X. De In reproduction normale par les spores
4° Des Fleurs.
Les fleurs , dans les Hépatiques , sont dioïques ou monoïques. Fleurs femelles. — Elles terminent les innovations ou de petits
(4) Voir l'examen que nous avons fait de la théorie de la métamorpuose, dans une brochure intitulée : Gœthe et la Science de la Nature,
p. 89 et suiv.
ramuscules distincts, ou enfin naissent latéralement sur les tiges et les rameaux. Ces distinctions servent à caractériser les genres. Au moment de la floraison, les enveloppes florales sont très imparfaitement développées ; nous ne les considérerons qu’au moment de la maturité du fruit. Les archégones ressemblent à ceux des mousses; ils sont toutefois généralement plus courts, d’une texture plus molle , pâles, jamais colorés en rouge. Leur nombre est parfois caractéristique des genres. Les espèces de Frullania en ont 2, celles de Lejeunia 1; ils dépassent le nombre 30 dans le genre Madotheca. Les fleurs femelles sont dépourvues de paraphyses, à l'exception de celles du Harchantia polymorpha; sessiles dans la plupart des espèces, ces fleurs sont longuement pédonculées dans la famille des Marchantiacées.
Fleurs mâles. — Sur les Hépatiques caulescentes, les fleurs mâles se présentent très généralement sous la forme d’épillets terminant les tiges ou des rameaux courts. Les folioles florales sont distiques, renflées très concaves, exactement imbriquées. Leur forme s'éloigne toujours un peu de celle des feuilles caulinaires ; on remarque souvent, en particulier. vers la base, soit inférieure, soit supérieure, un très petit lobule qu'il faut rechercher avec soin; elles sont au nombre de 4 à 12 de chaque côté de l’axe. C’est à l’aisselle de ces folioles que se trouvent logées les anthéridies, solitaires ou plus rarement groupées au nombre de 2—3 , portées sur un pédicule très grêle, globuleuses, rarement elliptiques, munies d’une enveloppe formée de cellules subhexagones. On trouve des paraphyses rudimentaires dans quelques espèces, par exemple dans les Jungermannia alpestris, Schraderi, dans quelques espèces du genre Scapania. Les fleurs mâles se reconnaissent facilement à leur forme en épillets colorés en jaune ou en brun. Quand ces fleurs terminent un axe principal, celui-ci continue presque toujours son développement au delà par prolification , et on trouve souvent sur de vieilles tiges les traces des fleurs mâles échelonnées successivement et indiquant par leurs intervalles la longueur des innovations et le nombre des années; c’est ce qui se voit bien sur Île Plagiochila asplenioides et le Jungermannia albicans. Sur
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certaines espèces monoïques, telles que Jungermannia lanceolata et bicrenata, les fleurs mâles se réduisent à des anthéridies logées à l’aisselle d’un petit nombre de folioles peu modifiées dans le voisinage et aü-dessous des fleurs femelles.
Dans les Hépatiques frondiformes, les anthéridies se rencontrent libres et nues à la surface du thalle, comme dans le genre Sphærocarpus , ou dans une petite cavité des frondes, comme dans les genres Aneura, Metzgeria ; elles sont encore enfoncées dans la substance même des frondes, et sont isolées (Pellia) ou forment par leur aggrégation des disques sessiles (Fegatella), ou encore lobés et longuement pédonculés (Warchantia). Dans plusieurs de ces genres, les anthéridies sont oblongues ou même lagéniformes. Ces organes jouent le même rôle que dans les mousses. Ils contiennent des cellules (cellules-mères) qui renferment, à leur tour, les anthérozoïdes. Ces derniers se présentent sous la forme d’un filament roulé en spirale et décrivant 2—3 tours de spire, terminé à une extrémité par deux cils vibratiles ; vers l'extrémité opposée, se développe une vésicule à parois très minces, dont le liquide contient, pendant la vie de l’anthérozoïde, des granulations animées d’un monvement de trépidation très vif (1).
20 Du fruit mur.
Sous ce titre, nous entendons la capsule et les enveloppes. Ces dernières , dans les espèces complètes, sont l’involucre, le périanthe et la coiffe.
Involucre. — L’involucre, dans les Hépatiques caulescentes, se compose des 2—3 paires de feuilles supérieures qui entourent la base du périanthe. Elles sont généralement plus développées que les feuilles caulinaires; leurs découpures sont plus prononcées et souvent plus nombreuses; fréquemment encore elles sont cohérentes entre elles ou même avec la base du périanthe; les Jungermannia obovata et cordifolia fournissent
(4) Bull. Soc. bot, de France, t. x1, p. 298,
des exemples de ce dernier cas. Il arrive aussi que les amphigastres adhèrent à ces folioles et leur donnent une amplitude insolite. Dans le Harpanthus sculatus, au contraire, elles ne sont représentées que par de petites écailles et en petit nombre; elles font même tout à fait défaut dans les genres Calypogeia et Geocalyx.
Périanthe. — Cet organe est caractéristique des Hépatiques, bien que plusieurs espèces en soient privées. Il manque, en effet, dans les genres Gymnomitrium et Haplomitrium. Dans les genres Sarcoscyphus et Alicularia, il adhère aux folioles supérieures de l’involucre qui le masquent entièrement, et dont il ne se détache à l’intérieur que par 4—6 lobes libres au sommet seulement. Le périanthe est particulièrement bien développé dans les genres Plagiochila, Scapania, Jungermannia, Madotheca, Radula, Ptilidium, Lepidozia, Mastigobryum. Les formes variées qu'il affecte, servent à caractériser les genres et même les tribus. Il a généralement l’aspect d’une enveloppe monophylle plus ou moins saillante au-dessus de l’involucre. Il peut être oblong, ovale, obové, comprimé, cylindrique, prismatique, lisse ou diversement plissé en long, surtout vers le sommet; il est d’abord percé, à ce point, d’une petite ouverture qui s’élargit, au moment de la sortie de la capsule, par des déchirures selon des lignes de moindre résistance. L’orifice est alors lobé ou lobulé, et les lobes sont entiers ou encore ciliésdentés; les lobes se voient de bonne heure et sont très grands dans les espèces du genre Lophocolea. Les Chiloscyphus ont un périanthe très court et bilabié, tandis que les genres Plagtochila et Scapania l'ont assez grand et nettement tronqué. Cette enveloppe est généralement de même nuance que les feuilles caulinaires ; parfois cependant on la rencontre pâle, presque scarieuse, par exemple dans le Lepidozia reptans, le Jungermannia bicuspidata, etc. Le tissu n'offre pas de particularités notables ; il n’est formé que d’une seule couche de: cellules.
Coiffe. — La coiffe des Hépatiques répond exactement à celle des Mousses. C’est un organe commun à toute la classe des Muscinées. Ce n’est pas autre chose que l’archégone primitif