LES ORPHELINS
A Geneviève Barde,
Trois petits cochons blancs, Séparés de leur mère, Dans leur douleur amère Jetaient des cris troublants.
-Des larmes lentement De leurs yeux noirs, moroses.
Coulaient sur leurs nez roses Et disaient leur tourment.
Ils galopaient tous trois, La queue en l'air, noueuse, Sur la route boueuse.
Tristes comme des rois.
Comme ils trottaient, bien las, En traversant la place, Le boucher les menace De son grand coutelas.
Ils poussèrent, marchant, Jusqu*au clocher d'ensuite ; Mais, là, le jour s'anuite :
Ils vont en trébuchant.
Devant un huis passant Où flambe un feu de forge, L'hôtelier les égorge De son couteau grinçant.
Tous trois ils sont salés Dans un baquet immonde :
Des peines de ce monde Les voilà consolés !
Ironies» ^03
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