LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS L'EMPIRE ROMAIN
son temps, on payait volontiers 3,000 drachmes pour une statue. A ce compte, les habitants de la ville d'Orée, dans l'Eubée, en offrant d'ériger une statue en bronze à Démosthène, s'il voulait leur faire la remise d'une somme d'un talent (5,895 francs) qu'ils lui devaient *, eussent économisé de cette manière le payement de la moitié de leur dette.
Si maintenant Dion de Pruse, dans son discours aux Rhodiens, dit que, de son temps, il n'en coûtait que 1,000 drachmes, ou même seulement la moitié de cette somme, pour avoir une statue, ces bas prix, entre lesquels celui de 3,000 sesterces (815 fr. 62 c. et demi), le plus bas qu'indiquent les inscriptions de statues romaines du temps de l'empire, tient à peu près le milieu, cela vient de ce qn'à cette époque les statues de l'espèce, ainsi que les ornements de sculpture, s'exécutaient ordinairement au moyen d'un véritable travail de fabrique. Avec ces données s'accordent aussi celles d'un compte des dépenses faites pour des spectacles, à Aphrodisias \ On y voit figurer, en effet, des. prix de 1,000 deniers ou 4,000 sesterces et de 1,500 deniers ou 6,000 sesterces. Les seuls prix au-dessous de 3,000 sesterces sont ceux de deux génies, sortis probablement des ateliers de fabricants spécialistes [geniarii), et de petites dimensions, sans doute, ne coûtant l'un que 1,200 sesterces ou 326 fr. 25 c, l'autre même que 248 sesterces ou 63 fr. 75 c, d'après les inscriptions d'Hispalis 8 et de Nescania, dans la Bétique *, qui les mentionnent.
1 Eschioe, In Ctesiphontcm, p. 495, etc.