ILES AFRICAINES OCCIDENTALES
Parmi le grand nombre d'îles comprises sous le nom d'îles africaines occidentales, il en est à peine quelques-unes qui méritent une description. |
L'ile SAINTE-HÉLÈNE, à jamais célèbre par l’illustre prisonnier qu’elle renferma, a 5 à 4 lieues de long, 2 1/2 de large, 10 de circonférence, et 9 de superficie; la population se compose d'environ 4,000 à 5,000 habitants, dont environ 1,000 blancs et 3,000 nègres, non compris la garnison. Jamestown, sur la côte du nord-ouest, est la seule ville et le seul port de Sainte-Hélène. De bonnes fortifications en défendent les approches.
: Ce nom leur vient de celui de Mascarenhas, navigateur portugais qui les découvrit en 1545.
L'ile de Sarnr-Tuomas ou SAN-THOMÉ a 15,000 à 20,000 habitants, la plupart nègres ou mulâtres. Elle est commandée par un gouverneur mulâtre, et administrée par un conseil de douze indigènes. Tout y respire le plaisir et la mollesse. Les esclaves ne connaissent point la servitude, et travaillent à peine deux ou trois jours par semaine. Des prêtres noirs desservent les églises ou chapelles, disséminées au nombre de huit ou neuf dans l’île. La plupart ne savent pas seulement lire; mais ils ont chacun deux ou trois concubines. Quelques capucins blancs ou mulâtres, fixés dans un petit couvent, n’ont pas des mœurs plus rigides. Des évêques que la cour de Lisbonne avait résolu d'y envoyer à plusieurs reprises pour rétablir la discipline, moururent tous en peu de jours.
L’archipel des îles du Gap-VErT appartient aux Portugais et comprend dix îles, outre les ilots et les rochers. La principale est Sanr-I4co, dont les habitants sont dans un état misérable qui attriste l’âme ; ils ont le teint si foncé, que l’on ne soupçonnerait guère dans leurs veines le moindre mélange de sang européen, s’ils ne se vantaient pas eux-mêmes d’être Portugais. Le clergé est composé de gens de couleur et même de nègres. La misère générale dérive, partie de la mauvaise administration, partie des sécheresses qui clou ts accablent l’île pendant plusieurs années de suite.
Le célèbre archipel des CANARIES comprend les îles suivantes : TÉNÉRIFFE, FORTAVEN- TURE, CANARIE, PALMA, LANCEROTE, GOMÈRE, FER.
Les habitants des Canaries, connus sous le nom d’Iscenos (les insulaires), émigrent en grand nombre à la côte de Caraccas et aux Philippines. Vifs et spirituels comme des Andalous, ils aiment l'instruction et le travail comme des Biscayens; ils prononcent l'espagnol avec une douceur particulière. Des philosophes, comme Clavijo, des poëtes, comme Yriarte, ont illustré cette peuplade, qui compte encore dans son sein quelques savants estimables, et chez lesquels les bons livres français sont loin d'être inconnus.
L’ile de Manëre : est riche en ressources de toutes sortes. En 1826, on évaluait à 100,000 âmes la population qui se compose d’un mélange de Portugais, de mulâtres et de nègres. Les créoles ont le teint basané, la stature petite, sont malpropres et mal vêtus. Le peuple y mène en grande partie une vie misérable, et l'étranger boit la majeure partie du vin qu'ils récoltent. Les femmes, douées de beaucoup d'avantages naturels, sont accablées de peines et de fatigues, puisque la loi défend d'employer les nègres esclaves aux travaux champêtres. Parmi les classes moyennes, les mœurs ne sont pas très-pures. Les gens de qualité promènent leur indolence dans des maisons de campagne ou quintas, dont Les jardins n’ont rien d’attrayant, mais qui ont chacune leur chapelle, ordinairement desservie par un chapelain particulier. Les seuls véritables riches sont les négociants anglais et les Irlandais catholiques établis dans la capitale.
Nous l'avons dit déjà plusieurs fois, nous n'avons mentionné que les lieux qui méritent quelque attention sous le rapport des mœurs. On ne devra donc point s’étonner si beaucoup d'iles n’ont pas même été nommées ici. Quant aux îles Açores, par lesquelles beaucoup d'écrivains terminent la description de l'Afrique, nous les avons rejetées dans l'Europe, parce qu’elles sont plus près de cette dernière partie du monde.
1 Cette Île forme, avec celle de Porto-Santo et quelques îlots déserts, un groupe particulier, et un gouvernement appartenant aux x Portugais.