LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS LEMPIRE ROMAIN
arguments 1 . De même qu'il y avait des actes d'accusation en peinture, il y avait aussi des demandes d'aumône peintes. Les naufragés et les imposteurs qui prétendaient avoir fait naufrage portaient ordinairement sur eux des images du sinistre dont ils se disaient les victimes, peint sur un fond de mer gros bleu 8 . On suspendait aussi de pareilles images dans les temples, en guise de tableaux votifs, notamment dans les sanctuaires dlsis, patronne de la navigation. On sait, dit Juvénal 3 , qu'Isis fait vivre les peintres. Nous ne mentionnerons ici qu'en passant les innombrables ex-voto d'images et de bas-reliefs, dans lesquels on s'appliquait à représenter, le plus exactement possible, avec toutes ses particularités, la périlleuse aventure de laquelle le donateur avait eu la chance de se tirer 4 . Ces .ouvrages, comme ceux dont il vient d'être fait mention, étaient sans doute, en grande majorité, fournis par des gens faisant métier de l'art, plutôt que par des artistes proprement dits; mais il devait y avoir de nombreuses exceptions, car les riches et les grands faisaient, naturellement, exécuter aussi de pareils travaux par de bons artistes. Tacite, par exemple, rapporte que Domitien, après avoir été fort en péril, dans l'assaut du Capitole, pendant la nuit du 18 décembre 69, fit construire, sur l'emplacement de la demeure d'un servant du temple, dans laquelle
1 QuinUlien, VI, 1, 32.
3 Raoul-Rochette, p. 329, 1.