CHEF DES RENARDS
(Amérique.)
petit étui en os, dans lequel est fixée une grande plume d’aigle qui s’avance horizontalement par derrière. Cette plume est aussi souvent teinte en rouge avec le cinabre; elle est la marque distinetive d’un vaillant guerrier; celui qui se distingue en outre comme grand voleur de chevaux, acte fort héroïque aux yeux des naturels, ajoute encore au bout de cette plume une sonnette de serpent. La queue du cerf lout entière, quand on ne la porte pas, se roule, au moyen de lanières de cuir, dans la forme d’un gros navet, et reste ainsi renfermée, afin que les poils se conservent lisses et dans leur position naturelle. Ces Américains du nord s’arrachent avec soin les sourcils, la barbe et les poils de toutes les autres parties du corps; ils se servent pour celte opération d’un fil de fer terminé en spirale, entre les tours duquel on saisit les poils. Ils ont aussi une manière fort originale de parer leurs oreilles. Au bord extérieur et postérieur, ils percent trois grands trous, l’un au-dessus de l’autre, et ils y suspendent des cordons, de petits cylindres, en forme de glands blancs et bleus, taillés de la coquille nommée venus mercenaria, et auxquels ils donnent le nom de wampum. Quelques hommes se découpent tout le bord postérieur de l'oreille, en sorte qu’il ne tient plus que par le haut et par le bas, et l’ornent du cordon de wampum et d’anneaux de métal. Ils portent aussi autour du cou des cordons de ces morceaux de coquillage blancs et bleus.
Les femmes sont petites et trapues ; elles ont, en général, la tête ronde et grosse, le visage large, plat et arrondi. Elles partagent au milieu de la tête leurs cheveux qu’elles laissent croître naturellement, et les nouent par derrière en une espèce de queue grosse el courte, qu'elles entourent d’étoffe ou de rubans verts et rouges. Quelques vieillards portent les cheveux non rasés, mais ils sont en très-petit nombre. Les deux sexes ont le visage plus ou moins peint en rouge; chez les Sacs, les figures qu'ils s’y peignent sont rouges, chez les Renards, rouge et jaune, ou bien blanc, rouge et noir. Du resie, la manière de disposer des couleurs dépend de la volonté ou du caprice de l’individu. La plupart d’entre eux ont le tour des yeux et des oreilles rouge, et des raies de la même couleur descendent le long des joues, tandis que les autres parties du visage conservent leur couleur naturelle; ils se servent pour se teindre ainsi du cinabre. Chez les Indiens renards, la têle tout entière est rouge sans exception, avec une bande jaune ou blanche sur le front ; la bouche et le menton sont peints avec la forme d’une main jaune, ou bien tout à fait noirs. Plusieurs de ces Indiens portent des chemises de calicot de couleur, el presque lous se couvrent de culottes de peaux indiennes appelées leggings par les Anglais. Ces culottes, séparées pour chaque jambe, retombent jusqu'aux souliers, et sont ornées de franges de cuir par le bas; chacune des deux s’allache au haut de la ceinture avec une courroie. L'espace qui reste libre par devant et par derrière, entre les deux culottes, est couvert par une étoffe de laine qui est ordinairement rayée de bleu etde blanc, et que l’on passe entre les jambes, puis par devant et par derrière sous la ceinture, par-dessus laquelle une partie vient encore retomber. La ceinture et les genouillères sont ornées élégamment de perles de verre, et, dans la première, on voit, dans un fourreau orné de la même façon, un couteau long, large et fort tranchant, dont ils se servent principalement pour scalper leurs ennemis el pour dépecer le gibier. Leurs souliers ou mocassins sont de peau de daim préparée et adoucie, et rabaltus avec leur rebord au-dessus de la cheville; beaucoup de ces Indiens les portent unis cet sans aucun ornement. Quelques-uns se parent encore lesfgenoux de peaux de cygne avec le duvet, et plus souvent encore de peaux de putois fortement marquées de blanc, et dont la queue poilue retombe jusqu’à terre ou au moins Jusqu'à la cheville. D’autres portent des colliers et des bracelets de cuivre. Les hommes ne se montrent jamais sans armes ; ils portent des haches d'armes fabriquées par les blancs, qui contiennent par derrière le godet de la pipe, et dont le manche creusé sert de
tuyau à cette même pipe; ils donnent à cette arme, qui est en même temps un ustensile domestique, le nom de tomahäwk; d’autres se servent de la massue ordinaire des Indiens ; c’est un morceau de bois étroit, un peu aplati, dont la partie supérieure est recourbée en arrière, et dans l'angle saillant duquel est adaptée une plaque d’acier à deux tranchants et pointue par devant; ils ont encore des lances formées d'une longue lame d’épée attachée à une perche recouverte de drap rouge et ornée d’une grande quantité de plumes noires de corbeau ou d’aigle, suspendues par touffes ou par longues rangées. L'arc est aussi compté au nombre de leurs armes offensives. L’Indien ne se sépare jamais de son allirail de guerre; il le porte continuellement avec lui. Les femmes, comme les Brésiliennes, portent leurs paquets sur le dos suspendus à des courroies passées autour du front. Elles portent aussi avec elles leurs enfants couchés dans des berceaux fort cormodes.
La langue de ces peuples n'a rien de barbare; elle renferme quelques sons gutluraux el nasaux; du reste, les sons se prononcent souvent d’une manière indistincte, ce qui les rend fort difficiles à transcrire. En général, toutes les langues de l'Amérique septentrionale sont plus difficiles à prononcer pour les Français et les Anglais que pour les Allemands, les sons gutturaux y étant très-communs. Quand on s'approche d'eux avec franchise et qu’on leur adresse la parole, les uns répondent d’une manière agréable et amicale; les autres, au contraire, restent froids et paraissent même animés d’intentions hostiles. Ils répètent avec plaisir les mots de leur langue quand ils y sont invilés par les voyageurs, et ne font aucune difficulté de laisser faire leur portrait ; seulement ils exigent chaque fois un présent.
Les Sioux, nation puissante, sont la terreur des peuplades sauvages, depuis le pays des Indiens Serpents et la rivière du Corbeau, au nord, jusqu’au confluent du Missouri et du Mississipi.
Ils sont divisés en plusieurs tribus :
Les Mixoa-KanToncs s'étendent de la prairie du Chien à la prairie des Français, et sont subdivisés en quatre tribus qui obéissent à différents chefs. Ils passent pour Îles plus braves de tous les Sioux, et sont beaucoup plus civilisés que les autres; eux seuls font usage de canots. Ils construisent des cabanes de troncs d'arbres, et s’adonnent à la culture de la terre; mais quoiqu’ils récollent un peu de maïs et de fèves, l’avoine sauvage, que la nature fournit à presque tout le nord-ouest de ce continent, leur sert principalement en guise de pain. Cette bande est généralement pourvue d’armes à feu.
La bande des WasPETONGS, ou « gens de feuilles, » erre dans le pays compris entre Îa prairie des Français et la rivière Saint-Pierre. |
Les SASsITONGS, divisés en deux tribus, chassent sur le Mississipi depuis la rivière Saint-Pierre jusqu’à celle du Corbeau.
La bande vagabonde des YANETONGS du nord et du sud maintient son indépendance dans les vastes solitudes qui s'étendent entre la rivière Rouge et le Missouri; elle s’y confond en quelque sorte avec celle des TITONS, égalenrent divisée en Dnoe du nord et du sud, ct dispersée sur les deux rives du Mur depuis la rivière du Chien jusqu’au pays des Mahas et des Meunitarris. Le bison fournit à ces deux bandes la nourriture, le vêtement et l'habitation, ainsi que les selles et les brides de leurs chevaux, dont elles possèdent des troupeaux innombrables.
Les WascupeconTes forment la plus petite bande et font la chasse vers les sources de la rivière des Moines. Elle fournit aux Yanetongs du nord et aux Titons le peu de fer dont ils ont besoin ; du reste, ils paraissent être les plus indolents et les plus stupides de la nation.
La guerre est la passion dominante des Sioux, qui sont les plus belliqueux et les plus
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