ÉTATS DE LA MAISON DE MECKLEMBOURG
Cette maison souveraine, qui est une des plus anciennes de l’Europe, est divisée en deux branches principales, celle de Mecklenbourg-Schwerin et celle de Mecklenbourg- Strelitz. Elles possèdent les deux grands-duchés de leur nom, dont les territoires. appartenaient au cercle de la Basse-Saxe. Le grand-duché de Mecklenbourg-Strelitz renferme les extrémités occidentale et orientale des possessions de cette maison. Leurs confins sont : au nord, la mer Baltique et la province prussienne de Poméranie; à l’est, cette même province et celle de Brandebourg ; au sud, cette dernière, la préfecture hanovrienne de Lunebourg; à l’ouest, le duché danois de Lauenbourg, le territoire de la république de Lubeck et la principauté oldenbourgeoise d’Eutin.
L'organisation politique et administrative étant la même dans chacun des deux rands-duchés, nous en parlerons ici d’une manière généra le.
Le droit de succession à la couronne ducale est assuré par droit de primogéniture; l'héritier présomptif est reconnu majeur à dix-huit ans; les autres princes du sang reçoivent des apanages en numéraire, et les princesses une dot qui, jusqu’à présent, est fixée à vingt mille reischsthalers. En vertu d’un traité fait en 1442 entre les maisons de Mecklembourg et de Brandebourg, après l'extinction totale de la première, le territoire doit appartenir à la seconde, c’est-à-dire au royaume de Prusse. D'après d'autres traités qui remontent à l'an 1572, et renouvelés plusieurs fois depuis, le grand-duc partage avec les seigneurs le produit des contributions et la faculté de rendre justice ;
différents colléges ont en outre le droit de veiller aux intérêts des communes, enfin, les seigneurs des deux grands-duchés forment un corps séparé sous le nom de Vicille union du pays (Alte landes union).
A la tête des familles seigneuriales, dont le nombre est porté à trois cent et douze, sont placés trois maréchaux des provinces, choisis chacun dans une de ces familles; ils forment, avec huit conseillers et le député de Holstock, un conseil chargé de diriger les affaires seigneuriales et provinciales. Les principales villes du Mecklembourg nomment en outre des députés qui s’assemblent annuellement sur la convocation du grand-duc. La réunion des députés des deux grands-duchés compose les états, qui sont communs aux deux principautés et en discutent les intérêts. Ils s’occupent des affaires relatives aux contributions et de la délibération des lois, que le prince présente par écrit, Dans ces délibérations, les députés ont le droit d'exposer les plaintes de leurs commettants et de demander l'abolition des abus. Les seigneurs ont encore des assemblées particulières dans les chefs-lieux de justice; mais lorsqu'ils jugent convenable de faire des convocations provinciales, ils doivent en avertir le souverain. La cour suprême d'appel de Parchim étend sa juridiction sur les deux duchés. Les villes ont en général le droit de nommer leurs maires ; les magistrats et tous les fonctionnaires qui dépendent du ministère de la justice sont à la nomination du prince.
Les économistes sont maintenant d'accord sur ce point, que plus les terres sont réparties dans un grand nombre de mains, plus l'aisance se fait sentir sur tous les habitants d’une contrée. Dans le Mecklembonrg, les domaines de la maison ducale comprennent les quatre dixièmes de toute la superficie; la noblesse en possède les cinq dixièmes, et les villes un dixième. La classe des paysans ne participe pointà l'avantage d’être propriétaire, et cependant les contributions, les impôts et les charges extraordinaires sont supportés également par tous les individus. Il ne faut point attribuer à ne autre cause le peu d'importance de la population : elle est pour les deux duchés d'environ 541,000 âmes sur 733 lieues carrées, ce qui ne donne que 758 habitants par lieue; quantité qui devrait être plus considérable dans un pays gouverné d’ailleurs avec une sagesse toule paternelle. Nous devons cependant faire observer que cette
population était moins importante encore avant 1820, et que depuis elle a continué à augmenter.