‹ Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde, d'après des documents and authentiques et les voyages des plus récents (volume 2)Chapitre 56 sur 75 · ILE DE TABAGO · texte numérisé non relu

ILE DE TABAGO

Cette île est longue de onze lieues et large de quatre et demie. Elle est surtout remarquable par le beau sexe qu’on y rencontre. Nulle part, dans les Antilles, on ne trouve de femmes plus attrayantes; celles qui sont d’origine française se distinguent par la finesse et l'harmonie de leurs formes, leurs traits sont pleins de délicatesse, et leurs regards respirent la volupté; elles sont grandes et frêles, mais elles ont la taille trèscourte; leur pied ressemble à celui d’un enfant ; on leur reproche leur nonchalance, leur paresse. Les douceurs du far niente, les plaisirs de l’amour, voilà leur vie; mais ces défauts sont ceux du climat, et surtout de l'éducation qu’elles recoivent au sein de la population de nègres qui les entoure; ce qui le prouve, c’est qu'après un séjour de quelques années dans la mère patrie, ces jeunes femmes reviennent dans leur pays actives et réservées, et ne gardent plus qu’une faible teinte des défauts qu’on leur reproche. Enfin leur intelligence est facile, et se plie avec une promptitude admirable aux études qui exigent le plus d'attention.

Nous n'en dirons pas davantage sur les Antilles; outre que la plupart du grand nombre d'îles, que nous ne pouvons même nommer, ne méritent aucune description,

celles qui pourraient nous arrêter nous entraîneraient à des répétitions fatigantes pour le lecteur.

On ne connaît pas encore avec certitude les limites de l'Amérique septentrionale, vers le pôle. Néanmoins, les découvertes de Hearne et de Mackenzie, constatées et rectifiées par Franklin et par la navigation du capitaine Parry, qui donnent un air de vraisemblance aux relations de Maldonado et de Bernarda, longtemps considérées comme fabuleuses, ont fait conjecturer que l'Amérique est bornée au nord par la mer polaire (celle-ci communique, à l’ouest, avec le grand Océan boréal par le détroit de Behring, et peut-être par l'entrée de Norton ou de Ferer); au sud-est avec la mer de Baffin et celle d'Hudson; et qu’elle renferme un grand nombre d'îles, parmi lesquelles on remarque celles dé Cumberland et de Southampton, de Banks, de Melville, etc. De ces découvertes, il résulte que le Groënland est entièrement détaché du continent de l'Amérique; et que, dans le nord, cette partie du monde est, comme dans le sud, bornée par une mer entrecoupée d'’iles et de canaux, avec cette différence toutefois, que le continent étant très-étroit vers le sud, ces îles n’occupent pas une grande étendue de l’est à l’ouest, tandis que, dans le nord, elles se prolongent sur une ligne qui comprend plus de 100 degrés de longitude entre les 68° et 70° degrés parallèles.

La partie occidentale de l’Amérique du nord est couverte par les ramifications d’une grande chaîne de montagnes, formée par plusieurs lignes parallèles qui suivent la direction des côtes, et s'étend sans interruption du nord au sud-sud-est ou de l’embouchuredufleuve Mackenzie, versle 68° degré dé latitude nord jusqu’à l’isthme de Darien, où elle se joint à la cordilière des Andes. Depuis sa naissance jusque vers le 45° degré de lati tude nord, elle porte le nom de monts Rocailleux ; vers le 60°, elle envoie à l’ouest des rameaux qui se prolongent jusqu’à l'extrémité de la pointe d’Alaska; probablement il s’en détache aussi qui vont vers le détroit de Behring. Ces deux portions de cette chaîne sont couvertes, en beaucoup d’endroits, de neiges perpétuelles, notamment le long du grand Océan. La ligne la plus occidentale qui longe la côte du nord au sud vient en s abaissant se terminer à l'extrémité méridionale de la Californie. L'on y a observé des volcans. Les divers groupes de la ligne orientale, au sud du 45° degré parallèle, se nomment Sierra Verde, Sierra de los Mimbres, et Sierra de la Madre; plus au sud se présente le haut plateau du Mexique, dans lequel plusieurs volcans sont en activité; la chaine se rétrécit en tournant au sud-est et contient de nombreux volcans; enfin elle diminue de hauteur dans l’isthme de Darien. La chaîne des monts Rocailleux s’abaisse vers l’est en plateaux, que séparent de vastes prairies, et qui au sud-est, par 55° de latitude nord, se rattachent aux monts Alleghany; ceux-ci s'étendent en ligne oblique parallèlement à la côte de l'Atlantique jusqu’au 47° degré de latitude nord, Le reste du continent, à l’est des monts Rocailleux et au nord des Alleghany, n'offre pas de chaînes d'une grande hauteur, du moins dans la partie qui est connue.

Ces montagnes donnent naissance à des fleuves considérables qui versent leurs eaux dans les deux Océans. Du versant occidental des monts Rocailleux descendent le Tacoutché-Tessé, la Colombia, le Rio Grande, et plusieurs autres fleuves qui se rendent dans le grand Océan. Le Rio Colorado vient aussi du même versant, et débouche au fond du golfe de Californie. L'espace qui sépare les monts Alleghany de l'Océan est trop étroit pour permettre aux rivières qui sortent du versant oriental de ces monts, de se joindre et de former des fleuves considérables ; presque toutes se jettent séparément dans l'océan Atlantique. Les plus remarquables sont le Hudson, la Delaware, le Potoinac, et la Savannah. L’immense vallée qui s'étend entre les monts Alleghany et les monts Rocailleux est arrosée par un grand nombre de rivières qui viennent de l’une ou de l’autre de ces chaînes, et presque toutes grossissent le Missouri et le Mississipi, dont les eaux coulent dans le golfe du Mexique, après un cours de près de 1,000 lieues. Parmi les autres fleuves qui se déchargent dans le golfe du Mexique, on distingue encore le Rio del Norte, qui vient de la Sierra Verde; l’Alabama et l’Apalachicola, qui sortent des monts Alleghany. Les lacs Supérieur, Michigan, Huron, Érie et Ontario, qui séparent les États-Unis des possessions anglaises, et ne reçoivent aucune rivière considérable; mais qui forment le magnifique fleuve Saint-Laurent, par lequel leurs eaux descendent dans l'Atlantique. La mer d'Hudson reçoit les eaux de l’Albany, qui vient de l’ouest, et celles du Nelson, qui arrivent du lac Ouinipeg, où se rendent des rivières sortant de petits lacs situés tout près de ceux où le Mississipi prend sa source, et d’autres sortant des monts Rocailleux. Le nord de l'Amérique septentrionale renferme encore un grand nombre de lacs : l’Athapasca, dans lequel affluent des rivières venant, les unes de l’ouest, des monts Rocailleux, et d’autres du sud et de l’est, envoie ses eaux au lac de l’Esclave, qui donne naissance au fleuve Mackenzie, dont l'embouchure est dans la mer Polaire. Beaucoup d’autres lacs sont épars sur cette vaste surface, et communiquent presque tous les uns avec les autres; ils envoient de divers côtés des rivières qui sillonnent la surface du pays. Ces eaux sont gelées pendant neuf mois de l’année. Le lac Point est traversé par le fleuve Copper-Mine, qui tombe dans la mer Polaire. Toutes ces eaux ne sont séparées les unes des autres que par des chaînons rocailleux qui forment les sommets d’un plateau élevé, dont la pente se dirige à l’est et au nord, dont l'étendue au nord-est et au nord-ouesi est inconnue, et qui, en général, n’est décrit que d’une manière très-imparfaite.

On a prétendu que l’Amérique septentrionale est moins riche en métaux précieux que l'Amérique méridionale. Cependant M. de Humboldt a prouvé que les produits du Mexique l'emportent sur ceux de tous les autres pays espagnols de l'Amérique méridionale. L'or du Mexique provient, en grande partie, d’alluvions ; on le trouve dans les montagnes primitives. Ses mines d’argent sont, pour ainsi dire, inépuisables. Le fer abonde dans l'Amérique russe, dans le Canada, et dans les États-Unis. IL y a des mines de cuivre, et l’on a lrouvé ce métal natif près de la rive méridionale du lac Supérieur; et au milieu des régions boréales, dans les montagnes et près du fleuve qui en ont pris leur nom. Le feldspath du Labrador est célèbre. Les mines de houille de la vallée de l'Ohio sont très-productives. IL y a de l’étain au Mexique, et des mines de plomb très-abondantes dans la haute Louisiane. Le sel est commun dans toute l’'Amérique septentrionale ; on le trouve à la surface du sol, dans des mines et dans des sources. On tire de divers endroits du soufre, et toutes sortes de marbres.

Les immenses forêts de l'Amérique septentrionale sont peuplées, dans la zone tempérée, de pins et de sapins d’une hauteur extraordinaire, de chênes de plusieurs espèces, de noyers, châtaigniers, hêtres, bouleaux, érables, genévriers, cyprès, thuya, mélèses, frênes,jifs, peupliers, platanes, tilleuls, aunes, saules, coudriers, micocou-

liers : tous ces arbres diffèrent spécifiquement de ceux de l’Ancien-Monde qui portent le même nom. On y remarque aussi, parmi ceux qui sont particuliers au Nouveau- Continent, les magnifiques magnolias, le tulipier, les acacias, le gordonia, et beaucoup d’arbrisseaux qui portent de très-jolies fleurs; enfin le sassafras, le müûrier rouge, le myrte à cire, etc. Dans les forêts de la zone torride s'élèvent des palmiers de plusieurs espèces, l'hématoxyle, le cacaoyer, le sidéroxyle, l’acajou, Île cotonnier et le cocotier. Les hommes ont tiré parti de plusieurs de ces végétaux, et les Européens ont apporté l’oranger, le citronnier, le caféier, la canne à sucre, l’indigotier. On cultive aussi dans cette zone l’agave, le piment, le bananier, l’igname, la patate, le cactus, sur lequel vit la cochenille. On recueille dans les forêts la gousse odorante de la vanille. Tous les arbres fruitiers, les légumes, les plantes utiles et les céréales de l'Ancien- Monde, ont été naturalisés dans la zone tempérée,.et cultivés avec succès; de sorte que l'Amérique septentrionale envoie en Europe de la farine de froment et des pommes. Le maïs et le tabac sont indigènes de l'Amérique. La région boréale est dénuée de grands végétaux. Les bords des fleuves offrent. de belles prairies et d'immenses savanes peuplées de troupeaux de bisons, élans, cerfs, chevreuils, antilopes, etc. Les autres animaux remarquables sont : les castors, les hermines, les martres, les loutres, les ratons, les écureuils, et beaucoup d’autres animaux à fourrure. L'Amérique a aussi le porcépic. Le bœuf musqué n’habite, comme le renne, que les régions boréales. Les animaux carnassiers, tels que l'ours, le loup, les renards, le carcajou, le lynx et d’autres, sont très-nombreux dans les contrées peu fréquentées. Le cheval, le bœuf, le mouton, la chèvre, le cochon et le chat ont été importés dans le Nouveau-Continent. Tous ces animaux s’y sont multipliés sans dégénérer, et quelques-uns à un tel point, qu'ils sont devenus sauvages. L’abeille est commune dans les forêts. L'Amérique septentrionale est infestée, dans toutes ses parties, de reptiles dangereux : il suffit de citer le serpent à sonnettes, dont le nom seul inspire l’effroi. Les cousins et les mosquitos sont aussi incommodes sur les bords de la mer Polaire que sur les rives de l'océan Atlantique. Un oiseau particulier à l'Amérique septentrionale est le dindon, qui s’y trouve encore sauvage, depuis les grands lacs du Canada jusqu’au sud du Mexique; il fut envoyé pour la première fois en Europe en 1523 : quelques peuplades indigènes l'avaient apprivoisé. Le colibri remonte, dans le nord, à une latitude très-haute. Parmi les oiseaux remarquables par leur chant, on cite le moqueur, espèce de grive; d’autres, tels que le cardinal et différentes espèces de tangaras, ont un plumage varié des plus belles couleurs. Les oiseaux-mouches ne se trouvent que dans des contrées de la zone torride. Les pigeons se montrent quelquefois par volées dont le nombre est incalculable. Les volailles de l’Ancien-Monde ont été naturalisées dans le Nouveau. Les oiseaux que l’on y voit, tels que les aigles, les hiboux, les corneilles, les cygnes, les oies, les canards, les goëlans, et une infinilé d’autres, offrent quelquefois des différences qui les distinguent de ceux de nos climats. Les lacs septentrionaux et les rivières abondent en broches, esturgeons, truites, anguilles, et surtout en saumons. Le grand banc de Terre-Neuve et les côtes voisines sont depuis longtemps célèbres par la pêche abondante des morues qui s’y fait, et qui attire des flottes entières de navires marchands.

À caen Ne # ali sur tn s:Hint Font

; LR Se ee Ç tk tft res L ee | spin à hs A Ë in : ne s Re ax | 1 D rien f avril à Mk Là Ÿ 1 + Qu " Æ NF SES ÿl IIAELT 1 # Fa PET RES & :'T os * ï 2 +4 { ge ce HÉUIR T 0 GE TRANS Se LE 0 il VE ET \ à ù 5e | ; à ss FERRe be Job à k LE LES Mesa ee ie fi NT us #5} à kR | SE k FES RE Her SU PART LUN AT, L'NE f nr LL HET RAS ES RES ya ve dr Ê es Ho sui Lo AUTOMNE VAN PARSNP ONE ete INR pe Fe RROETE MIRE BAR RUES Es NES rs CEE jrs) tal) FRONT # De MR DROURR HE ANPRRTIES CRENTUT kde han #7 t#4 0 L ' à :

F MATRA F LT #4 1 # EE 8 s + te te te Ex } Ê. # 0 ; 4: ke » : » Le 1 2 Ê è ÿ ? F nes FER CT PAS VRP FR NET LI | 4 à ; . 3 À 2 abs DE 45 Mau Fe [Ar : rés j533 A 1%.

& bi f " LE p.40 à L " . x s' 2% L, É L RE CE Pi LORRUS DUR BAR EL HART 2 pas en latis mo. mt ï of & *: m pr gr : ai

ta

“if arts:

Le Mexique (ou Érars-Unis MexICAINS) s’étend entre 16° et 42° de latitude nord, et entre 88° 75’ et 126° 30’ de longitude ouest. Il à pour limites : au nord et au nord-est, Jes États-Unis; à l’est, le golfe du Mexique; au sud-est, la mer des Antilles et le Guatemala; au sud et à l’ouest, le grand Océan. On évalue sa superficie à 210,000 lieues carrées, et sa population à 7,000,000 à 8,000,000 environ d'individus.

On trouvera dans le tableau suivant les provinces, ainsi que les principales villes de la confédération mexicaine. |

Page 1