‹ Murs, usages et costumes de tous les peuples du monde, d'après des documents and authentiques et les voyages des plus récents; (volume 5)Chapitre 47 sur 89 · AMÉRIQUE MÉRIDIONALE. — RÉPUBLIQUE ARGENTINE · texte numérisé non relu

AMÉRIQUE MÉRIDIONALE. — RÉPUBLIQUE ARGENTINE

Les Péons ou pâtres des plaines forment une classe d'hommes que nous ne devons pas omettre de signaler. Si les Indiens offrent le triste spectacle d'une race sauvage qui n'a pu entrer dans les voies de la civilisation, les Péons présentent celui, non moins déplorable, d'une race jadis civilisée, que le temps et la solitude ont réduite à l'état sauvage.

Descendants des anciens pâtres espagnols, les Péons gardent d'innombrables troupeaux dans les plaines désertes du Tucuman, du Paraguay et de l'Uruguay. Toujours armés du poignard, toujours monlés à cheval, ils ne connaissent d'autres lois que celles du besoin. La vie de leurs frères est à leurs yeux du même prix que celle d'un mouton ou d'une vache, et, pour la plus légère offense, ils commettent un meurtre. La passion brutale remplace chez eux le sentiment de l'amour; et quand ils peuvent enlever une femme créole, ils se livrent entre eux des combats acharnés pour s'en disputer la possession. La malheureuse devient la femme du vainqueur, et vit avec lui jusqu'au moment où un nouvel assassinat la livrera à un second époux.

Les Péons dorment sur une peau de bœuf; ils ne se nourrissent que de viande de vache à demi grillée; ils boivent dans un crâne de cheval ou une corne de bœuf. Passionnés pour l'eau-de-vie, ils se disputent à coups de couteau les provisions que les créoles leur en vendent. Excellents cavaliers d'ailleurs et fort habiles à manier le !aço, ces pâtres sauvages ont été utiles aux indépendants, à l'époque delà révolution, quand l'espoir du butin a pu les attirer sur le théâtre de la guerre.

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