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XI. DISTRIBUTION DES HÉPATIQUES DANS LA RÉGION DE L'EST

Article 1°. — Influences atmosphériques.

Les Hépatiques recherchent avant tout l’ombre et la fraicheur. La délicatesse du tissu de leur tige et de leurs feuilles, qu’un seul coup de soleil direct suffit à dessécher, réclame ces conditions d’une localité propice à leur développement. Aussi voit-on ces petits végétaux s'installer de préférence sur les pentes boisées et tournées au nord des montagnes, sur les parois numides des

rochers, sur la terre et les pierres au bord des petits cours d’eau, et plus spécialement encore dans le voisinage des cascades. C’est là que, baignées constamment dans une atmosphère épaisse de vapeur d’eau, les espèces se pressent à côté les unes des autres, et déploient, à l’envi, la richesse de leurs formes élégantes et variées. Dans les Hautes-Vosges du revers occidental, les cascades de Tendon, de la Pissoire au Haut-du-Tôt, du Saut-du- Bouchot, du Ballon de Servance, du Chaufour dans la vallée de Granges, du Saut-des-Cuves, de Retournemer, des Torrents derrière le lac de Blanchemer, du Rupt-de-Lin, de la Cerva au Champ-du-Feu, du Rabodeau entre Preyé et Moussey, sont toutes à visiter pour l’amateur d’Hépatiques. Dans le Haut-Jura, les cascades de Flumen et celles des torrents qui descendent les pentes boisées et abruptes de la Dôle et du Suchet, sont également riches.

Toutes les espèces n’exigent cependant pas des sommes égales d'ombre ou de fraicheur. Un assez grand nombre croissent à découvert, dans les champs, les rigoles des prairies, ou dans les tourbières. Toutefois, même dans ce cas, on les voit s’abriter derrière quelque obstacle, sous une motte de terre saillante, sur le revers d’un fossé, au pied d’un mur, ou s’engager entre les brins d’une touffe de sphaignes ou de mousses; ou encore l'humidité exubérante du milieu leur fournira, dans une submersion plus ou moins complète, une protection assurée contre l’action trop vive du soleil. Dans les forêts, où la lumière n’arrive que tamisée à travers le feuillage des arbres, elles se contentent souvent d’un support beaucoup plus sec. C’est ainsi qu’on en rencontre, le long des sentiers, sur les revers des chemins creux, dans les bruyères, dans les fissures des rochers secs. Les Frullania Tamarisci et surtout dilatata, Modotheca lævigala, qui croissent sur les troncs d’arbres isolés et à une assez grande distance du sol, sont des espèces qui supportent le mieux une extrème sécheresse; mais aussi ces mêmes espèces ont recu une organisation dont la solidité et la ténacité leur permettent d'occuper un tel poste sans inconvénient.

Les modifications subies par les agents atmosphériques, en

raison de l'altitude, se traduisent également dans la distribution

des Hépatiques.

1° Région alpestre. Cette zône ne peut revendiquer strictement qu’un petit nombre d’especes. Ce sont :

Gymnomitrium concinnatum ,

Sarcoscyphus densifolius , Jungermannia inflata, — orcadensis, —— alpestris,

2° Région montagneuse.

Jungermannia Flœrkei,

— setiformis, Lophocolea Hookeriana , Chiloscyphus lophocoleoides ?

1° Espèces qui ne descendent pas au-dessous de 700—800 mètres.

Plagiochila spinulosa, Scapania compacta, — æquiloba, — umbrosa, Jungermannia Taylori, — obovata , — nana, — hyalina, — sphærocarpa, — tersa, cordifolia , — pumila , — Wenzelii, — Muelleri,

— bantriensis,

Jungermannia socia,

— minuta ;

— quinquedentata

— lycopodioides ,

— catenulata ,

— curvifolia ,

— setacea, Sphagnæcetis communis, Harpanthus scutatus, Geocalyx graveolens, Mastigobryum deflexum, Ptilidium ciliare,

Madotheca rivularis,

Metzgeria pubescens.

2 Espèces plus répandus et plus abondantes dans les montagnes , parti-

culièrement dans la région supérieure, mais qui pourtant descendent à

des niveaux très bas :

Sarcoscyphus emarginatus, — Funcki,

Alicularia scalaris, Scapania undulata ,

LA

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