‹ Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde, d'après des documents and authentiques et les voyages des plus récentsChapitre 31 sur 78 · RL · texte numérisé non relu

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en Angleterre, il est de À sur 520, et en France de 4 sur 122. La solde du cipaye (Cypahi, soldat) est de sept roupies, environ dix-sept francs, par mois. En marche, il reçoit, pour augmentation, une roupie huit annas, ce qui porte la solde à vingt etun francs à peu près. Il se nourrit lui-même; mais on a soin que le bazar du camp soit toujours bien fourni. En résumé, l’armée indienne, avec son organisation et son effectif actuels, est une des armées les plus belles, les mieux équipées et les mieux disciplinées du monde entier.

Lanmarine de la Compagnie est loin d’être sur un pied respectable. La présidence de Bombay, la mieux pourvue sous ce rapport, ne comptait dans ces derniers temps qu'une frégate, une dizaine de corvettes et de bricks, deux steamers armés en guerre, ebquelques autres bâtiments de transport. Le port de Calcutta compte douze gros bricks pilotes qui font un service très-actif à l'embouchure du Hougly et entre cette embouchure et Calcutta. La présidence du Bengale entretient aussi quelques steamers. Madras n’a rien qui ressemble à une marine militaire.

Moutes ces troupes sont disciplinées et armées à l’européenne. Leur uniforme est rouge comme l'uniforme britannique. Les cavaliers ont des revers jaunes et des parements blancs sans collet : des habits rouges avec des boutons en métal blanc qui portent le numéro du régiment et les initiales N. C. (native cavalry). Un bonnet de carlon entouré d’un turban bleu forme leur coiffure; leurs armes sont le sabre courbe, Himcarabine et les pistolets. Les fantassins ont l’habit rouge avec brandebourgs blanes, une demi culotte blanche et des souliers rouges; on lit sur leurs boutons les iniliales N. I. (native infantry). Le fusil et la baïonnette sont les armes de l’infanterie. On choisit parmi les naturels des capitaines, des lieutenants, des sous-officiers ébdes caporaux; les officiers de cavalerie sont pris surtout parmi les Européens, ou parmi les Mores plus habiles que les autres à manier un cheval ; les officiers d’infanteriese choisissent dans les Hindous des plus hautes castes, et surtout dans celle des Rajahpouts qui naissent tous soldats. Du reste, l'armée indigène est remplie de soldats détoutes les dénominations, de toutes les classes. On y voit même des Brahmanes obéir, enMqualité de subordonnés, à tel membre d’une caste inférieure, sur lequel ils reprenmenteur autorité dès qu’ils rentrent dans le domaine hiératique. En général, on a trop exagéré la distinction actuelle des castes de l'Inde. Il est constant qu’elles sont dans umétat de promiscuité qui se complète chaque jour davantage.

entretien des corps de cavalerie coûte des sommes considérables. Chaque cheval, outre celui qui le monte, doit avoir deux hommes de service : l’un, le cavallaire, est chargé de panser le cheval, de faire cuire et de lui donner sou coulon (espèce delentilles), tandis que l’autre, l’'herbaire, n’a d’autre souci que celui de chercher son herbe qu'il fautarracher brin à brin. Comme le cavalier, le cavallaire et l’herbaire sont ordinairement mariés; voilà six individus par cheval, sans compter les enfants qui surviennieut: Sur un pareil attirail pour le simple soldat, qu’on juge des embarras qui marchent äla suite d’un officier. Il faut à chacun d’eux palanquin, chevaux de selle, calèches, Cuisine, etc. Dix mille combattants dans une armée cipaye impliquent une valetaille de cinquante mille hommes.

Les cipayes de Madras sont renommés pour leur agilitéet pour leur bravoure; ceux du Bengale pour leur taille et pour leur vigueur. D’autres bataillons hindous sont,ceux des Lascars, attachés d'habitude aux corps du génie et de l'artillerie, et servant aussi Comme équipage de marine. Ces Lascars, dont le nom entraîne, dans l'Inde, une idée d'abjection et d’infériorité, sont d'assez bons matelots pour la navigation d'Inde en Inde. Sobres, agiles, intelligents, ils se montrent en outre bien plus dociles que les équipages arabes du golfe Persique. Les régiments de Madras ont fait preuve de valeur

dans la guerre des Birmans ; ils ne sont pas restés au-dessous des meilleurs bataillons venus d'Europe.

La police générale de l'empire est confiée à des hommes éminents par leur instruction et par leurs connaissances locales. Leurs efforts dans ces dernières années ont'été surtout dirigés vers la destruction des thugs (séducteurs), association monstrüetse qui couvre l'Inde entière de ses réseaux, et qui depuis des siècles fait du meurtreet du vol une profession placée sous la protection de certaines pratiques superstitieuses. Pour maintenir l’ordre et la sécurité dans les divers districts, on a formé des corps de milice et une sorte de gendarmerie à pied et à cheval.

Le gouvernement s’efforce de donner une impulsion salutaire à l’immense popus lation aux destinées de laquelle il préside, en multipliant autant que possible les éta blissements d'instruction publique. L’instruction primaire, dans toute l’étenduede l’Inde, paraît avoir été de tout temps dans un état plus florissant qu'en aucune partie de notre Europe, et des calculs récents donnent, pour la proportion du nombre des enfants fréquentant les écoles au nombre total des habitants, le rapport der à cinq.

La presse est libre dans l’Inde anglaise. Le nombre des journaux et des publications périodiques qui s’impriment à Calcutta, Madras, Bombay et autres villes considé rables des provinces, tant en anglais qu’en persan, bengali, etc., s'élève à plus de quatre-vingts.

L'Inde anglaise compte aujourd’hui trois évêchés, dont l’un métropolitain, celui de Calcutta, et deux suffragants, ceux de Madras et de Bombay. L'évêque métropolitain de l'Inde relève de l'archevêque de Cantorbéry. La population chrétienne dans la plupart des grandes villes de l'Inde est d'environ un dixième; mais on prétend qu'inspiré par des vues politiques, le gouvernement de la Compagnie favorise bear coup plus le culte du bouddhisme et de l’islamisme que la propagation de laMloi chrétienne. Les missionnaires catholiques romains faisaient, dit le Richard's India, en 1839, un grand nombre de prosélytes; on les a sacrifiés aux missionnaires de l Église réformée, qui, par leurs manières autant que par la sécheresse de leurs enseigne ments, repoussent plutôt qu'ils n’attirent à eux les indigènes. Il y a plus, des négociants anglais ont , à différentes époques, expédié dans l’Inde des cargaisons d'idoles fabriquées en Angleterre. Que le lucre et la politique cherchent à profiter de l'erreur, cela se conçoit; mais qu’ils empêchent la diffusion de la vérité, nous ne croyons Le que cela soit possible à aucune puissance humaine.

Jamais aucun gouvernement européen n’a plus libéralement rétribué ses fonctionnaires que ne le fait la Compagnie anglaise.

Le traitement du gouverneur se de l’Inde est de 240,000 roupies siccas, environ 600,000 franes. Celui de chaque membre ordinaire du conseil est 96,000 roupies, où 240,000 francs.

Les gouverneurs des présidences touchent 120,000 roupies, environ 300,000 francs, et les membres du conseil adjoint, 60,000 roupies, ou 150,000 francs. 04410

Le général commandant en chef, indépendamment de la solde de son grade, reçoits à titre de traitement extraordinaire, 180,060 francs par an. Les officiers généraux reçoivent 90,000 à 400,000 francs ; les brigadiers, environ 60,000 francs; les colonelss de 36,000 à 45,000 francs, selon les armes et la solde de garnison et la solde sur le pied de guerre; les lieutenants-colonels, de 22,000 à 34, 000 francs; les majors, de 17,000 à 27,000 francs; les capitaines, de 10,000 à 16,500 francs; les lieutenants; de 6,000 à 10,500 francs; enfin les sous-lieutenants, enseignes et cornettes, de 4,500 à 9,200 francs.

officier de Cipahys.

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