BRYUM ROSEUM
apiculé, jamais longirostre. Péristome interne pâle, brun dans une seule espèce, généralement très développé, adhérent aux dents externes, ou imparfait dans quelques espèces; 1—4 cils noduleux où appendiculés, plus rarement pas de cils. Fleurs mâles gemmiformes, subdiscoïdes dans une seule espèce; paraphyses fihformes, jamais renflées en massue. Tiges innovant de la base ou au-dessous des fleurs; pas de stolons; feuilles plus souvent ovales ou lancéolées que suborbiculaires. Plantes de moindre taille, préférant en général les lieux découverts. —C'est le g. Bryum du Bryologia europæa, du Bryologia britannica de Wilson, du Synopsis muscorum de C. Müller; il comprend les genres Anomobryum, Bryum, Zieria, Webera et Leptobryum du Synopsis de M. Schimper.
A. Cils appendiculés. (E. 161—183.) +. Plantes dioïques. Fleurs mâles discoïdes. (E. 161.)
161, Bryum roseum Schreb. Spicil. F1. lips.; Bryol. eur. t. 365; Stirp. n° 833.
Tige stoloniforme, allongée, souterraine, radiculeuse, puis redressée, se divisant à la base, innovant au-dessous des fleurs ; long. 20—50 millim. Plante vivant isolée, ou formant des touffes lâches ou denses, d’un vert foncé. Feuilles inférieures et moyennes espacées, squamiformes, dressées-appliquées, ovaleslancéolées, acuminées, hyalines; les autres agglomérées au sommet des innovations, grandes, dressées par la base, puis très étulées en rosette, à demi ouvertes, carénées, allongées, oblongues, spatulées où obovées, médiocrement et finement acuminées ou apiculées (acumen à demi tordu), longuement rétrécies et brièvement décurrentes à la base, munies d’une nervure molle qui s’affaiblit et disparait au-dessous du sommet, étroitement révolutées aux bords dans la moitié inférieure, finement denticulées au-dessus (dents de plus en plus grandes vers le sommet) ; long. des feuilles supérieures 10—12 millim., larg. 3 millim.; cellules très grandes, à parois minces, remplies de grains de chlorophylle, gros, distincts; les basilaires rectangulaires, 6—8 fois aussi 1. q. 1.; les moyennes et les supérieures hexagones-tronquées, puis hexagones-aiguës, 4—9 fois aussi 1. q. L.; les cellules marginales linéaires-allongées. Fol. intimes de l’involucre plus petites, lancéolées ou oblongues, acuminées ; 5—6 archégones ; paraphyses grêles, non renflées. Pédicelle dressé, rougeûtre, épais; long. 30—40 millim. Capsule oblon-
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gue, subcylindrique, un peu arquée, munie d’un col peu distinct; long. 3—38 172 millim., diam. 1—1 172 millim. Opercule convexe, obtusément apiculé. Un large anneau formé de 3 séries de cellules, se roulant en spirale. Dents du péristome grandes, brunes ; membrane interne orangée; lanières percées d’ouvertures nombreuses, arrondies, sur la carene; cils nettement appendiculés. Plante mâle distincte. Fleurs imparfaitement discoïdes. Folioles externes ovales -allongées, concaves, acuminées, dressées-étalées, munies d’une nervure qui s’avance dans l’acumen, denticulées vers le sommet ; les moyennes brièvement et largement ovales, acuminées; 1—2 intines tres courtes, arrondies, mucronées, énerves ; anthéridies extrêmement nombreuses, oblongues, pâles, 80 et au delà; paraphyses un peu plus longues, nombreuses, molles, non renflées. — Novembre.
Lieux ombragés et légèrement frais dans les bois, en plaine et dans les montagn:s, presque partout, sur tous les terrains. M. Schimper l’indique comme assez commun en fruit autour de Strasbourg et dans toute la vallée du Rhin. Fertile aussi au Bois-des-Raisses, près de Fleurier, dans le Jura (Lesquereux). Nous ne l’avons pas trouvé fertile en Lorraine. Cette espèce nous semble appartenir encore au genre Mnium.
++. Plantes dioïques. Fleurs mâles gemmiformes. (Espèces 162—177.)
a. Feuilles obtuses arrondies au sommet, (E. 462.)
* Cellules du sommet des feuilles hexagones, courtes, (E. 162.)
162. Bryum cyclophyllum Br. Sch. Bryol. eur. t. 370 ; Mnium cyclophyllum Schwægr. Suppl. Il, sect. 11, p.160, t. CXCIV.
Tige plus ou moins allongée (15—40 millim.), dressée ou ascendante, pâle, garnie inférieurement de nombreuses radicules pâles qui naissent par paquets à l’aisselle des feuilles; des rejets grèles, dressés, à feuilles espacées ; innovations naïssant aussi au-dessous des fleurs (1—3); gazons étendus, mous, d’un beau vert tendre, dans les lieux très humides et ombragés, plus ou moins lavés de rougeätre dans les lieux plus secs. Feuilles moyennes assez distantes, lächement dressées, concaves ou étalées, ou même renversées, brièvement elliptiques, suborbiculaires, arrondies au sommet, non décurrentes ou à peine, à la base, entières, légèrement incurvées aux bords, plus rarement et par-
BRYUM JULACEUM. 389
tiellement révolutées ; une nervure assez mince s'arrête au-dessous du sommet ; long. 1 192—2 millim., larg. 1—1 172 milim.; cellules presque uniformes ; les inférieures un peu plus allongées, subrectangulaires, les moyennes hexagones, courtes, molles, translucides, les marginales peu distinctes. Fol. externes de l’involucre grandes (long. 2 172 millim.), tres étalées ou lâchement dressées, concaves ; les intimes (6—8) successivement plus petites, elliptiques, lancéolées, obtuses, nerviées ; archégones 10—30 ; paraphyses courtes. Pédicelle dressé, flexueux, brun ; long. 20—30 millim. Capsule pendante, brièvement piriforme, resserrée au-dessous de l’orifice, terminée par un col atténué assez distinct, d’un brun jaunâtre ; long. 2—9 172 mill. Opercule grand, mamelonné, jaune. Dents du péristome libres jusqu’à la base, étroites; lanières ouvertes sur la carène; 1—3 cils longuement appendiculés. — Juin.
RR. Autrefois dans un étang desséché, près de Deux-Ponts (Bruch); Hautes-Vosges, sur les bords gramineux et vaseux du lac du Frankenthal, au Hohneck, du lac des Corbeaux et probablement de la plupart de nos autres petits lacs, mais seulement la plante femelle (B.); tourbières de Bélieu, dans le Haut-Jura, fertile (D' Quélet).
** Cellules du sommet des feuilles linéaires flexueuses.
Bryum julaceum Sm. Flor. brit. ; Schwægr. Suppl., Bryol. eur. t. 382; Anomobryum julaceum Schimp. Syn. p. 382.
Tiges tres grêles, inégalement divisées ; rameaux julacés, dressés, d’un vert brillant ou jaunâtre. Feuilles exactement imbriquées, ovales-oblongues, mutiques, planes aux bords, entières, munies d’une longue nervure de même nuance; cellules de la base rectangulaires ; les moyennes rhombées ou hexagones aiguës ; celles du tiers supérieur linéaires-obtuses, flexueuses, à parois épaisses. Capsule pendante, étroitement obovée, munie d’un long col. Opercule convexe, mamelonné. Lanières du péristome ouvertes sur la carèene ; 1—2 cils grêles, appendiculés.
Rochers humides près des cascades. Cascade du Cœur, dans les Pyrénées (Spruce) ; Alpes de Salzbourg, au Krimmlfall (Schimper).
Bryum sericeum De Lacroix in Sch. Syn. p. 383 ; Anomobryum leptostomoides Sch. in litt. ad cl. Lamy.
Espèce semblable à la précédente pour le système végétatif ; feuilles toutefois plus oblongues-elliptiques, brièvement apicu-
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lées, très légèrement sinuolées au sommet. Fol. intimes de l’involucre dressées, lancéolées-aigués, longuement nerviées; paraphyses et archégones allongés. Pédicelle pourpre, dressé, flexueux; long. 12—15 millim. Capsule oblique, parfois sub- Tonmon ele, à la fin presque dressée, obovée, resserrée à l’orifice, munie d’un col atténué, légèrement arquée; long. 2 millim. Opercule petit, conique, obtus. Un anneau. Péristome interne très imparfait. — Aoùût-septembre.
Rochers humides, à la grande ciscade du Mont-Dore, en Auvergne (l'abbé De Lacroix, Lamy).
b. Feuilles aiguës ou acuminées. (E. 163—177.)
* Capsule urrondie, brusquement contractée à la base, de couleur pourpre, (E. 163—165.)
1635. Bryum argenteum Linn. Spec. pl.; Bryol. eur. t. 384; Stirp. n° 133; Billot, exsice. n° 3595.
Tige dressée, radiculeuse à la base, innovant sous les fleurs, irrégulièrement dichotome; long. 1—3 centim.; tapis plus ou moins fournis, d’un vert gai, à reflets argentés ou tout à fait blancs d'argent. Feuilles rapprochées, exactement imbriquées, rendant les tiges nettement cylindriques, julacées, largement ovales ou obovées, très concaves, assez rapidement contractées, apiculées ou acuminées , entières, un peu infléchies aux bords, non marginées, munies d’une nervure qui s'arrête au - dessous du sommet; long. environ 374 millim.; cellules hexagones-aigués, courtes, à parois molles, épaisses ; les supérieures hyalines ; les basilaires rectangulaires et remontant sous cette forme le long des bords. Fol. de l’involucre ovales-lancéolées, acuminées, brièvement nerviées; 8—15 archégones ; paraphyses peu nombreuses. Vaginule conique. Pédicelle pourpre à la base, pâle au sommet, dressé; long. 10—15 millim. Capsule exactement pendante, rarement oblique par la courbure ou la torsion du pédicelle, brièvement oblongue, arrondie à la base, un peu rétrécie sous l’orifite, munie d’un col épais aussi volumineux que le sporange, peu distinct, à la fin d’un pourpre vif ou rouge de sang; long. 1 172 millim.., diam. 23 millim. Opercule convexe, apiculé, ou brièvement conique aigu. Un anneau formé de trois séries de cellules. Dents du péristome orangées rougeâtres, hyalines au sommet ; lanières à peine ouvertes sur la carène ; 2—3 cils longs, appendiculés. Spores petites, verdâtres. — Automne, hiver et pendant presque toute l’année.