ROYAUME DE SARDAIGNE
Ce royaume a pour bornes : au nord, la confédération suisse, et proprement le canton de Genève, le lac de ce nom, les cantons du Valais et du Tessin; à l’est, ce dernier canton, le gouvernement de Milan dans l'empire d'Autriche, le duché de Parme, la Lunigiane toscane et le ci-devant duché de Massa, dépendant de celui de Modène ; au sud, la Méditerranée ; à l’ouest , la monarchie française et proprement les départe-. ments du Var, des Basses et Hautes-Alpes, de l'Isère et de l'Ain.
Il se compose des pays suivants : l’ancien duché de Savoie, moins une petite portion cédée au canton de Genève ; la principauté du Piémont, les duchés d'Aoste et de Monferrat, la seigneurie de Verceil, les marquisats de Saluces et d’Yvrée, les comtés de Nice et d’Asti, et l'ile de Sardaigne. À ces anciennes possessions le congrès de Vienne a ajouté une petite partie du Milanais, le territoire de l’ancienne république de Gênes l’île de Capraja.
Les États sardes forment une monarchie héréditaire de mâle en mâle, dont le pouvoir n’est limité, dans l’île de Sardaigne, que par une assemblée des états, et dans les provinces nouvellement incorporées, que par des priviléges particuliers. Le roi prend le titre de roi de Sardaigne, de Chypre et de Jérusalem, duc de Savoie, de Gênes, etc., prince de Piémont , etc., etc. Il est assisté dans le gouvernement par cinq ministres; il
y a un conseil royal qui remplit les fonctions de conseil d'État et de cour suprême. L'administration de la justice est confiée à quatre cours supérieures de justice, qui siégent à Turin, Gênes, Chambéry et Nice, et à un nombre suffisant de tribunaux de second ordre, ainsi que des tribunaux de commerce ou consulats. La capitainerie générale est un tribunal qui connaït de toutes les affaires attribuées autrefois à l’amirauté de Gênes. Les provinces sont administrées par des intendants ou des sous-intendants, suivant leur importance. La religion catholique est la dominante. Les divisions administratives sont les suivantes :