vie de Didiv^ Julianus, chap. vin.
'^ Tacite, Animales, XV, 46. Cette école ayant eu une garde de soldats, il faut en conclure que c'était une école impériale. 7 Gruter, 389, 7 ; Henzen, 6158.
n'était pas assez grand dans les provinces pour nécessiter, dans chaque école, la surintendance spéciale d'un procureur attitré.
Le gouvernement de toutes les familles de gladiateurs de la Gaule , de l'Espagne , de la Germanie , de Tîle de Bretagne et de la Thrace reposait dans la main d*un fonctionnaire unique, ainsi que celui des familles de toute TAsie Mineure et de l'île de Chypre ^ Ces officiers faisaient sans doute , de temps en temps, des tournées dans leur ressort, pour prendre les mesures nécessaires, notamment aussi pour le choix du contingent d'élite requis pour les spectacles à Rome*; aussi devaient-ils entretenir une correspondance suivie avec les procureurs de la capitale.
11 est probable qu'en leur absence des procureurs adjoints se chargeaient de l'expédition des affaires courantes, dans chaque province. Les gouverneurs n'avaient le droit de requérir des gladiateurs et des bestiaires que dans la circonscription de leur province môme; pour le transport de ces gens d'une province à l'autre , il fallut , depuis le troisième siècle du moins, une permission impériale^. En Tan 57 déjà, un édit de Néron avait défendu aux magistrats et procureurs des provinces de donner, de leur autorité propre, des spectacles de gladiateurs, de combats
* Gruter, 402,4.
2 Dtgeste, XL VIII, 19, 31 (Modestinus, libre IH, de pœnis) : Ad bestias damnatos fayore populi prseses dimittere non débet, sed si ejus roboris vel artificii sint, ut digne populo Romano exhiberi possini, Principem consulere débet. § 1 : Ex provincia autem in proyinciam transduci damnatos sine permissu principis non licere Diyus Seyerus et Ântoninus rescripserunt. — Il s*agit ici de combats contre les animanx ; mais ces dispositions deyaient naturellement aussi s'appliquer aux gladiateurs.
3 Comparez le passage précité ayec Dion Cassius, LXXVI, 10.